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Point de presse du ministre en charge de l’Enseignement primaire, relatif à l’évaluation d’enseignants contractuels : Des leçons tirées et des mesures envisagées

Point de presse du ministre en charge de l'Enseignement primaire, relatif à l'évaluation d'enseignants contractuels : Des leçons tirées et des mesures envisagées Le ministère de l’Enseignement primaire, de l’Alphabétisation, de la Promotion des langues nationales et de l’Education civique a organisé le 15 et le 16 juillet dernier un test d’évaluation d’enseignants contractuels « Craie en main ». L’examen concernait les enseignants contractuels diplômés des ENI et ceux dit « Bruts » qui disposeraient du BEPC.

Le ministre Daouda Mamadou Marthé a annoncé les résultats globaux définitifs de cette évaluation au cours d’un point de presse qu’il a animé vendredi dernier à la salle de banquet du cabinet du Premier ministre. Le point de presse s’est déroulé en présence du ministre des Enseignements secondaires, celui de la Renaissance culturelle, des Arts et de la Modernisation sociale, porte-parole du gouvernement, du Vice-président de la HALCIA et des représentants des partenaires sociaux et des Organisations de la société civile (OSC) actives en éducation.

Devant la presse nationale et étrangère, le ministre a justifié la nécessité d’organiser cette évaluation. « Si nous sommes arrivés à ce point, c’est grâce à la volonté du gouvernement d’assumer ses responsabilités historiques face à la déchéance annoncée de l’école nigérienne », a-t-il dit.

Le ministre s’est réjoui du déroulement globalement satisfaisant de l’évaluation sur l’ensemble du territoire national. Une réussite qu’il a mise à l’actif de l’ensemble des acteurs impliqués dans le processus à savoir les autorités administratives, coutumières et éducatives régionales, les Forces de défense et de sécurité (FDS) et les partenaires sociaux et les partenaires techniques et financiers. M. Daouda Mamadou Marthé a rappelé que l’évaluation pilote IFADEM organisée en novembre ayant concerné 3.177 enseignants à l’issue de laquelle seuls 18% ont obtenu une note supérieure à 10/20.

Pour l’évaluation proprement dite, 64.540 dossiers d’enseignants contractuels étaient attendus. Mais les autorités ont dû constater qu’un millier d’enseignants contractuels avaient abandonné leurs postes, dès l’annonce du test d’évaluation. Les services chargés d’organiser ledit test ont donc centralisé 63.159 dossiers qui ont fait l’objet d’un contrôle rigoureux à l’issue duquel 1.412 contenant de faux diplômes ont été détectés et de centaines d’autres douteux dont les propriétaires n’avaient pu fournir les relevés de notes.

Conséquence, tous les dossiers douteux ont été rejetés pour laisser place à 61.741 enseignants autorisés à composer. « Mais au jour du test d’évaluation, 5.303 candidats n’ont pas répondu à l’appel pour diverses raisons » a indiqué le ministre Marthé. Il s’agissait principalement de raisons liées à la maternité pour les unes, de manque de pièces d’identité à jour, de retard pour les autres. Au finish, ils sont 56.444 candidats à avoir affronté les épreuves.

Pour le ministre, les épreuves sont simplement posées pour savoir si l’enseignant a connaissance de ce qu’il enseigne à ses élèves. A l’issue de la correction et de la compilation des résultats, il est ressorti que 18.937, soit 33,6%, ont obtenu une note supérieure ou égale à la moyenne de 10/20. Les candidats ayant obtenu une note supérieure à 05/20 étaient au nombre de 26.676, soit 47%. Ils sont 11.466 candidats, soit 20,3% à avoir obtenu une note inférieure à 05/20, tandis que 567autres ont obtenu une note inférieure à 01/20. Par ailleurs, les résultats ont fait ressortir que 78 candidats ont obtenu la note de 00/20.

À la lumière des résultats de cette l’évaluation, beaucoup sont en effet les Nigériens ayant compris l’importance voire la nécessité d’avoir organisé ce test car, il y va de l’intérêt de tous d’avoir un système éducatif performant, animé par des enseignant qualifiés. Et comme l’a dit le ministre, il y a plusieurs leçons à tirer de cette évaluation qui, a d’abord permis de comprendre que la question de l’éducation est une affaire nationale.

En outre, elle a permis d’authentifier les diplômes et de conclure qu’il y a une faible pertinence de la formation sur la qualité des enseignants. Ce qui démontre la nécessité de procéder à une refonte globale de la formation dans les Ecoles normales d’instituteurs (ENI) en particulier et du sous-secteur primaire en général. « Cela passera par des mesures administratives, pédagogiques et des mesures sur la gouvernance scolaire », a dit le ministre. Que faire alors des enseignants contractuels après l’évaluation?

À cette question que beaucoup de Nigériens pourraient se poser, le ministre en charge de l’Enseignement primaire a indiqué que le gouvernement a envisagé une batterie de réponses. En effet, pour les contractuels ayant obtenu la note comprise entre 00/20 et 03/20, il est prévu qu’ils soient sortis du système pour être remis au sous-secteur de la formation professionnelle. Cela leur permettrait d’envisager une autre carrière.

Quant à ceux qui ont obtenu des notes supérieures à 03/20, des mesures pédagogiques de formation initiale et continue sont prévues pour eux. C’est ainsi que ceux ayant la note 03,01 à 05/20 subiront une formation de 45 jours à l’issue de laquelle un test de niveau sera organisé pour retenir dans l’enseignement primaire ceux qui auront obtenu la note supérieure ou égale à 10/20. Au profit de ceux ayant obtenu la note allant de 05 à 09/20 lors de l’évaluation, une formation continue tout au long de l’année leur sera donnée pour renforcer leurs capacités.

Pour les candidats dont les dossiers ont été retenus n’ayant pas pu composer et justifiant d’un alibi valable, une session de seconde chance sera organisée très prochainement. Globalement, conscient de la nécessité de réformer profondément tout le système éducatif nigérien, le gouvernement prévoie aussi de rehausser le niveau de la gouvernance scolaire. Et cela passera par la formation des directeurs d’école en administration et pédagogie, la restructuration du ministère, le redéploiement de l’excédent d’enseignants des centres urbains vers les zones rurales.

En outre, il sera procédé au rappel des jeunes enseignants dans l’enseignement plutôt que d’exercer dans l’administration. Le ministre a annoncé également le regroupement d’écoles dans certaines localités pour éviter la dispersion des enseignants car, a-t-il souligné, il leur a été donné de constater qu’il y a des écoles où un enseignant se retrouve avec trois, deux voire un seul élève dans sa classe. « C’est un luxe anti-pédagogique que le Niger ne peut pas se permettre », a-t-il martelé.

Pour cela, le système d’école à cantine sera redynamisé. Enfin le ministre en charge de l’Enseignement primaire a réitéré la volonté du gouvernement de proposer un pacte ou moratoire avec les partenaires sociaux avec pour objectif de normaliser les années scolaires. À ce sujet, M. Daouda Mamadou Marthé a réaffirmé la disposition de son département ministériel à travailler avec l’ensemble des syndicats du sous-secteur de l’enseignement primaire.

Zabeirou Moussa (ONEP)

14 août 2017
Source : http://lesahel.org/

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