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Front social : La colère des étudiants

Ça grogne de toute part dans le pays. Il n'y a plus qui n'est pas en colère au Niger d'Issoufou Mahamadou. Mais le gouvernement incapable de Brigi Rafini manque cruellement de solutions pour répondre aux différentes sollicitations des Nigériens dont une écrasante majorité est à bout de souffle. Les enseignants sont en grève depuis de longs mois alors que le gouvernement, comme pour tromper une certaine opinion, prend langue avec les partenaires, signe en fanfare des accords qu'il peine aujourd'hui à mettre en œuvre, on voudrait faire croire que ce sont les syndicats qui ne sont pas réalistes et qui sont démesurés dans leurs revendications. Sa stratégie semble bien fonctionner car, le débat autour des turbulences dans le secteur est aujourd'hui biaisé. Certains veulent aujourd'hui situer syndicats et gouvernants dans la même loge de responsabilité, feignant d'oublier que les enseignants ne posent pas de nouveaux problèmes, mais demandent simplement que le gouvernement mette en exécution les points d'accord signés avec lui. Il va sans dire que le gouvernement, pour avoir refusé de tenir un langage de vérité, paie aujourd'hui pour ses vanités dans des problèmes qu'il a gérés avec orgueil, ou plutôt avec vanité.

Les Nigériens ont compris que pour lui, tenir un tel langage que commande la realpolitik, c'est avouer son échec qui est du reste bien connu de tous. Il est donc impossible de camoufler une réalité notoirement connu. Si jusqu'ici c'est le cas du primaire et du secondaire qui fait grand bruit au regard de la radicalisation et de la fréquence des luttes sociales qui s'y mènent, l'on sait que le supérieur n'est pas en reste et depuis la rentrée, les universités publiques ont elles aussi connu des moments d'instabilité qui ont d'ailleurs souvent inquiété. Mais il y a eu un répit mais l'on savait que les problèmes ne sont pas pour autant définitivement résolus. Depuis des jours et notamment depuis les congés de pâque, les étudiants sont revenus à la charge, décriant les conditions difficiles de travail qui sont les leurs mais aussi, les retards accusés dans le paiement de leurs bourses oubliées. Six mois ! Deux trimestres. C'est dur, faut-il le reconnaitre et à ne pas revendiquer, les mois risqueront de s'allonger surtout qu'on n'est pas très loin des vacances.

Le système éducatif nigérien, vit ses moments les plus difficiles et il y a de réelles raisons de prendre peur pour cette école mourante, sacrifiée par un socialisme qui a abandonné les enfants du peuple dont il détruit l'avenir et dont il a précarisé l'école.

Ce sont quand même des problèmes vrais que l'on pose à ces hommes qui refusent de croire et de regarder avec responsabilité les sujets qu'on leur soumet. Et les Nigériens ne comprennent pas pourquoi, à chaque fois, les camarades se dérobent, cherchant un autre à qui il faut faire porter la responsabilité des problèmes. Ainsi devait-on apprendre que l'affaire des 200 milliards a été inventée à Abidjan à la rencontre de la diaspora Lumana quand même, le principal intéressé qui est intervenu sur les médias n'a pas nié l'affaire, ni la somme en question, encore moins ses signatures fières qui flottent sur les documents publiés. Pourquoi donc veut-on tromper le peuple ?

Finalement, il ne faut pas être surpris d'apprendre que si les étudiants réclament, cela serait aussi décidé à Abidjan. Peut-être aussi que la prochaine pluie, si elle devait être précoce, serait décidée par Hama et ses hommes quelque part à Abidjan. C'est dire que cette fixation n'a rien de sérieux que de traduire les peurs de socialistes qui ne peuvent plus être sereins tant que vivra un homme qu'ils n'ont pas réussi à enterrer pour émerger sur ses ruines. 

Ce n'est qu'une fuite de responsabilité et le régime, par un tel comportement ne peut que se ridiculiser et amener les Nigériens et des partenaires, à se moquer de ses dérobades Ce n'est que très irresponsable pour un gouvernement d'accuser quand on l'accuse pour croire que par un tel discours de l'esquive, il peut échapper aux critiques d'un peuple qui ne comprend pas quand il est maintenu ad vitam aeternam dans la misère. Et que cette année le Niger soit classé 187ème sur 188 ne peut donner aucune fierté à des socialistes incapables. Quelle gloire peuvent-il tirer de devancer un pays en guerre.

Les Nigériens ont de réelles raisons de s'inquiéter car l'attitude de leurs princes ne fait que laisser les problèmes prendre des dimensions soporifiques… Et le Niger ne peut plus tenir plus longtemps dans cette galère. Morale. Matérielle. 

DJANGO

06 avril 2017
Source : L'Actualité 

 

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