Fraude et faible taux du BEPC / BACCALAUREAT / 2019 : Les acteurs éducatifs fondent espoir sur la tenue des Etats Généraux de l’Education

 Fraude et faible taux du BEPC / BACCALAUREAT / 2019 Les acteurs éducatifs fondent espoir sur la tenue des Etats Généraux de l’EducationC’est incontestablement la principale information qui fait la « Une » ce dernier temps sur les lèvres des citoyens en particulier les élèves et étudiants, enseignants, parents d’élèves, partenaires de l’éducation mais aussi, dans les « Fadas » à Niamey, tout comme dans les autres grandes villes du pays. Le faible taux d’admission au BEPC et Baccalauréat de cette année malgré l’accalmie observée tout au long de l’année, inquiète sérieusement les acteurs éducatifs. Les grincements de dents s’élèvent de partout pour fustiger cet état de fait dans les médias et sur les réseaux sociaux. Des manquements pour la plupart attribués à ceux qu’ils appellent, la décision impopulaire qui a été prise en plein cours de l’année 2019 ou le ministre en charge des questions de l’enseignement secondaire, interdisait à travers un arrêté, les cours de répétition organisés au sein des établissements publics et privés. Ce qui du reste n’a pas permis aux enfants des pauvres de suivre les séances d’exercices avec d’autres enseignants en dehors de ceux qui les tiennent en classe. « Nous ne pouvons pas comprendre malgré ce que clament haut et fort les autorités en charge de l’éducation au Niger, aujourd’hui c’est un échec patent par rapport à tout ce qu’elles ont dit au cours de cette année en termes d’investissements et de réformes entreprises, on se rend compte que les résultats programmés n’ont pas été atteints. Certains centres ont un taux de réussite qui varie entre 12 et 15%, ce qui est inadmissible et incompréhensible. Il faut revoir toute la politique éducative si vraiment l’on estime que cette dernière, peut-être la base essentielle de tout développement d’un pays ou d’une nation respectée et respectable », a indiqué sur les ondes d’une radio de la place, le Secrétaire Général du Syndicat National des Agents Contractuels de l’Enseignement Secondaire (SYNACES). Mais ce qui choque le plus dans l’organisation des examens du BEPC et BACCLAUREAT de cette année, c’est la mauvaise foi de certaines administrations des établissements scolaires du pays. En effet, plusieurs candidats au BAC ont été victimes du choix de la langue vivante, des choix remplacés volontairement par ces administrations pour des raisons qui leur sont propres. C’est le cas du Lycée Douara de Magaria dans la région de Zinder ou les parents d’élèves ont porté plainte contre le proviseur dudit établissement pour disent- ils, manquements graves observés dans le déroulement des examens.

Ces parents d’élèves veulent tout simplement comprendre les motifs ayant poussés l’administration au changement unilatéral des choix opérés par les élèves sur les langues vivantes. En clair, dans cet établissement, les candidats de cette année 2019, n’ont pas pu composer sur la base de leur choix préféré. Aux dernières nouvelles et suite à une enquête menée dans ce sens par les services compétents, nous apprenons que le proviseur du Lycée Daoura et deux autres surveillants sont déjà mis aux arrêts. « Je pense qu’il y a un sérieux problème au sein des administrations scolaires. Le cas du Lycée Daoura n’est pas le seul. Bien d’autres établissements scolaires contribuent par leur mauvaise gestion à la réduction du taux d’admission. Il faut que le gouvernement prenne ses responsabilités en tapant fort là où il faut vraiment. Il ne faut pas chaque fois accuser les enseignants, il y a quelque part un problème à régler si nous voulons allez de l’avant. Ça ne date pas d’aujourd’hui, la plus grande mafia c’est au niveau des administrations scolaires. S’ils ne veulent pas de ta tête, ils font tout pour te faire échouer.De ce fait, l’ensemble des acteurs du système éducatif doivent se tenir un franc parlé entre eux même, ensuite avec le gouvernement », s’est indigné Habibou Nomaou, un des parents d’élèves au quartier Goudel de Niamey. « Honnêtement, les résultats de cette année sont catastrophiques. De mon point de vue, c’est la résultante des cours totalement bâclés au dernier trimestre de l’année. Il n’y pas eu assez de révision pour les élèves les maitrisent et comment voulez-vous qu’on obtienne de bons résultats ? Je ne pense pas vraiment et tous les acteurs sont d’accord sur ça.

La question de la qualité de l’éducation nécessite une retrouvaille de tous les acteurs concernés », a fait savoir de son coté sur une radio privée le Président du Réseau des organisations du secteur éducatif (ROSEN), Abdou Mamane Lokoko. Il n’y a pas que les acteurs de l’éducation qui prônent depuis quelques temps la tenue des états généraux de ce secteur stratégique pour le Niger et son peuple. Pour rappel, le samedi 8 avril 2018, à lieu à l’Assemblée Nationale, un important débat sur l’école nigérienne à la suite de l’interpellation du premier ministre par les députés. Cette interpellation, initiative des députés Saadou Dillé (PNDS) et Nassirou Halidou (Lumana FA) a permis un fructueux débat où tour à tour les différentes sensibilités parlementaires se sont exprimées. Les députés ont unanimement reconnu la nécessité de sortir l’école nigérienne de l’ornière. En outre, rappelons que le 26 décembre 2016 précisément, le premier ministre a également été interpellé par les parlementaires sur cette question de l’école nigérienne. A cette occasion l’Assemblée Nationale a formulé d’importantes recommandations à l’endroit du gouvernement dont il a lui-même promis la mise en oeuvre. Il s’agit entre autres de la poursuite du dialogue social avec tous les acteurs de l’école et notamment avec les organisations syndicales et l’Association des Parents d’Elèves; d’envisager la tenue d’un débat national sur la qualité de l’éducation, la part contributive des différents acteurs, ainsi que les moyens nécessaires à la bonne réussite et au financement du système éducatif; d’oeuvrer, avec les autres partenaires de l’école, à allouer des ressources budgétaires conséquentes au système éducatif; de résorber le retard dans le paiement des pécules des contractuels, des bourses et aides sociales des étudiants et des allocations scolaires; de payer à terme échu les pécules des contractuels, les bourses et aides sociales des étudiants et les allocations scolaires; de construire, d’entretenir et renforcer les infrastructures scolaires et universitaires (classes, laboratoires, bureaux etc.) afin d’améliorer la qualité d’accueil et favoriser la mise en oeuvre des programmes; de mettre l’accent sur la formation continue et l’encadrement pédagogique des enseignants et d’établir en conséquence des contrats de performance avec eux; de respecter les engagements issus des négociations avec les syndicats ou encore, de dépolitiser la question de l’éducation. La tenue de ces états généraux de notre système éducatif, va certainement permettre aux autorités, d’améliore le rang du Niger, notamment dans le classement de l’Indice du Développement Humain (IDH). En tout cas, le gouvernement de Brigi Rafini doit nécessairement avoir un oeil regardant sur ces voeux chers aux acteurs éducatifs.

27 juillet 2019
Source : L'Actualité

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