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L’école nigérienne : Le colmatage

Encore un de ces colmatages dont excellent les Guristes ; eh oui ! On le sait très bien à présent, le Président Issoufou Mahamadou et ses sbires sont de véritables équilibristes, comme pas possible, qui n’attaquent jamais le taureau par les cornes ; jamais ils ne saisissent un problème à bras-le -corps ou par la racine. En toutes circonstances, surtout en ce qui concerne les revendications syndicales, ces hommes sont toujours restés superficiels dans les propositions de solutions ; s’ils n’enveniment pas la situation en revenant sur des clauses déjà arrêtées ou en ne respectant pas les termes des accords longtemps signés. Ce genre de colmatage est aujourd’hui observé avec certains syndicats du secteur éducatif qui viennent curieusement de signer des accords que beaucoup jugent à l’à peu près. Il s’agit de l’aile dissidente de la FUSEN conduite par le virevoltant Issoufou Arzika qui vient d’entrer dans la danse avec des accords signés après des jours de négociations sous l’oeil parrain de l’ITN. Chimère ou acte chimérique ? En effet, durant les quelques mois qu’a duré l’année scolaire, les syndicats du secteur éducatif et l’Etat se sont affrontés régulièrement, comme cela n’a jamais été dans le pays. Des arrêts spontanés et sporadiques de travail, des grèves perlées ont été le menu de cette année scabreuse comme jamais une année scolaire ne l’a été. Pour cause, les deux parties sont restées chacune sur sa position de manière intransigeante, ne voulant absolument pas faire de concession. Du côté des enseignants et des scolaires et étudiants, le socle des revendications repose sur l’amélioration des conditions de vie et de travail. Pour l’Etat, l’école reste déjà un volet budgétivore qui, malheureusement, ne fait rien rentrer à cours termes (En dehors bien sûr des aides prolifiques que ce secteur mobilise).

Ces positions tranchées ont saccagé la sérénité de l’école et beaucoup d’observateurs très crédibles claironnent que absolument rien ne pourrait sauver cette année scolaire si ce n’est une prolongation de l’année d’au mois trois mois pleins et sans perturbation aucune. Malheureusement, c’est trop demander à un Etat qui végète dans une crise financière sans précédent. Il arrive à peine à assurer le paiement régulier des salaires ; comment peut-il supporter les charges inhérentes à la prolongation d’une année solaire ?

Que peut-on réellement attendre de l’accord signé par le dissident de la FUSEN Issoufou Arzika ? Franchement et objectivement rien de sérieux. D’ailleurs ce virage à 100° ne fait qu’accompagner et renforcer la sombre démarche de l’Etat qui repose sur deux options : une bonne et effective rentrée scolaire/ une bonne fin d’année avec l’organisation effective de tous les examens aux dates prévues. C’est vraisemblablement les films de ces deux événements dont l’Etat a besoin. Ils lui serviront ainsi à convaincre les bailleurs de fonds que l’école marche très bien au Niger car, voici les images qui témoignent d’une bonne rentrée et d’une bonne fin d’année, examens à l’appui.

Dommage ! Tant la rentrée que la fin d’année, tout est politique ; rentrée politique, fin d’année politique pour justifier encore des pratiques politiques et politiciennes. La question qui revient sur toutes les lèvres est celle de savoir si réellement on a envie de tirer l’école nigérienne définitivement du cercle vicieux dans lequel on l’a confinée ? Apparemment non, car, cette destruction semble programmée pour servir des desseins inavoués. Où se cache alors le patriote qui sauverait l’école Nigérienne ?

Bouda

14 juin 2017 
Source : Le Monde d'Aujourd'hui 

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