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jeudi, 23 février 2017 23:14

Assainir l’école nigérienne

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Eleves_Niger_2L’actualité de ces dernières semaines est en train de se cristalliser autour de l’école nigérienne, avec en toile de fond la qualité de l’enseignement dans nos écoles publiques. Ce qui est de bonne guère me diriez-vous, car c’est un débat qui intéresse les Nigériens de toutes les couches sociales, en ceci qu’il pose crument la question de l’avenir du pays vu sous l’angle de l’école. La passe d’armes à laquelle on assiste depuis quelque temps entre le Ministère en charge de l’Enseignement Primaire et certains syndicats du secteur de l’Education est assez révélatrice du malaise qui mine notre école.

En décidant de faire passer les enseignants à un test de niveau, le Ministère essaye de sauver ce qui peut encore l’être dans cette ‘’jungle’’ de l’école nigérienne où des individus, dépourvus de toute instruction, puissent officier dans les classes en lieu et place des vrais enseignants dotés du savoir-faire et de la pédagogie nécessaires. Les chiffres produits à l’issue des premières évaluations donnent le tournis: des enseignants qui totalisent la note de 0 sur 10 sur des examens du niveau CP ou CE1. Et l’on comprend dès lors pourquoi le niveau des enfants a atteint l’abîme ces dernières années. Comment en effet comprendre que quelqu’un qui ne dépasse guère le niveau du cours d’initiation (CI) puisse enseigner le Français, les Mathématiques ou même l’Etude du milieu dans les classes du niveau primaire? Il est vrai qu’à un certain moment de son évolution, l’école nigérienne a fait recours à un personnel qui n’a pas le profil souhaité pour dispenser les cours. Mais à cette époque-là, le problème de niveau ne se posait pas avec autant d’acuité. Aujourd’hui, on est obligé de se rendre à l’évidence : la baisse de niveau des élèves est un corollaire du niveau zéro de certains enseignants qui sont sensés les encadrer. Alors que faut-il faire ? Il faut forcément prendre le taureau par les cornes en corrigeant ce déficit de niveau, et au besoin en extirpant des écoles publiques tous ceux qui y sont entrés de manière frauduleuse. Le Ministère en charge de l’Enseignement Primaire est assurément sur la bonne voie. Aussi, il doit être soutenu dans cette œuvre de salubrité publique, car l’avenir du pays en dépend.

Oumarou Moussa(onep)

24 février 2017
Source :  http://lesahel.org/