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L’école nigérienne : La ruine de l’enseignement supérieur

On ne compte plus les panels et autres ateliers qui sont organisés pour encadrer et orienter notre système éducatif à travers des curricula et des objectifs pédagogiquement fiables. Cependant, comme pour saper ces efforts, des pratiques géostratégiques réduisent nos instituts et nos Universités, surtout, un centre d’enseignement au rabais. Pour quelle finalité ? À qui profite le sabotage ?

Comme on le sait, il a été démontré et prouvé avec les nations nanties qui font bouger ce monde aujourd’hui que la base de tout développement passe par l’enseignement, surtout supérieur et technique. Et cet enseignement est dispensé dans des universités et autres instituts ou centres de formations professionnelles. C’est après avoir fait de leurs universités des maillons essentiels de la chaîne de la recherche, de l’invention et de l’innovation que les pays occidentaux ont acquis les moyens et autres gadgets nécessaires au développement des secteurs de leur économie. Nul doute ; pour se développer conséquemment, il faut asseoir une éducation de qualité qui fournirait à tous les secteurs de la vie du pays des cadres et techniciens capables de faire changer les choses par leur talent et leur génie. Alors, nos universités et instituts fonctionnent-ils à cette fin ? Absolument non, et cela pour plusieurs raisons dont la principale est tellement machiavélique qu’elle vous paraîtrait invraisemblable.

En effet, on ne finance pas nos universités car elles ont désormais pour rôle non pas de produire des élites pour le pays, mais de simples consommateurs ! Tenez-vous bien, les occidentaux sont sortis de chez eux au 17ème siècle pour rechercher principalement de potentiels marchés, donc des consommateurs pour leur manufacture qui était déjà excédentaire. Déjà il y avait 4 siècles de cela, au moment où leur industrie était au stade de balbutiement, les occidentaux avaient senti le besoin de chercher des consommateurs. Et qu’est-ce qui ferait changer cet objectif aujourd’hui où la vitesse et les moyens de production sont multipliés par n ? Rien ; les occidentaux ont davantage besoin de consommateurs et ils les cherchent partout. Faites un tour dans un bâtiment qui abrite un service financé par une nation étrangère. Vous découvrirez que tous les gadgets, de l’ampoule aux groupes électrogènes et autres accessoires, tous portent la marque du pays investisseur. Aujourd’hui, ce sont nos universités mêmes qui sont transformées en centres de fabrication de potentiels consommateurs. Retenons juste que les occidentaux n’ont aucun intérêt à ce que notre enseignement supérieur marche efficacement. C’est même une menace pour eux car ils n’auraient plus là où envoyer le trop-plein d’experts en tout qu’ils vendent chèrement à nos Etats. De plus, une fois passé l’enseignement supérieur, l’étudiant aurait ouvert les yeux et il comprendrait mieux la nature de la supercherie que la géopolitique occidentale déroule contre nos pays démunis ; il serait donc un potentiel rebelle. Alors, pourquoi voulez-vous que l’Occident finance la formation de ses propres destructeurs ? Jamais. Ainsi, on encadre et on assure le suivi des scolaires jusqu’au Lycée, au moment où on leur a donné un savoir à l’à peu près, pas suffisant pour éveiller leur curiosité sur les grands courants mondiaux. Cependant, on aurait pris des dispositions nécessaires pour leur enseigner l’économie occidentale et les merveilles et gadgets dont elle inonde le monde. À ce stade et avec cet enseignement au rabais, du fait des problèmes qui assaillent ces centres et universités, l’étudiant est un véritable danger, pour ne pas dire un fléau. Il est coupé de son petit monde et il se sent comme la plaque tournante du monde. Allez vérifier ce qui se passe dans la tête d’un étudiant qui vient juste d’avoir le BAC. C’est une véritable bombe de sottises : il se voit comme le centre d’intérêt de tout. Il n’a plus envie de se conduire comme avant ; il aspire à ne s’habiller qu’avec des vêtements griffés (provenant de l’Occident) ; il veut manger ce qui vient d’ailleurs, bref il devient un consommateur potentiel pour l’Occident ; alors, on le lâche à ce stade. Echec et mat. Comprenez alors toutes les aberrations d’étudiants qui n’arrivent plus à continuer et boucler leur cycle par faute de niveau. Et ce sont ces abrutis intellectuels qui passent des concours pour être reversé dans l’enseignement. Que vont-ils enseigner ? De la baisse de niveau bien sûr.

BOUDA

14 juin 2017 
Source : Le Monde d'Aujourd'hui 

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