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Evaluation des enseignants : Pari gagné pour le Ministre Daouda Mamadou Marthé

Evaluation des enseignants : Pari gagné pour le Ministre Daouda Mamadou Marthé La synergie syndicale CAUSE-Niger/SYNACEB, du moins, ce qu’il en reste de ce regroupement des syndicats du secteur de l’éducation, aura défendu l’option du boycott de l’évaluation jusqu’à la fin, n’empêche ses militants auront répondu massivement à la convocation du Ministre Daouda Mamadou Marthé. A la grande satisfaction des supporteurs d’une école nigérienne profondément reformée ! Au grand-dam des partisans du statu quo.

Une participation massive, un boycott peu suivi, quelques échauffourées

Dans la capitale, Niamey, qui concentre tous les exécutifs des syndicats enseignants parmi lesquels ceux qui ont appelé au boycott de l’évaluation, les enseignants concernés ont répondu massivement aux tests des 15 et 16 juillet 2017. Situation similaire dans les régions de Maradi, Zinder, Diffa, Agadez et Tahoua où, selon les échos, tout s’est bien déroulé, à l’exception de quelques absences constatées. C’est surtout dans les régions de Tillabéry et de Dosso que des perturbations ont émaillé l’organisation de l’évaluation dans certains centres notamment à Dosso ville, Loga, Gaya et Téra. A Dosso, par exemple, les Forces du maintien de l’ordre ont dû intervenir pour disperser les perturbateurs. Ces échauffourées ont donné lieu à quelques arrestations dans le rang des éléments perturbateurs. Arrestations confirmées par le collectif dit CAUSE-Niger/SYNACEB qui donne un bilan de 33 enseignants interpellés en attendant celui des autorités compétentes.

Bref, pari perdu donc pour la synergie CAUSE-Niger/SYNACEB qui, apparemment, n’a aucune marge de manœuvre pour contrecarrer cette évaluation, le Conseil d’Etat ayant jugé irrecevable sa requête aux fins d’annulation des tests des 15 et 16 juin 2017.

La suite après les tests des 15 et 16 Juillet 2017

Si l’on se réfère à la communication du Ministre de l’Enseignement Primaire, de l’Alphabétisation, de la Promotion des Langues Nationales et de l’Education Civique (MEP/A/PLN/EC), Daouda Mamadou Marthé, les tests des 15 et 16 juillet 2017 constituent une première phase, une évaluation en situation de classe, c’est-à-dire sous la supervision des inspecteurs pédagogiques. Aussi, la catégorie des enseignants titulaires aura sa « dose » très prochainement. Selon toujours le Ministre Marthé, l’objectif poursuivi est de cerner le niveau des enseignants afin de le relever celui des plus faibles, condition sine qua none pour améliorer la qualité de l’éducation. D’après plusieurs études récemment menées, au Niger, le niveau scolaire laisse à désirer. C’est d’ailleurs ce qui a conduit le Ministre Marthé à prendre l’initiative tendant à zoomer sur le niveau des enseignants prenant par là-même en compte la préoccupation du Président de la République, Mahamadou Issoufou qui a inscrit au rang de ses priorités de son 2ème mandat en cours, la qualité de l’enseignement. L’analyse des résultats de cette évaluation et celles à venir conduiront à la prise des mesures palliatives pour améliorer le niveau des enseignants les plus faibles.

Quelles conséquences pour les boycotteurs ?

Quel sort pour les enseignants qui ont refusé de participé à l’évaluation ? En attendant de savoir, officiellement parlant, à quelle sauce ils seront mangés, une chose est sûre, ils seront sanctionnés. Cette sanction, ira-t-elle jusqu’à la résiliation de contrat ? D’après une publication faite sur le réseau social facebook, les boycotteurs seront tout simplement remerciés. Ce qui est sûr, ils n’auront pas le tapis rouge. Dans les réactions enregistrées sur le net, les regrets commencent à se faire sentir. « Aujourd’hui, je me rends compte que les syndicalistes nous ont trompé. Niamey ayant pratiquement composé à 100%, les épouses des syndicalistes aussi. Nous sommes donc les dindons de la farce », constat amer et regrettable d’un enseignant ayant suivi le boycott.

Marthé donne l’exemple à suivre

Pour de nombreux observateurs, ce n’est pas que le secteur de l’éducation qui souffre de manque de compétences et de performances. Toute l’administration publique nigérienne est malade. En réussissant son pari, c’est un coup d’essai, un coup de maître que le Ministre Marthé vient de réussir. C’est là un exemple qui doit faire école. D’ores et déjà, on annonce que les autres ministères en charge des questions de l’éducation, partie prenante de la sensibilisation sur les tenants et aboutissants de ce qu’on appelle « l’Evaluation Marthé » ne tarderont pas à emboîter le pas du Ministère de l’Enseignement Primaire.

Oumarou Kané
17 juillet 2017
Source : La Nation

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