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Crise scolaire : Quand le Guri divise les syndicats des enseignants pour espérer mieux gérer

Face à la ferme détermination des syndicats des enseignants à lui imposer le respect des engagements qu’il a pris dans le protocole d’accord du 13 décembre dernier, le régime du Guri n’a pas trouvé mieux que de faire recours à ce qu’il sait faire de mieux. Ainsi, à travers des manœuvres souterraines, il a réussi à inoculer le virus de la division au sein de la synergie Cadre d’Action Unitaire des Syndicats des Enseignants (CAUSE-NIGER) et Syndicat National des Contractuels et fonctionnaires de l’Enseignement de Base (SYNACEB) qui mène des actions communes depuis plusieurs mois.

Sous le fallacieux prétexte que leur proposition de changer de dénomination à la synergie n’avait pas été prise en compte, un groupe de syndicats – avec à leur tête le Syndicat national des enseignants du Niger (SNEN) – a tout simplement décidé de quitter le regroupement CAUSE-NIGER/SYNACEB. Et comme pour donner raison à ceux qui voyaient à travers cet acte une manœuvre du pouvoir, ce groupe de syndicats a immédiatement appelé en négociations par le comité interministériel qui a pourtant paraphé le protocole d’accord du 13 décembre 2016 que le gouvernement n’a jamais respecté.

Sans vergogne, les leaders de ces syndicats, qui juraient hier d’en découdre avec des dirigeants qui ne semblent pas trop se préoccuper des problèmes des enseignants, sont allés s’assoir aux côtés des membres du comité interministériel, sans avoir la moindre élégance d’exiger que tous les syndicats des enseignants soient appelés pour qu’il y ait des négociations globales en vue de trouver des solutions globales à la crise. Mais pour tout observateur averti de la scène syndicale nigérienne, il n’y a absolument rien d’étonnant dans la démarche de ces syndicats qui viennent de quitter la synergie CAUSE-NIGER/SYNACEB. De la même façon que le gouvernement accuse certains syndicats de cette synergie d’être au service de l’opposition, il est aussi un secret de polichinelle que la plupart des syndicats qui viennent de faire scission sont aussi proches de certains partis au pouvoir, principalement le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS-TARAYYA). De nombreux observateurs étaient même étonnés de voir certains de ces syndicats dans la synergie CAUSE-NIGER/SYNACEB, à un moment où les grèves des enseignants devenaient de plus en plus pressantes pour le régime du Guri. Cela était sans doute l’œuvre de quelques dirigeants «incontrôlés» de ces syndicats qui croyaient encore au respect des principes qui fondent toute organisation ouvrière. Mais apparemment les anciens responsables de ces syndicats, qui sont siègent au sein des différents Cabinets et Institutions de la République, ont été mis à contribution pour ramener les «brebis galeuses» dans rangs, y compris en leur brandissant la menace d’écourter leurs mandats au sein des différentes instances de leurs syndicats. Sinon l’argument sur la dénomination de la synergie CAUSE-NIGER/SYNACEB est très léger pour justifier le retrait des syndicats concernés de ce regroupement des syndicats des enseignants. Il reste que malgré cette fissure apparue au sein du monde enseignant, le régime du GURI est très loin de la victoire dans la crise qui l’oppose au enseignants. En effet, les cours continuent encore à être sérieusement perturbés dans les écoles du primaire et du secondaire, pour la bonne et simple raison que les enseignants contractuels, qui constituent le lot le plus important du personnel enseignant, sont militants du SYNACEB et respectent à la lettre les mots d’ordre de la synergie CAUSE-NIGER/SYNACEB.

Oumar Aboubacar Mohame

04 mai 2017
Source : Le Monde d'Aujourd'hui

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