Frais de scolarité dans les écoles privées : Un véritable casse-tête pour les parents

Inscrire son enfant dans une école privée est de nos jours un véritable casse-tête pour les parents. En effet, ils sont très nombreux les parents qui, pour inscrire leurs enfants, sont obligés de faire toute une gymnastique à cause des frais de scolarité de plus en plus chers. Il se trouve que, chaque année à Niamey, les promoteurs de certains établissements scolaires privés augmentent les frais de scolarité sans le notifier aux parents. Face à cette situation, beaucoup de parents d’élèves s’interrogent sur les raisons de l’interminable hausse des frais de scolarité au niveau de ces écoles.

A Niamey, tout comme dans les autres régions, les frais de scolarité varient d’une école à une autre. Mais dans la plupart des écoles, pour inscrire un enfant au primaire, les parents sont obligés de débourser au minimum, une somme de 100.000 ou 200.000 FCFA et encore plus pour le collège le lycée. M. Moussa Amadou, un parent d’élève rencontré devant une école privée de la place, atteste : « je suis venu payer les frais de scolarité de mon enfant qui est en classe de Terminale ». S’agissant des frais de scolarité, personnellement, je les trouve très chers car je dois payer une somme de 250.000FCFA l’année à part les fournitures et les frais de transport. « Actuellement, il me faut faire toute une gymnastique pour avoir de l’argent et verser la moitié des frais de scolarité à mon enfant parce qu’aujourd’hui, dans presque toutes les écoles privées, les fondateurs exigent toujours de verser la moitié des frais de scolarité », a-t-il indiqué.

Un autre parent d’élève du nom de Maman Ganaou, précise : «étant enseignant de formation, je trouve les prix trop élevés par rapport aux revenus des Nigériens ».

Maman Ganaou précise qu’il a trois enfants qui étudient dans les écoles privées. Par an, il paie 75.000F pour l’école primaire, 110.000F pour le collège et 140.000 FCFA pour le lycée. Il pense que cette école est moins chère car ailleurs, l’école primaire dépasse plus de 100.000 FCFA. Il a ajouté que l’Etat doit subventionner ces écoles pour que les fondateurs puissent revoir en baisse les prix afin de permettre un accès facile aux enfants des couches les plus défavorisées. « Aujourd’hui, les écoles privées sont incontournables, parce que dans les écoles publiques, il n’y a pas de sérieux avec toujours les grèves des enseignants ou des élèves », a-t-il indiqué.

Pour sa part, M. Ibrahim Oumarou, également parent d’élève, affirme que tous ses enfants sont scolarisés dans des établissements privés. Et, les frais de scolarité sont chers. « Chaque rentrée des classes, je fais face au même problème après l’achat des fournitures, des chaussures et uniformes scolaires, l’argent manque pour les frais de scolarité des enfants et le plus souvent, je pars à la banque pour prendre un crédit pour payer la scolarité de mes enfants », a-t-il expliqué. Il a ajouté qu’« avec cette cherté des frais de scolarité, comment arriver à donner une éducation à ses enfants si on en a 3 ou 4, à l’allure où vont les choses ? Nous n’allons tout de même pas prendre tous nos revenus pour scolariser les enfants. Et comment allons-nous les nourrir et les habiller ? Il faut que quelque chose soit fait, sinon beaucoup d’enfants n’iront pas à l’école par manque de moyens. Et c’est déjà le cas dans de nombreuses familles ». M. Ibrahim Oumarou a enfin lancé un appel à l’endroit de l’Etat de voir dans quelle mesure revoir en baisse les frais de scolarité avec les fondateurs de ces écoles. Cela parce que beaucoup de parents d’élèves souffrent pour payer les frais de scolarité.

Selon Mme Amadou Salamatou, un autre parent d’élève rencontrée à la devanture d’une école de la place, «les frais sont abordables, car l’éducation d’un enfant n’a pas de prix. Actuellement j’ai trois (3) enfants qui étudient dans les écoles privés dont deux au niveau collège et l’autre au lycée ». S’agissant des frais de scolarité, selon Amadou Salamatou « par an, au niveau du collège, je paie une somme de 800.000F à chaque enfant et le lycée, 1.000.000FCFA » a-t-elle souligné. « Je paie aussi à chaque enfant la tenue à une somme de 25. 000F l’unité et le tee-shirt pour EPS à 5000FCFA. Ajouter à tout cela, l’ensemble des fournitures scolaires à savoir les livres, les cahiers, et les trousses scolaires pour chaque enfant à 100.000FCFA ». Concernant, les cours privés à ladite école, « chaque mois, je paie 220.000F en raison de 100.000F pour les enfants du collège, et 120.000F le mois pour celui qui est au lycée » a-t-elle indiqué.

Mme Nafissa Moumouni elle-même parent d’élève trouve elle, qu’aujourd’hui, les frais de scolarité sont très exorbitants surtout au regard des revenus des parents. Même si c’est on dit que l’éducation d’un enfant n’a pas de prix, les promoteurs de ces écoles doivent aussi tenir compte des revenus du nigérien lambda qui lutte coûte que coûte pour garantir une éducation de qualité à ses enfants. « Actuellement, je paie très cher l’école pour mes deux enfants (maternelle et primaire). «Pour la Maternelle, je paie une somme de 700.000 FCFA l’année, l’uniforme à 40.000F, les frais de nourriture à 30.000F le mois et l’autre qui est au primaire, je lui verse une somme de 800.000 FCFA l’année, l’uniforme à 50.000F et la nourriture à 50.000F ». C’est parce que l’école publique fait face à des perturbations liées à des grèves tantôt des enseignants tantôt des élèves que les parents ont pris cette option d’amener leurs enfants dans les établissements privés afin de leur garantir une bonne éducation, sinon les parents ne disposent pas assez de moyens conséquents pour faire face à ce problème. «De fois, il faut aller de gauche à droite ou même emprunter de l’argent à une banque pour pouvoir inscrire son enfant dans ces écoles» a-t-elle affirmé. Elle dit toujours ne pas comprendre pourquoi les frais de scolarité sont très élevés dans la plupart des écoles privées et que l’Etat ne dit rien ».

Par Yacine Hassane

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La création et l’ouverture des établissements scolaires privés au Niger obéissent à des principes. Quant aux frais de scolarité, il est important de préciser qu’au Niger, le secteur de l’enseignement comme bien d’autres secteurs, a été libéralisé. C’est pourquoi, les frais de scolarité varient d’un établissement scolaire à un autre. A cet effet, certains établissements sont plus accessibles que d’autres.

Parlant des modalités de la création d’une école, le directeur de l’enseignement privé du Ministère de l’Enseignement Primaire, de l’Alphabétisation, de la Promotion des Langues Nationales et de l’Education Civique, M. Moussa Diatté a d’abord rappelé que l’ordonnance 96-035 détermine les conditions dans lesquelles on peut créer une école privée au Niger. Il s’agit pour un promoteur de constituer un dossier comprenant des pièces d’état civil que le postulant doit fournir avant d’être soumis à une enquête de moralité qui est effectuée par les services de la gendarmerie ou de la police selon la zone où le promoteur souhaiterait créer son école. L’enquête de moralité est un élément essentiel dans le processus d’attribution d’agrément pour la création d’un établissement scolaire.

En outre, les autorités en charge de l’éducation au niveau des régions établissent des rapports exprimant la nécessité d’ouverture d’une école dans la zone. Quant au promoteur, il doit présenter les différents plans de construction qu’il envisage à travers la dimension du terrain, les dimensions des salles. Pour ce qui est de la construction des ouvrages, les aspects techniques relèvent de la compétence des architectes. Le promoteur doit aussi adresser une demande de création d’une école au ministre de l’Enseignement Primaire. Si l’enquête de moralité se révèle favorable au promoteur, il obtient un agrément de la part d’une commission nationale. Cette commission nationale composée de 31 membres, est constituée des compétences issues de divers domaines à savoir les cadres des Ministères de l’urbanisme, de l’Emploi, les syndicats, ainsi que ceux des Ministères en charge de l’Enseignement.

Le directeur de l’enseignement privé, a par ailleurs noté que les dossiers envoyés au Ministère de l’Enseignement Primaire sont transmis au niveau de sa direction. Il revient donc à cette direction de mettre en place la commission qui dispose d’un délai de deux à trois jours pour examiner les différents dossiers qui leur sont parvenus. Selon M. Moussa Diatté, chaque membre de la commission s’attèle sur une tâche   spécifique à ses compétences.

A l’issue de l’examen des dossiers, la commission accorde l’agrément aux promoteurs qui remplissent les conditions. Après l’octroi de l’agrément, un arrêté est pris notifiant à chaque promoteur les conditions dans lesquelles l’agrément lui est octroyé. L’agrément a une durée de deux ans. Toutefois, si le promoteur n’arrive pas à ouvrir son établissement, il peut demander une prorogation. En effet, le promoteur engagera la procédure d’obtention de l’agrément d’ouverture d’une école après celui de la création.

Pour ce qui est du dossier d’ouverture d’école, il est également soumis à l’appréciation de la même commission nationale. A ce niveau, les pièces à fournir sont différentes de celles de la création. La pièce essentielle à présenter à cet effet, est le rapport qui sera rédigé par une commission régionale de vérification des normes.

Concernant la commission régionale de vérification des normes, elle est composée des cadres régionaux de l’urbanisme, de l’emploi, des syndicats, des fondateurs d’école, des parents d’élèves. Il incombe à la commission de voir les infrastructures que le promoteur a commencé à mettre en place, et vérifier si le terrain répond aux normes pour abriter une école à savoir les aires des jeux, de récréation, de sport, des latrines, des salles de classe qui répondent aussi aux normes. Pour ce qui est des normes pour les salles de classe, il est recommandé 63m2 pour les classes du cycle primaire, et 80 m2 pour les classes des jardins d’enfants. C’est le rapport transmis à la commission nationale par la commission régionale qui est examiné et apprécié par la commission nationale en vue de donner une suite. M. Moussa Diatté a également parlé des dossiers des enseignants qui vont servir à l’école. Selon lui, l’accent est mis de plus en plus sur la qualité de l’enseignement ainsi que sur le profil de l’enseignant. Il a indiqué que les anciens textes permettent à celui qui détient un BEPC, d’enseigner à l’école primaire. Dans les nouveaux textes, son département ministériel est en train d’introduire des nouvelles mesures visant à recommander des diplômes professionnels en vue d’enseigner dans les écoles primaires. Il s’agit des diplômes recommandés par le Ministère de l’Enseignement Primaire. « Cela fait partie de la politique de notre Ministère qui fait de la qualité une de ses priorités. C’est pourquoi, nous recommandons des enseignants ayant le profil requis pour qu’il ait un enseignement de qualité » a déclaré M. Moussa Diatté.

Régi par des règles, l’enseignement privé est un pan de l’ensemble de l’enseignement dit-il avant de préciser que les enseignants relevant de l’enseignement privé sont soumis au même contrôle que les enseignants du public, et les programmes sont aussi les mêmes que ceux du public. Par rapport au fonctionnement, c’est également le même calendrier que les établissements privés observent. Sur un tout autre plan, il a confié qu’il est demandé aux fondateurs d’écoles de prendre des engagements relativement à la règlementation en vigueur.

Evoquant les mesures d’accompagnement de l’Etat vis-à-vis des établissements privés, le directeur de l’enseignement privé a indiqué que l’Etat a toujours accompagné les établissements privés à travers la formation continue du fait que cette formation est assurée par l’Etat. Selon lui, étant donné que les établissements privés comme ceux du public appartiennent au secteur pédagogique, ils sont suivis par les conseillers pédagogiques, les inspecteurs pédagogiques, et les enseignants bénéficent aussi du CAPED. Egalement l’Etat met à la disposition des écoles qui fournissent des efforts et qui formulent des demandes, un ou deux enseignants. A titre d’exemple un établissement scolaire qui ne fixe pas de frais de scolarité élevé et assure un enseignement de qualité, et qui sollicite l’appui de l’Etat, ce dernier peut lui affecter des enseignants. Après avoir obtenu l’agrément de création, il adresse une demande au ministre de l’Enseignement Primaire afin d’intercéder auprès de son homologue de l’Urbanisme et du Logement pour lui trouver un terrain et construire ses infrastructures. C’est ainsi que l’Etat a octroyé plusieurs terrains à des écoles. « On dit que le terrain est donné au Ministère de l’Enseignement Primaire pour qu’il confère la jouissance à tel promoteur. Quand on octroi le terrain au promoteur, on lui notifie qu’il ne peut faire autres choses que des infrastructures scolaires, et qu’il n’a pas le droit de faire une transaction avec ce terrain» a-t-il expliqué.

S’agissant des frais de scolarité, il a rappelé que par le passé, à la veille de chaque rentrée scolaire, l’Etat et les fondateurs des écoles se réunissaient en vue de fixer les frais de scolarité. A l’époque, les établissements n’étaient pas très développés et l’Etat leur accordait des subventions. Ce n’est plus la même formule depuis la libéralisation du secteur de l’enseignement. Bref, l’Etat ne fixe plus les frais de scolarité. Ce sont les établissements scolaires qui fixent leurs frais de scolarité. A cet effet, il a été relevé 17 écoles primaires et 18 jardins d’enfants de Niamey qui ont fixé les frais de scolarité allant de 200.000 à 750.000FCFA. Il y a 41 écoles primaires ayant fixé les frais de scolarité fluctuant entre 100.000 et 200.000FCFA. Parmi ces écoles, 38 écoles sont à Niamey, 2 écoles à Agadez, et une école à Maradi, tandis que 39 jardins d’enfants appliquent également les frais qui oscillent entre 100.000 et 200.000FCFA. Au nombre de ces jardins d’enfants, 36 sont à Niamey, un jardin d’enfants à Agadez, un à Dosso, et un autre à Maradi.

164 écoles primaires et 100 jardins d’enfants ont fixé les frais de scolarité variant entre 50.000 et 100.000FCFA. Il est important de préciser que plus de la moitié de ces écoles sont situées dans la capitale. Et enfin 121 écoles primaires et 78 jardins d’enfants appliquent des frais de scolarité de manière sociale, c'est-à-dire de moins de 50.000FCFA. De façon globale, il existe 824 écoles primaires et jardins sur l’ensemble du territoire national, dont 484 de ces établissements sont installées à Niamey. Il semble que les frais de scolarité sont fixés par les promoteurs selon les infrastructures de l’établissement ainsi que la qualité de l’enseignement.

Laouali Souleymane

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Ces dernières années, malgré leurs maigres ressources, les parents se battent pour économiser une certaine somme d’argent en vue d’assurer à leurs enfants une éducation de qualité, en les inscrivant dans des écoles qu’ils jugent être les meilleures. Ce qui explique certainement cette prolifération des structures scolaires privées qui poussent comme des champignons dans presque tous les quartiers et coins de la capitale Niamey. Aussi, depuis que l’Etat a libéralisé les frais de scolarité dans les établissements privés, les fondateurs fixent les frais de scolarité à leur guise.

Selon M. Amadou Djibo Dandakoye, président de l’Union Nationale pour l’Enseignement Général Privé (UNEGP) et fondateur du complexe privé Famèye, le fonctionnement des écoles privées est régi par l’Ordonnance N° 96-035PCSN/MEN du 19 juin 1996 et son décret d’application N° 96-210 PCSN/MEN qui règlemente l’enseignement privé au Niger. Pour faire fonctionner une école privée, il faut d’abord obtenir une autorisation de création, et aussi constituer un dossier d’ouverture qui est composé d’un certain nombre de pièces, a-t-il ajouté.

Il y a également un décret qui détermine les normes environnementales notamment le respect de la superficie ; la construction des classes en matériaux définitifs qui respectent les normes. En plus des classes, il faut une bibliothèque et un laboratoire. Et nous sommes dans un système libéral où c’est la recherche du profit. Le Niger a aussi ratifié des conventions de droit de l’homme et des enfants ; ce qui donne aujourd’hui le plein droit aux parents d’élèves d’inscrire leurs enfants dans les établissements de leur choix, tout en tenant compte du droit de l’enfant, a indiqué le président de l’Union Nationale pour l’Enseignement Général Privé (UNEGP). Les parents sont libres d’inscrire leurs enfants non seulement là où ils veulent mais aussi là où ils peuvent, a-t-il précisé.

«Aujourd’hui , n’importe qui crée une école privée n’importe où et n’importe comment»

Aujourd’hui, la compétition des familles et des Etats, c’est l’éducation : chaque parent veut que son enfant aille dans la meilleure école pour devenir le meilleur citoyen responsable possible. Malheureusement, ce sont les textes de 1996 qui réglementent encore le secteur de l’Enseignement Privé. Il y a donc un anachronisme qui fait que le contexte actuel échappe juridiquement aux textes de 2019. Ce qui fait qu’aujourd’hui, n’importe qui crée une école privée, n’importe où et n’importe comment ; c’est une pagaille indescriptible, déplore M. Amadou Djibo Dandakoye. Quand les autorités en charge de l’Education ont constaté cette anarchie, elles ont pris la décision de fermer toutes les écoles dont les fondateurs ne respectent pas les normes environnementales. Une décision accueillie à bras ouverts par l’Association des Fondateurs des Ecoles Privées, parce-qu’ une villa n’est pas faite pour de classe des enfants, a-t-il expliqué. « Il y a certes des gens qui veulent faire de l’école un fonds de commerce ; l’école n’est pas un objet marchand, le secteur éducatif est un secteur que les gens doivent voir à la loupe parce que tant que ces enfants sont ratés, ils deviennent des délinquants car les vrais pédagogues disent ‘’qu’à l’école, il n’y a pas d’échec’’ ». Effectivement, il n’y a pas d’échec si toutes les conditions sont réunies pour l’apprentissage de l’enfant », reconnait le fondateur du complexe privé Famèye. « Mais, nous constatons aujourd’hui que les normes environnementales et la qualification des enseignants ne sont pas respectées, dans certains établissements privés alors que nous savons tous que le psychique de l’enfant a besoin d’un minimum de conditions pour que les enfants réussissent », déplore M. Amadou Djibo Dandakoye.

« Il faut reconnaitre que bon nombre de fondateurs font de leur mieux car ils s’investissent beaucoup en vue de se conformer aux textes qui régissent l’Enseignement Privé au Niger. Certains prennent des crédits bancaires afin de mettre les enfants dans des conditions. Comparer aux autres pays voisins, les écoles privées ne sont pas chères au Niger ; surtout que même parmi les écoles, il y a des écoles » affirme M. Amadou Djibo Dandakoye. D’après lui, « on ne s’enrichit pas dans l’école, les charges sont énormes : entretenir les écoles, les classes, les toilettes, recruter de bons enseignants, construire le laboratoire, la bibliothèque, prendre en charge eau et électricité, etc. A tout cela vient s’ajouter l’impôt dû à l’Etat nous impose, exprime avec désolation le président de l’UNEGP.

Suspension de la subvention

Dans un pays où les parents sont extrêmement pauvres et n’arrivent pas à assurer le quotidien, l’Etat suspend non seulement la subvention mais aussi impose aux fondateurs qui arrivent juste à se débrouiller avec les cotisations des parents d’élèves les frais exorbitants d’impôt, regrette M. Amadou Djibo Dandakoye. Dans certains pays voisins, explique-t-il, c’est des milliards qu’on vote pour subventionner les écoles privées. « Nous, nous sommes laissés à notre triste sort pour fonctionner seulement avec la cotisation des parents d’élèves, sans compter des cas sociaux qu’on gère tous les matins ; par exemple, certains enfants très intelligents des militaires qui sont dans des petites classes et qui perdent leurs pères sur le champ d’honneur et dont les veuves n’arrivent pas à honorer les engagements, nous sommes parfois obligés de privilégier le côté social en acceptant de les laisser poursuivre leurs études parfois gratuitement.

S’agissant de la cherté des frais de scolarité, le président de l’Union Nationale pour l’Enseignement Général Privé (UNEGP) estime que les gens leur font un faux procès tout en reconnaissant tout de même qu’il y a beaucoup de leurs collègues qui font de l’escroquerie en créant des écoles pour se faire de l’argent. Ces derniers temps, l’Etat n’accorde plus une subvention financière aux écoles privées ; souvent, il propose des enseignants en compensation ; mais certaines écoles déclinent l’offre parce qu’ils estiment que certains enseignants ne peuvent pas donner un produit de qualité. Or, la catastrophe qu’il y a aujourd’hui dans les écoles publiques, c’est le manque d’enseignants de qualité, on ne peut pas demander à quelqu’un qui ne sait pas conjuguer l’imparfait d’aller enseigner le subjonctif, a affirmé le fondateur du complexe privé Famèye.

Pour mettre de l’ordre au niveau de l’Enseignement Privé, l’Etat doit réviser les textes réglementant ce secteur afin de le professionnaliser et penser à subventionner l’enseignement privé. Les parents d’élève doivent comprendre les fondateurs, venir à leur rencontre, discuter pour comprendre que ces derniers fournissent énormément d’efforts pour la formation de leurs enfants, propose M. Amadou Djibo Dandakoye.

Aïchatou Hamma Wakasso

22 novembre 2019
Source : http://www.lesahel.org/

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