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Fermeture des écoles primaires privées : Une décision totalement insensée

Image d'illustrationFermeture des écoles primaires privées Une décision totalement insensée Le régime de la renaissance du président Issoufou Mahamadou a présenté l’école comme étant l’une de ses principales priorités. Dès l’entame de son premier mandat en 2011, le président de la République, à l’occasion de la présentation de son bilan, a dressé l’état des lieux de ses réalisations pour la promotion du secteur. Lesquelles réalisations dépassent de loin celles de ses prédécesseurs en termes de dotation du pays en infrastructures scolaires. Dans le programme de campagne qu’il a présenté aux Nigériens, il a promis de construire 2500 classes par an sur l’ensemble du territoire. Dans la présentation du bilan de la première année de son mandat lors d’une conférence de presse, il a déclaré avoir construit environ 3000 classes. Une affirmation contredite par Seïni Oumarou, à l’époque chef de file de l’opposition, arguments à l’appui. Depuis cette douche froide, nous n’avons plus assisté à ce genre d’exercice des chiffres, en ce qui concerne précisément les réalisations matérielles dans les secteurs sociaux de base. L’approche en matière de stratégie de communication a radicalement changé. Comme plat de résistance, on a décidé de servir aux Nigériens la ferraille et le béton mais pas l’accès permanent à coûts réduits à la nourriture, à l’eau, à l’électricité, etc. Nous avons vu le train de Bolloré qui n’a été d’aucune utilité. Le chemin de fer a été officiellement inauguré à l’occasion de la fête tournante du 18 décembre 2014. De cette date à aujourd’hui, aucun citoyen nigérien lambda ne peut soutenir qu’il a emprunté ce fameux train de François Bolloré, qui s’est définitivement arrêté. Sans avoir atteint la destination finale. Mais pour ne pas trop nous écarter du sujet principal de cet article, revenons à la question de l’école qui est aujourd’hui chancelante. Pour ne pas dire carrément sur une civière, du fait de son abandon par les pouvoirs publics. Une situation qui affecte surtout l’école publique. C’est dans ce contexte peu reluisant concernant le secteur que le ministre de l’Éducation primaire vient de prendre une mesure de fermeture de plus d’une dizaine d’établissements primaires privés. D’aucuns parlent même de plus d’une vingtaine d’écoles sur l’ensemble du territoire. L’argument invoqué, les établissements qui ont fait l’objet de cette lourde sanction ne sont pas en règle, n’ont pas suivi le processus leur permettant de disposer d’un agrément pour exercer. Dans le communiqué du ministère, une solution de substitution est proposée aux parents dont les enfants sont inscrits dans lesdites écoles ‘’pirates’’. Il leur est fourni l’assurance selon laquelle ils peuvent inscrire leurs progénitures dans les écoles publiques de leur choix sur présentation du certificat de scolarité. En quoi cette offre éducative alternative pourrait-elle permettre de solutionner les difficultés qui découleront inévitablement de la fermeture de ces établissements ?

Nous n’en pas ! Le premier problème, c’est d’abord la disponibilité des places dans ces écoles publiques qui sont déjà pléthoriques. La décision de fermeture est prise à la fin du premier trimestre de l’année scolaire durant ces congés de noël alors qu’elle pouvait être prononcée pendant les grandes vacances pour permettre aux parents de prendre leurs dispositions à temps. Un établissement scolaire n’est pas un commerce dont l’interdiction d’exercice peut se prononcer à n’importe quel moment de l’année, car son fonctionnement s’étale sur une durée déterminée. Le faire, c’est perturber immanquablement la scolarité des enfants inscrits dans ledit établissement. Les promoteurs ont-ils été seulement avertis à temps qu’ils n’ont plus le droit d’exercer à compter de l’année scolaire 2018- 2019 ? Les parents ont-ils été avertis à temps par voie de communiqué officiel de la fermeture des écoles où leurs enfants ont fréquenté l’année précédente seulement ? Ce sont des questions incontournables. Mais ce n’est pas tout ! Les enseignants permanents officiant dans ces écoles se retrouveront au chômage pour une période indéterminée. L’autre préoccupation de taille, c’est le remboursement des frais de scolarité aux parents d’élèves qui ont versé l’intégralité de l’argent pour l’année. Les promoteurs qui ont encaissé et ont engagé des dépenses disposent-ils actuellement de ressources financières suffisantes pour les désintéresser ? Nous ne saurons répondre à cette question. C’est un nouveau front qui s’ouvre pour élargir les autres déjà existants.  

05 janvier 2019
Source : Le Canard en Furie

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