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Hold-up électoral en perspective à l’université Abdou Moumouni de Niamey : quand les intellectuels aussi magouillent et fraudent

Hold-up électoral en perspective à l’université Abdou Moumouni de Niamey : quand les intellectuels aussi magouillent et fraudentLe 23 septembre 2017, le corps électoral de l’université Abdou Moumouni de Niamey s’apprête à élire le prochain recteur de ladite université. Trois prétendants se battent pour remplacer le Pr Habibou Abarchi. Il s’agit de Maikorema zakari, directeur de l’Ecole normale supérieure, Nouhou Assane, doyen de la faculté de …et Seydou Mamadou de la faculté des sciences de la santé. Trois poids lourds de l’université qui se battent pour conquérir les suffrages des trois composantes du corps électoral : les enseignants chercheurs ; les étudiants et le personnel technique. Mais les esprits sont traumatisés par certaines affaires indignes de l’université Abdou Moumouni. Tout ce qu’il y a de plus insultant pour le corps des enseignants-chercheurs ! Tout ce qu’il y a également de déshonorant pour l’université de Niamey qui porte le nom d’un des plus illustres fils du Niger, le Pr Abdou Moumouni, célèbre physicien d’une honnêteté et d’une inté- grité incroyables. Feu Joseph Ki Zerbo, condisciple du Pr et auteur de la préface de son livre, « L’éducation en Afrique », quia été réédité par l’Unesco en 1998, raconte ainsi que l’homme a pleuré à chaudes larmes le soir de leur agrégation. Le motif ? Il a confié être en train de penser à tous ses concitoyens dont l’impôt lui a permis de suivre des études jusqu’à ce niveau. Une scène émouvante qui renseigne à suffisance, certes, sur l’homme, mais qui révèle également le rapport que l’homme entretenait avec certaines valeurs et principes. Son héritage, qui aurait pu rester la marque distinctive de l’université de Niamey, a été malheureusement dévoyé, puis enterré pour faire place à la duplicité, la magouille et la fraude. Déjà, les bureaux de vote, au nombre de 34 en principe, ont été réduits à 19 au pré- texte que le Rectorat ne disposerait pas de moyens financiers suffisants pour ouvrir 34 bureaux de vote. Le budget de l’élection n’est pas géré par le comité d’organisation mis en place mais directement par le Rectorat. Des manœuvres de bas étage qui n’honorent pas le titre que porte Habibou Abarchi. Mais il n’en a cure.

Des faits et des souvenirs qui n’honorent pas l’université Abdou Moumouni

Les élections des doyens des facultés FSEG et FSJP ont donné lieu à de viles magouilles et fraudes sans pareil dans l’histoire de l’université Abdou Moumouni. Selon des sources dignes de foi, pour placer qui il veut à la tête des facultés, le Pr Habibou Abarchi a interprété les textes à sa guise, magouillé et fermé les yeux sur des pratiques malsaines. Résultat : un climat délétère qui n’a jamais été constaté auparavant. Malgré les multiples réunions, les lettres de protestation et les risques qu’il fait peser aux activités académiques à l’université Abdou Moumouni, le Pr Abarchia persisté dans sa volonté d’immixtion dans le processus électoral. Dans l’élection des doyens et des vice-doyens des facultés de la FSEG et de la FSJP, l’homme a manœuvré aussi longtemps qu’il lui a fallu pour parvenir à ses fins. Objectif : faire passer les tandems d’enseignants-chercheurs qu’il dit être « sa proximité ». Pourtant, ses poulains sont compromis dans plusieurs affaires portant sur des indélicatesses financières et/ou insuffisances dans la conduite des activités académiques.

Une couture taillée sur mesure pour Amadou Kaka et Malam Maman Nafiou
L’élection du doyen de la FSEG en particulier a été marquée par de grosses manœuvres. Curieusement, le passif n’est pas un obstacle pour être élu à l’université. Vous avez beau détourné, posé des actes qui jurent d’avec vos obligations, vous pouvez être élu si vous avez le soutien des gourous. Les suffrages des électeurs ne sont pas forcément né- cessaires. Pour la FSEG, justement, c’est le tandem le moins bien recommandable qui a obtenu la charge de présider aux destinées de la jeune faculté. Trois dossiers ont été enregistrés au départ, mais le Pr Abarchi va invalider tous les trois au motif qu’un article des statuts des enseignants chercheurs dit que pour être candidat, il faut avoir au minimum le grade de maître assistante justifier d’une ancienneté de cinq ans. Dans le corps, soutiennent des enseignants chercheurs. Dans le grade, défend le Pr Abarchi. Une brèche dans laquelle ce dernier va se. Selon lui, la mention des cinq ans d’ancienneté suppose « cinq ans d’ancienneté dans le grade et non dans le corps ». Sur cette base, il invalide la candidature du duo Amadou Ousmane-Adamou Tchousso, celle de Malam Maman Nafiou qui aurait cherché en vain un colistier et celle de Djibril Abarchi qui se présentait en solitaire. La réaction du Pr Abarchi n’a pas surpris outre mesure certains de ses collègues qui affirment le connaître trop bien sur ce terrain. Par contre, elle a choqué, l’article en question n’ayant jamais soulevé de vagues auparavant depuis 1990. Ne sachant cacher son jeu, il demande au doyen de l’ex-FSEJ [ndlr : Faculté des sciences économiques et juridiques dont la scission a donné naissance à la FSEG, et la FSJP (faculté des sciences juridiques et politiques), de créer les conditions d’une désignation consensuelle des candidats…en conformité avec son interprétation du critère d’ancienneté. En fait, une couture taillée sur mesure pour Amadou Kaka et Malam Maman Nafiou. La lecture du Pr Abarchi est certainement erronée, mais volontaire, consciente et réfléchie dans un but de tronquer le jeu électoral. De fait, en 2013, sous la tutelle du même Pr Abarchi, le doyen et le vice-doyen de la FSEJ ont été élus alors que le vice-doyen ne remplissait pas la condition d’ancienneté dans le grade. Un fait qui enlève tout crédit au Pr Abarchiet qui met à nu son parti pris flagrant dans un processus dont il doit rester éloigné et neutre.

Il se fait payer sur la base de cours non avalisés par le conseil de département
De notoriété publique dans les milieux des universitaires, le Pr Abarchi parlerait des siens et de « sa proximité ». Laquelle ? On ne saurait le dire. Les poulains du Pr Habibou Abarchi n’ont, en vérité, aucun crédit. Ni sur le plan des activités académiques, ni sur le plan du rapport qu’ils entretiennent avec les ressources financières mises à disposition de l’université. Amadou Kaka et Malam Maman Nafiou, élus finalement en tandem le 28 janvier 2017, sont des enseignants chercheurs connus pour des actes peu recommandables dans la gestion des affaires académiques. Refus d’encadrement et de coordination, refus de corriger et de traiter les réclamations des étudiants, désordre dans le travail, bref des retards académiques inadmissibles dont les étudiants se sont régulièrement plaints. Ce sont les hauts faits de ceux qui, par la volonté du Pr Abarchi, ont été portés à la tête de la FSEG. Des façons de faire qui ont convaincu beaucoup d’étudiants à aller s’inscrire dans des instituts et écoles privés de la place. Amadou Kaka, en particulier, évoquerait dans l’esprit de bon nombre d’étudiants, la hantise d’une année académique cauchemardesque. En 2016, il démissionne de sa fonction de président du jury de L3 Gestion, abandonnant les étudiants à leur triste sort. Véritable tête brûlée, il se refuse à tout compte-rendu sur l’avancement des cours et examens au chef de département d’économie et se permet même de s’attribuer des cours sans l’aval du conseil de département. Il se fait pourtant payé en cours complémentaires. Une signature de la complicité dont il jouit au plus haut sommet du Rectorat !

Amadou Kaka et l’argent, un passif très lourd
Ancien chef de département, puis doyen de l’ancienne FSEJ, Amadou Kaka n’est pas en terrain inconnu. Son passage aurait été caractérisé par de nombreuses irrégularités. Les frais d’inscription des étudiants en masters DCT, GME, FCA et GEA d’un montant de 200 millions ; les frais de dépôt de dossiers dont les pièces comptables ont disparu ; la subvention de l’Etat ; les 12 millions de subvention du Programme spécial au profit du Master Droit des collectivités territoriales, les frais d’inscription que le Pr Yénikoye Alassane a rétrocédés aux facultés pour améliorer les conditions de travail des enseignants chercheurs, etc., sont tous passés à la trappe. Aucune justification ! Non seulement il se serait octroyé des frais de coordination indus, mais il aurait également attribué des marchés à sa propre entreprise « Kaka et frères ». Car, l’homme est aussi un entrepreneur qui ne se gêne pour se faire du bien. Lorsqu’il a quitté les fonctions de doyen, Tidjani Alou qui l’a remplacé, a eu toutes les peines du monde pour éponger la dette de 30 millions qu’il a laissée derrière lui.

L’université Abdou Moumouni a aussi des gens qui gagnent de l’argent sans rien faire
Des enseignants chercheurs qui ne s’acquittent pas de leurs obligations mais qui sont régulièrement payés, il y en a tout un paquet. Sous les yeux, volontairement fermés, du Rectorat. Abdou Ousseini fait partie de ce groupe d’enseignants chercheurs élus qui saignent les finances publiques sans aucune contrepartie et en violation des textes en vigueur. En mars 2017, l’intéressé est dans sa troisième année d’absence. Pourtant, il continue à bénéficier de salaire et de primes alors que les textes prévoient une réduction de moitié du salaire après six mois d’absence et l’admission à la retraite anticipée lorsqu’elle atteint un an. Le Pr Abarchi ne peut pré- tendre ignorer cette situation puisqu’il en a été informé par le doyen Tidjani Alou. À ce jour, il n’a pris aucune mesure et le sieur Ousseini continue de se faire payer… « Sans rien faire ». Dans une lettre qu’ils lui ont adressée, le 22 mars, des enseignants chercheurs ont exposé à Mahamadou Issoufou la situation qui prévaut à l’université Abdou Moumouni et attiré l’attention de l’intéressé sur les conséquences néfastes qui vont nécessairement en découler. Ont-ils tapé à la bonne porte ? Certains observateurs en doutent, soutenant que le 22 mars, ça fait deux jours précisément que Mahamadou Issoufou a été déclaré réélu à la tête de l’Etat après un hold-up électoral. De l’avis de plusieurs enseignants chercheurs, la gouvernance du Pr Abarchi est sans aucun doute la pire de l’histoire de l’université Abdou Moumouni. L’IRSH, l’IREM, l’IRI et aujourd’hui la FSEG et la FSJP, tout est sens dessous dessus. Il faut nécessairement restaurer la crédibilité de l’université Abdou Moumouni en mettant de l’ordre dans les affaires académiques, c’est-à-dire en mettant d’abord les enseignants chercheurs face à leurs obligations.

Doudou.A

 

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