Interdiction de toute forme de violence dans le domaine universitaire : Un arrêté rectoral sujet à polémiques

Interdiction de toute forme de violence dans le domaine universitaire : Un arrêté rectoral sujet à polémiquesLe 16 mars 2018, le Recteur de l’Université Abdou Moumouni de Niamey a pris un arrêté portant interdiction de toute forme de violence dans le domaine universitaire. Au sein de l’opinion, cet arrêté est vivement critiqué.

Ce n’est pas tant l’intitulé de l’arrêté qui fait l’objet de vives critiques. « On ne peut pas ne pas saluer toute formule pouvant mettre fin à la violence dans le domaine universitaire », apprécie un syndicaliste qui dit avoir applaudi l’intitulé de l’arrêté rectoral du 16 mars 2018, mais, poursuit-il, « certaines dispositions sont liberticides ». Aussi, souhaite-t-il que le Recteur mette de l’eau dans son vin. En effet, ils sont nombreux à critiquer les dispositions de l’article 3 de l’arrêté. Que disent exactement lesdites dispositions ? L’article 3 dispose : « Encourt une sanction disciplinaire, tout individu ou groupe d’individus qui organise des réunions, rencontres, assemblées ou tout autre regroupement sans. autorisation écrite et préalable au chef d’établissement ou de service ». Fautil entendre par là que l’Union des Etudiants Nigériens à l’Université de Niamey (l’UENUN) ne peut organiser ses assemblées générales à la place Amadou Boubacar sans autorisation ? La cité universitaire relève de la compétence de quel chef de service de l’Université ? Du responsable du Centre National des Œuvres Universitaires, disent les uns, tandis que pour les autres, la mythique place Amadou Boubacar, qui abrite la plus part des assemblées générales de l’UEN, ne peut être concernée par la mesure. L’un dans l’autre, estime-t-on les dispositions de l’article 3 vont à l’encontre des dispositions de la Constitution qui garantit la liberté de manifester. A ce sujet les débats font rage. Les pour et les contre se télescopent. Car si la Constitution garantit la liberté de manifester, cette liberté est encadrée par les textes, rétorque-t-on.

Au niveau de l’Union des Scolaires Nigériens (USN) et de l’UENUN, on n’est pas tout naturellement d’accord avec l’arrêté du Rectorat et on pense même l’attaquer par les voies légales, c’est-à-dire pour contrôle de conformité à la Constitution de la 7ème République. « Je pense que le combat contre certaines dispositions de cet arrêté doit être celui de tous les syndicats exerçant dans le milieu universitaire en ce qu’elles menacent la liberté syndicale », fait observer un étudiant qui lui aussi appelle le recteur à revoir les dispositions l’article ci-dessus contesté.

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Oumarou Kané

21 mars 2018
Source :  La Nation

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