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Evaluation des enseignants : Le Ministre Marthé lève les équivoques

Daouda-MartheA quelques jours de la tenue de l’évaluation des enseignants, fixée pour les 15 et 16 juillet prochains, le Ministre de l’Enseignement Primaire, de l’Alphabétisation, de la Promotion des Langues Nationales et de l’Education Civique, Docteur Daouda Mamadou Marthé, initiateur de l’opération, poursuit la sensibilisation des différents acteurs. Dans les lignes qui vont suivre, il apporte des précisions et lève toutes les équivoques.

Evaluation-formative, oui ! évaluation-sanction, non !

« Je le dis et je le répète, l’objectif que nous poursuivons n’est pas de chasser des enseignants », confie-t-il au journal LA NATION. Dans le document intitulé « Communication du Ministre de l’Enseignement Primaire, de l’Alphabétisation, de la Promotion des Langues Nationales et de l’Education Civique sur l’évaluation pédagogique des enseignants contractuels craie en main, il précise : «  L’évaluation que nous envisageons est à la fois diagnostique et formative, les deux se complétant ici. Elle vise à identifier les forces et faiblesses des enseignants, à les classer par catégories, par groupes de besoins et à terme, à concevoir et mettre en œuvre un plan de renforcement de leurs capacités. En effet, quels que soient nos efforts en matière de construction de classe, de dotations en fournitures et équipements scolaires, si rien de vigoureux n’est fait pour agir sur la qualification de l’enseignant, nous continuerons d’observer les piètres résultats de nos enfants. C’est dire le rôle prépondérant que joue la qualification de l’enseignant dans l’acquisition des connaissances des élèves. » Réagissant à la fronde de certains syndicats du secteur de l’Education qui s’oppose à la forme de l’évaluation en ce qu’elle serait contraire aux dispositions légales, le Ministre Marthé apporte la clarification suivante : « … cette évaluation se distingue de l’évaluation prévue par le Statut Général de la Fonction Publique que l’Etat sur deux points : Premièrement s’agissant des modalités, cette dernière doit se faire sur la base d’outils qui doivent être élaborés par le Ministère de la Fonction Publique. Or, ces outils ne sont toujours pas disponibles. Deuxièmement, s’agissant des conséquences, l’évaluation prévue par le Statut Général débouche sur des appréciations, qui ont des conséquences sur la carrière de l’agent (avancement, radiation, etc.). Par conséquent, il s’agit bien en l’occurrence d’une ‘’évaluation-sanction ‘’, contrairement à celle envisagée par le MEP/A/PLN/EC qui s’apparente plutôt à une ‘’évaluation formation’’ ». Sur l’intention manifeste des syndicats contestataires à saisir la justice pour statuer sur la non-conformité de l’évaluation aux dispositions légales, cette requête a fait, depuis le 9 mars 2017 l’objet d’un examen par la Haute Juridiction en la matière, c’est-à-dire le Conseil d’Etat sur saisine du Ministre Marthé. Pour ladite institution, le Ministre « est fondé à mette en œuvre la politique sectorielle relevant de son domaine de compétence notamment par une action d’évaluation dont l’objectif est d’améliorer la qualité de l’enseignement par le renforcement des capacités des enseignants », tout comme il « est (aussi) fondé à demander la production d’un certain nombre de documents tels que le diplôme et le certification de nationalité ».

Les enseignants concernés

Tous les enseignants craie en main (titulaires comme contractuels) sont concernés par l’évaluation. Le test prévu pour les 15 et 16 juillet prochains est une première phase qui va concerner les enseignants contractuels. Sur 64.540 dossiers attendus à cet effet,  62.586 ont été enregistrés par les services compétents du Ministère de Daouda Mamadou Marthé et ont fait, selon ce dernier, l’objet d’un traitement, d’un contrôle d’authentification de diplômes. Ce contrôle a permis de déceler plus de 300 faux diplômes. Conséquence de cette opération d’authentification, plus de 1.000 abandons de postes par des enseignants sur lesquels pèsent désormais de soupçons de détention de faux diplômes.

Une évaluation en deux étapes

Sur l’organisation proprement dite de l’évaluation, le Ministre lève toutes les équivoques : « Cette évaluation doit se dérouler en deux étapes : une évaluation écrite en Français et en Mathématiques pour évaluer le niveau des enseignants dans ces deux matières fondamentales ; une évaluation des compétences pédagogiques des enseignants en situation de classe sur la base d’une grille conçue à cet effet, qui sera menée par les Inspecteurs et les Conseillers Pédagogiques. Les épreuves qui seront administrées porteront strictement sur le programme d’enseignement du 1er degré, c’est-à-dire sur le programme que les enseignants du cycle primaire sont censés maitriser et enseigner aux élèves. Il ne sera en aucun cas fait référence à des notions enseignées au collège ou au lycée »

Oumarou Kané

05 juillet 2017
Source : La Nation

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