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mDes milliards décaissés pour un abattoir fantômeNous sommes au quartier Saga, sur le site qui doit abriter le nouvel abattoir frigorifique de Niamey. Les travaux ont été lancés, il y a plus de neuf ans, le vendredi 10 avril 2009 par le président d’alors, Mamadou Tandja, et devaient durer 19 mois. Mais, en lieu et place d’une infrastructure, « la première du genre dans l’espace CEDEAO », c’est un terrain broussailleux, difficile d’accès à cause d’un gros ravin, où s’entassent ferraille, tuyaux et charpentes, usés par le soleil ardent du Sahel, qui accueille le visiteur en ce mois de mai 2018.

Face à ce spectacle désolant, s’étalant sur plusieurs hectares, Hamissou, l’un des gardiens des lieux qui nous a accueillis, ne cache pas son amertume. « Le chantier est arrêté depuis des années. L’eau et l’électricité ont été coupées depuis belle lurette et l’endroit est infecté par des serpents. D’ailleurs, « faites attention à là où vous mettez les pieds », prévient-il.

Selon diverses sources de notre enquête, confirmées par M. Yahaya Baré, ancien Secrétaire général du ministère de l’élevage au moment des faits, tout est parti d’une visite courant année 2006, d’une délégation officielle des princes saoudiens au Niger.

Pourtant, c’est bien ici, sur la rive du fleuve, que devait sortir des sables, le nouvel abattoir. Pour ce faire, un marché de gré à gré d’un coût total, hors taxes de 16 milliards de FCFA, avec une production annuelle de 40.000 tonnes de viande, a été attribué par le régime de Tandja à Agriculture Africa, une société australienne installée à Tortola, capitale des Iles Vierges Britanniques (un paradis fiscal reconnu), chapeautée par le groupe GDHI (Global Development Holding International) à la tête duquel trône Monsieur S. Bryan Kenneth Rowe.

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