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Ecole Nigérienne : Quand les socialistes abandonnent l’éducation

Daouda-MartheIl n’y a plus d’école au Niger. L’affirmation peut paraitre osée, excessivement partisane, mais elle reste une réalité de ce qui se vit dans le pays. Malheureusement. Depuis la rentrée d’octobre, il n’y a eu aucun mois normal, aucune semaine normale où l’école ait fonctionné dans la stabilité. Pire, alors que la situation s’empirait, que le mouvement se durcissait, se radicalisait, que les enfants partaient et revenaient aussitôt sans faire cours, les Nigé- riens observent, passifs, leur école mourir à petit feu par l’indifférence de gouvernants peux soucieux finalement d’une école à laquelle ils sont forcément redevables quand on sait que c’est elle qui les a produits, et sans que jamais ils dé- crient la descente aux enfers de cette noble institution dont dépend l’avenir des enfants du pays, disons aussi l’avenir du pays. Si le Niger devait être le dernier de la planète, il est indiscutable que son école, devait elle aussi être, la dernière des écoles du monde. Depuis des années, la qualité dans notre système ne semble intéresser personne, sacrifiée sur l’autel de la quantité inutile pour faire croire, et par des statistiques menteurs, parce qu’on aura passé dans une classe, prétendre, même sans avoir rien appris, que par l’effort de l’Etat et de ses partenaires, on aura réussi à réduire drastiquement le taux de l’analphabétisme. Pourtant, tout le monde sait que certains sortis de cette école des arrangements, des colmatages et des falsifications, ne valent pas mieux que des analphabètes bien nés d’une Afrique des années 60. Et l’Afrique se trompe en croyant tromper par des statistiques à dessein arrondies des partenaires à qui l’on voudrait faire croire que leurs appuis auraient remarquablement apporté des mutations dans le système éducatif. Voilà bientôt huit mois que des grèves ont déstructuré notre école et alors que les parents expriment leurs inquiétudes légitimes, que la société civile se mêle du sort d’une école ruinée par des politiques mal pensées et une politisation à outrance et sans borne qui a écarté sur des considérations partisanes, des compétences pour faire dans bien de cas la promotion d’une clientèle politique qui pèche par sa médiocrité.

Il ne reste plus qu’un mois pour la fin de l’année scolaire et l’on se demande bien comment cette année pourrait être validée. L’on sait que la validation ne dépend plus de l’exécution du programme mais de ce que les enseignants ont pu attribuer des notes, qu’importe la manière, pour avoir deux bulletins pour chaque élève. Ce n’est donc plus le nombre de jours qu’on aura passé en classe qui détermine le fait que l’année soit normale ou pas, mais les deux bulletins de notes qui frisent la falsification et par lesquels un élève de façon aussi arbitraire, sans avoir appris réellement, pourrait ou passer en clase supérieure, ou redoubler ou être exclu. Et l’on veut se plaindre d’une baisse de niveau qui ne peut ainsi que se développer, cultivant ainsi pour la postérité, des enfants mal formés, peu aptes finalement à assurer la relève dans un monde où pourtant, la mondialisation impose à se battre dans l’âpre compétition des économies. Malheureusement, face au drame qui se dessine, personne ne dit rien, observant lâchement notre école s’empêtrer dans l’enlisement. Les ministres en charge du secteur, sont presque sans pouvoir, et incapables eux aussi, la situation semble les dépasser. Peut-être qu’il n’y a plus que Marthé à se débattre pour tenter de changer les choses, mais lui aussi, n’aura pas trouvé la voie, tâtonnant dans l’incompréhension des projets qu’il porte pour le niveau qu’il gère.

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C’est dire que c’est d’une tragédie morale que meurt l’école nigérienne dans l’indifférence et l’impotence de tous les acteurs, avec surtout des ministres qui semblent n’avoir aucune vision pour le système éducatif nigérien et desquels, la Renaissance ne peut que se contenter, peut-être faute de mieux. Nos pauvres enfants ! .
L’école nigérienne est donc abandonnée à son triste sort. La société civile qui se bat aux côtés des syndicats enseignants en lutte depuis des mois, fait désormais face à la réalité d’un régime sous déguisement démocratique et qui finit aujourd’hui par monter des signes de raidissement qui peuvent encore montrer à ceux qui en doutent, que le pays est loin d’être une démocratie. Cela est d’autant vrai que l’on voit les peurs qui habitent ce régime, militarisé dans l’extravagance, oubliant qu’il avait dit au monde entier qu’il était élu à plus de 92%. La marche de ce 10 mai avait été brutalement interdite avec cette même police servile, envoyée pour disperser des manifestants pacifiques qui ont cru qu’ils agissaient dans une démocratie qui pouvait leur reconnaitre le droit à manifester. C’est dire que les prochains jours seront durs dans les luttes que mèneront les Nigériens pour la démocratie véritable, pour sauver l’école, pour sortir de la misère dans laquelle les confine le socialisme pilleur. Et dire que dans le pays quelques fantaisies ont poussé des hommes à venir dans le pays pour parler de droits de l’homme comme si ce pays est un pays normal dont la voix pourrait être respectée à parler de démocratie et de droits humains ! Comment ne pas s’offusquer de cette Afrique des mensonges et des hypocrisies ? .

L’école est donc morte et la jeunesse, des générations, sont sacrifiées. Peut-être que le gouvernement restera toujours sourd et aveugle à ne rien comprendre et à ne rien entendre des plaintes d’un peuple qui aspire lé- gitimement à un mieux être. Et pour combien de temps encore, les centrales syndicales, cesseront de jouer cette comédie, à ne pas se déterminer dans ce qui arrive aujourd’hui à notre école, la seule qui peut permettre de cultiver l’égalité dans une société où des parvenus voudraient imposer l’hérédité du mérite qui ferait éternellement des pauvres des pauvres, et des riches des riches. Pour combien de temps encore, Cheffou, Seini Oumarou, Agabid, Albadé, Djermakoye, Ladan, Labo continueront à soutenir face aux inquiétudes de leur peuple, un homme et son système prédateur au détriment de leur pays et de leur peuple gagnés par le désespoir quand son élite est incapable et ne peut s’affranchir de ses larbinismes et de ses démissions ? 
L’histoire ne donne plus de temps aux Nigériens d’hésiter à choisir un camp : le pays nous appelle ! .
ISAK.

20 mai 2017 
Source : Le Nouveau Républicain

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