Cette Renaissance qui détruit le tissu économique

Cette Renaissance qui détruit le tissu économiqueIl va sans doute falloir attendre leur départ du pouvoir pour être en mesure de faire un bilan réel et complet de la gouvernance des animateurs du régime de la Renaissance. Cependant, dans beaucoup de secteurs, bien des signaux indiquent qu’on va assister à une des gouvernances les plus catastrophiques. C’est le cas du secteur de l’économie qui, depuis l’avènement de cette Renaissance au pouvoir, n’a fait que dégringoler de jouer en jour. Ainsi, après les opérations sauvages de déguerpissement des boutiques et kiosques et les lourdes mesures fiscales qui ont agenouillé et même détruit les petites et moyennes entreprises, c’est au tour des grosses boîtes de montrer des signes d’agonie. Il y a quelques jours, dans un courrier adressé à ses clients, la direction générale de la Société de brasseries du Niger (Braniger) a indiqué qu’elle fait face à une situation économique des plus difficiles qui ne lui donne aucun choix que de fermer boutique dans les semaines à venir. Cette sortie de la direction générale de la Braniger est intervenue quelques mois seulement après celle de l’opérateur de téléphonie mobile Orange- Niger. Victime d’un redressement fiscal, ce géant de la téléphonie a indiqué ne plus pouvoir continuer à exercer s’il doit payer les dizaines de milliards de francs CFA qu’on lui intimait de payer dans le cadre du redressement fiscal. On apprend d’ailleurs que le processus de la vente de la licence de cet opérateur est déjà avancé. Selon des sources concordantes, d’autres entreprises seraient aussi sur le point de mettre la clé sous le paillasson, disant ne plus pouvoir faire face à la situation économique des plus hostiles que traverse le Niger.

Pourtant, jusqu’à l’avènement du régime de la Renaissance, les activités économiques marchaient plus ou moins bien au Niger. De milliers de pères de familles et de jeunes se battaient, bon an mal an, et arrivaient à trouver de quoi subvenir à leurs besoins, sans être contraints de prendre le chemin périlleux de l’exode. Malgré la forte concurrence favorisée par le démantèlement de plusieurs frontières économiques, des petites et moyennes entreprises arrivaient à se tirer d’affaire. Ici et là, des jeunes nigériens ont commencé à se hisser à la tête des entreprises pourvoyeuses de beaucoup d’emplois pour les jeunes diplômés et qui arrivaient, du fait de la souplesse du régime fiscal, à contribuer à une bonne mobilisation des ressources internes pour l’Etat. Mais, un beau jour, les tenants du pouvoir de la Renaissance se sont mis à détruire tout ce dispositif économique, sans que les Nigériens ne comprennent réellement pourquoi ils le faisaient. Arguant du bref sommet de l’Union africaine prévu en juillet 2019, ils se sont mis, dès 2017, à casser boutiques et autres kiosques dans la ville de Niamey, privant des centaines de pères de famille de leurs activités et plongeant des familles dans le dénuement. Avec l’arrivée de Hassoumi Massaoudou à la tête du Ministère des finances, les Nigériens assistèrent à la mise en oeuvre des mesures fiscales les plus impitoyables, qui ont contraint bien de petites et moyennes entreprises à cesser leurs activités. Salifou Hamidou

19 juin 2019
Source: Le Canard en Furie

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