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Mukurigate : Vers une libération de tous les prévenus, sauf Mukuri ?

MUKURIGATE Daniel MukuriL'affaire dite " Mukurigate " n'a pas fini de faire parler d'elle. Il vous souviendra qu'il ya environ deux (2) semaines, Daniel Mukuri et plusieurs de ses complices locaux ont été mis aux arrêts. Parmi ceux-ci, nous avons l'ancien DG de la SONITEL, un conseiller à la primature et un conseiller à la présidence. Selon des sources politiques bien informées, le juge chargé de l'affaire, serait prêt à aller jusqu'au bout du dossier. C'est dans ce cadre qu'il aurait voulu entendre Seidou Sidibé, actuellement président de la Cour des comptes, ministre des finances au moment des faits, de ce fait ordonnateur national. Précisément au moment du paiement d'au moins une des factures de Wallgate, s'élevant à un (1) milliard FCFA par le payeur général de la Direction générale du trésor et de la comptabilité publique (DGTCP). Pour certains, il serait allé trop loin ce juge. Les mêmes qui sont pourtant garants de l'équilibre des pouvoirs et de l'indépendance de la justice ne l'entendent pas le laisser rendre la justice républicaine au nom du peuple. De très gros poissons du régime seraient impliqués dans cette affaire comme le supputent beaucoup, où le belge d'origine congolaise aurait été trop généreux. Des noms apparaissent par ci par là dans la presse locale. L'affaire est en passe de connaître une tournure autre, que nous avons déjà évoquée dans notre livraison de la semaine passée (Courrier n°462 du jeudi 27 avril 2017). Daniel Mukuri risque donc d'être le seul à garder prison, jouant le rôle de parfait bouc émissaire. Pendant que ceux qui se sont beurrés par ses soins, sur le dos de la République et du peuple se la coulent douce. Car si vous ne le savez pas, sous la Renaissance, on se tient les coudes, parce que chacun traine des affaires plus que bruyantes : Eximbank de Chine, affaire passeports, ARTP, prêt congolais, achat de l'avion présidentiel, remise de devises saisies à l'aéroport. Et également les 200 milliards transférés d'un compte BNP Paribas à un compte privé à Dubai par Hassoumi Massoudou, à l'époque directeur de cabinet du chef de l'Etat. Une véritable secte unie autour des intérêts des membres du clan, prête à sacrifier les intérêts de tout le peuple nigérien en face des leurs. Hassoumi ne sera pas livré, a dit Bazoum. Oui, mais c'est parce que Hassoumi n'acceptera pas d'être l'agneau sacrificiel alors que tous les membres de la secte croulent sous le poids de dossiers scandaleux. Aux dernières nouvelles, toujours selon des sources politiques, avis aurait été donné à qui de droit pour élargir les conseillers à la primature et à la présidence, l'ancien DG de SONITEL et l'ancien payeur général du Trésor (public, il faut le préciser), tous ceux-là précisément sur qui pèsent de lourds soupçons. C'est la justice version Guri.

Rappelons que Daniel Mukuri, belge d'origine congolaise, recherché depuis longtemps par Interpol Belgique, a débarqué au Niger sous la Renaissance. Il crée une société de contrôle des compagnies de téléphonie cellulaire avec Salif Diallo, pendant longtemps dauphin de Balise Compaoré, et présentement président de l'Assemblée nationale du pays des hommes intègres, et un certain Abdallah, écarté dès les premières heures. C'est la société Mach-Agitech, se faisant frauduleusement passer comme une filiale d'une société française du nom d'Agitech. Après les protestations des responsables français de cette dernière qui menaçaient de porter plainte, elle se transmue et prend le nom de SYNIVERS pour enfin devenir Wallgates. C'est à cette société Wallgates, que des versements ont été faits, d'abord directement par les compagnies de téléphonie cellulaire après l'accord à l'amiable signé avec elles par Gandou Zakara, le secrétaire général du gouvernement, ensuite par le trésor national. Dont au moins un chèque de un (01) milliard de FCFA qui aurait entrainé et conduit le payeur général en prison. Jusqu'à l'interdiction de payer cette société dont les activités ne sont pas si visibles et rentables pour l'Etat nigérien et la résiliation du contrat avec Wallgates par le trader national.

Cerise sur le gâteau, est impliqué jusqu'au coup dans cette affaire, Salif Diallo, président de l'Assemblée national du Burkina Faso. Il est impensable qu'il ne soit impliqué dans cette sulfureuse affaire. Dauphin de Blaise Compaoré pendant des décennies, il tombe en disgrâce et devient Conseiller spécial de Mahamadou Issoufou. Depuis, ses va et vient entre Ouaga et Niamey sont incessants, pour surtout faire fructifier des affaires douteuses, sur le dos du Niger, et surtout pas dans l'intérêt du Burina Faso. Autrement, pour ses seuls intérêts et ceux de ses amis. En l'espace de trois semaines, durée de la détention de Mukuri, son associé depuis Mach-Agitech jusqu'à Wallgates, il serait venu à Niamey au moins à trois (3) reprises. Pour probablement faire pression sur son ami Mahamadou de desserrer l'étau autour de cette affaire que le juge voudrait bien creuser davantage. Certains pensent même que le juge aurait voulu entendre Salif Diallo dont l'escroc Mukuri est l'associé principal déclaré. Des députés burkinabés et certains membres de la société civile commencent à s'intéresser à cette affaire, qui n'est d'ailleurs pas la seule, dans laquelle serait impliqué le président de leur parlement. Et insistent de plus en plus pour la lumière soit faite sur ces présumées activités criminelles de leur PAN hors des frontières nationales. Ce qui, s'il s'avère, ne les honore pas, et n'honore pas non plus leur pays appelé si bien le " pays des hommes intègres ". C'est dire à quel point l'affaire Mukuri constitue un véritable casse-tête pour la Renaissance, mais comme d'habitude, sous la gouvernance de Mahamadou Issoufou, les amis, parents alliés et connaissances échappent à la justice, malgré les scandales de milliards dans lesquels ils sont empêtrés, alors que les autres citoyens gardent prison pour des peccadilles. Et où on s'allie avec des étrangers pour piller les maigres ressources du pays, pour à la fin tendre la main à la communauté internationale et quémander de l'aide alimentaire. Mais, jusqu'à quand ? Les jours avenir nous édifieront davantage sur ce dossier.

BISSO

04 mai 2017
Source : Le Courrier

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