A Talladjé, le centre mise sur la formation des jeunes aux métiers féminins et la récupération des déscolarisés

Rattaché à la direction de la Jeunesse et de l’Education Permanente du Ministère de la Jeunesse et des Sports, le Centre de Promotion des Jeunes de Talladjé, créé en 2001, a pour vocation de contribuer à la promotion et l’application de la politique nationale de la jeunesse et à l’insertion socioprofessionnelle et culturelle des jeunes à travers les différentes activités que mène le personnel qui l’anime. Il regorge, à l’heure actuelle, en son sein d’environ 518 jeunes apprenants et apprenantes de la 1ère à la 3ème année, tous domaines confondus et 27 formateurs.

Ce Centre accueil des jeunes filles et garçons de 14 à 35 ans, la tranche d’âge fixée par la politique nationale de la jeunesse. En effet, la plupart des apprenants et apprenantes inscrits au niveau du Centre n’ont pas fréquenté les bancs de l’école. Ce cadre dispose de plusieurs cellules qui sont la formation de promotion féminine communément appelé ‘’foyer féminin’’, à ce niveau les formations dispensées sont essentiellement basées sur la couture, la broderie à la machine et manuelle, le tricotage à la machine et manuel, la teinture, la puériculture, l’économie et le volet éducation religieuse. Une cellule qui s’occupe uniquement des jeunes garçons qui suivent la formation sur la broderie (ils sont au nombre de 10). Une autre cellule qui s’occupe de la formation en informatique, le point information jeunesse mais aussi la plateforme d’orientation professionnelle. Il y a aussi la composante transformation agroalimentaire, avec l’acquisition d’une salle bien équipée pour la transformation mise à la disposition du centre par un des partenaires à la sollicitation des responsables, qui permet aux apprenantes de mettre leur théorie en pratique. « Nous faisons aussi des activités socioéducatives et la sensibilisation de masse », explique le directeur du Centre, M. Chitou Mahamane Moussa. Ce centre se donne aussi pour tâche la récupération des jeunes ayant abandonné ou exclus du système éducatif (école de seconde chance) afin de permettre à ces derniers de poursuivre leurs études.

Bon nombre des élèves du centre sont en effet parrainés par l’UNFPA, World Vision et le FAFPA. D’autres sont inscrits à titre privé moyennant une somme de 15000Fcfa par an. Cet argent permet aux responsables de prendre en charge les 23 monitrices et bénévoles, qui se donnent corps et âme pour la réussite de ces apprenants et apprenantes. Au niveau du Foyer Féminin, 237 filles et jeunes femmes sont en train de suivre la formation. Pour la promotion de l’UNFPA communément appelée Espace Sûr, cent (100) apprenantes de 10 à 35 ans, réparties en quatre (4) groupes de 25 reçoivent comme formation l’alphabétisation développée en deux (2) langues nationales à savoir Zarma et Haoussa et la formation sur la santé de la reproduction et 108 apprenants au niveau du programme sectoriel de l’éducation formation. Ce centre compte également 83 garçons dont 10 d’entre eux suivent la formation en broderie et 73 au niveau du Programme Sectoriel. Il y a certes, un nombre assez important de garçons, mais insignifiant par rapport à celui des filles. La durée de la formation est de 3 ans, validée par les examens de fin d’année organisés par le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Protection de l’Enfant.

« L’accompagnement après la formation n’est pas du tout garanti, seulement nous nous organisons avec nos partenaires pour chercher des kits à la fin de la formation. Généralement dès la rentrée, nous envoyons des correspondances à nos partenaires pour qu’à la fin de l’année celles qui sont admises puissent être accompagnées afin de les encourager pour le démarrage de leurs activités», a indiqué M. Chitou Mahamane Moussa. Parlant de suivi après la formation, le responsable du Centre a affirmé qu’ils font un suivi régulier des anciens apprenants et apprenantes qui ont déjà ouvert leurs ateliers et les partenaires de leur côté aussi accentuent le suivi de leurs apprenants pour lesquels ils ont investis. «Vous ne pouvez investir pour aider un enfant à se lever et le laisser dans la nature sans qu’il y ait un suivi », a-t-il estimé. Le directeur a reconnu les efforts que les partenaires sont en train de fournir pour épauler le centre dans sa noble mission notamment, les Ministères en charge de la Jeunesse et des Sports, de la Formation Professionnelle, de la Promotion de la Femme et de la Protection de l’enfant et les encourage à les soutenir davantage. « Si nous arrivons à insérer socialement et économiquement les jeunes filles et femmes que nous avons au niveau de ce centre, on peut certainement éviter certaines situations qui n’honorent pas notre pays», a déclaré M. Chitou Mahamane Moussa

En effet, les responsables du Centre de Promotion des Jeune de Talladjé négocient aussi des stages pour les apprenants et apprenantes auprès des gens qui sont déjà sur le terrain. Une façon de leur permettre d’avoir des idées claires de ce qui les attend après leur formation et un esprit des affaires avant même de se lancer.

Par Aïchatou Hamma Wakasso(onep)

31 janvier 2020
Source : http://www.lesahel.org/

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