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Zinder : A propos du transfert des compétences et des ressources de l’Etat aux collectivités et de l’arrêté portant règlementation de la vacation dans les écoles privées

L’arrêté portant réglementation du service de la vacation dans les établissements privés des enseignants du secondaire a ses adeptes comme ses détracteurs. Au niveau des écoles privées, fondateurs, directeurs, comme enseignants trouvent qu’il n’est pas fait pour encourager ce secteur qui devient au fil du temps une alternative crédible à l’école nigérienne. Sur ce point, Mr HASSAN ISSA IBRAHIM directeur fondateur du CSP/BENAM/ZINDER s’exprime en ces termes : « cet arrêté tombe très mal en ce sens que l’école nigérienne est dans un état de délabrement. Prendre une telle mesure va contribuer à saper le travail au niveau de l’école en générale et des écoles privées en particulier. Durant l’année 2016-2017 ces dernières étaient les seuls à fonctionner normalement, pendant que le secteur public était en grève. Les écoles privées sont une alternative pour les élèves et les parents actuellement.

S’agissant de la qualité des enseignants des écoles privées, on en fait un faux procès. Car la plupart de leurs enseignants vacataires viennent des écoles publiques. Ce sont des enseignants permanents qui ont été recrutés par la Direction régionale d’enseignement secondaire (DRES) sur la base d’un dossier, des diplômes crédibles. Ils ont d’abord été validés et recrutés.

L’introduction de la demande de l’autorisation d’enseigner pour chaque enseignant sur la base de son emploi de temps va provoquer un retard considérable au démarrage des cours, donc à l’effectivité de la rentrée scolaire. Car les emplois de temps restent provisoires presque tout le premier trimestre. Pour moi Il y’a une rupture d’égalité entre les écoles … ».

Quant à la décision du gouvernement de transférer aux collectivités territoriales les compétences et certaines ressources comme celles de l’éducation, la santé, l’hydraulique et l’environnement, dans le milieu enseignant c’est le scepticisme total qui prévaut. YAOU ABDOU secrétaire générale SYNACEB : «  ce n’est pas facile pour les maires de nos communes de gérer les ressources de ces secteurs surtout celui de l’éducation. A mon avis ils devraient d’abord tester la gestion d’un secteur. Si ça marche ils prennent un 2ème puis un 3ème ainsi de suite. Les maires de nos communes n’arrivent même pas à faire face à leur quotidien. La majorité écrasante d’entre eux croulent sous les dettes ou des arriérés d’impayés des salaires ou d’indemnité de 3-10-20 et même 40 mois. Transférer la gestion des contractuels de la santé, de l’éducation du primaire et du secondaire aux communes c’est multiplier leur problème et non leur simplifier la tâche.

En tant que défenseur des intérêts matériel et moraux des enseignants nous avons soumis cette décision de transfert de compétence et de ressource aux collectivités territoriales par le gouvernement à nos avocats. S’il y a une violation de la loi, nous allons assigner l’Etat à la justice. Est-ce désormais les maires qui s’arrogeront les tâches dévolues jusqu’ici aux inspecteurs, les nominations : le recrutement, les affectations, les nominations des directeurs d’école des enseignants et surtout le payement de salaire et pécule des enseignants contractuel. La résiliation de leur contrat, l’appui au CAPED, l’acheminement des enseignants affectés à leurs lieux d’enseignement… C’est pratiquement impossible en ce moment… L’école, la santé, l’hydraulique, pour nous, ces secteurs sont si vitaux qu’ils ne doivent pas faire l’objet d’un transfert aux collectivités territoriales, en tout cas pas maintenant ».

Amadou Mahamadou (Zinder)

13 septembre 2017
Source : La Nation

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