Ramadan 2019 / Entre obligations religieuses et préoccupations économiques : Ministère du Commerce et Opérateurs économiques : lutter contre la vie chère

Petit marche Niamey RamadanNiamey, comme à l’accoutumée, s’apprête à accueillir le mois béni de Ramadan. Mais force est de reconnaitre que, malgré les réelles motivations de part et d’autre, l’inquiétude et la joie font difficilement bon ménage à cause des multiples dépenses liées à l’accomplissement de ce rite religieux.  Cette situation préoccupante, surtout dans nos centres urbains, mérite une attention particulière. Pour ce faire, un comité vient d’être créé par le ministère du Commerce et de la promotion du secteur privé pour explorer les voies et moyens de rendre la période du Ramadan économiquement supportable pour tous. Ainsi, M. Sadou Seydou, s’est entretenu le 16 avril dernier avec les opérateurs économiques pour échanger de façon interactive sur toutes les questions qui touchent la stabilité des prix au niveau des marchés. Ils étaient tous là, détaillants, grossistes, représentants des associations de défense des droits des consommateurs, représentants du Ministère, et ceux des structures connexes à répondre à cet appel.

Il ressort des interventions des uns et des autres, notamment du plus grand boutiquier au plus petit étalagiste de légumes, qu’ils adhèrent à la cause : celle de garder intacts les prix des produits de première nécessité. Tout en assurant les autorités en charge du Commerce de la disponibilité des produits et de leurs accessibilités sur les marchés.

Le ministre du Commerce et de la Promotion du Secteur Privé a une fois de plus appelé au bon sens des grossistes cette année encore afin de redoubler d’efforts en maximisant sur la quantité des produits à mettre sur le marché. Selon lui, à l’issue des visites qu’il a effectué dans les régions en ce qui concerne la situation des marchés, «l’essentiel des produits sont disponibles, les prix sont stables, une légère diminution pour le sucre et les huiles, une certaine stagnation pour le riz et une légère augmentation pour les autres céréales ».

Et, d’annoncer ensuite que pour pouvoir maitriser tout cela, le Gouvernement a décidé de lancer les opérations de vente à prix modéré. Pour le ministre, cette décision va permettre aux populations les plus vulnérables de disposer de céréales et va aussi jouer le rôle de stabilisateur de prix. Ce département ministériel en collaboration avec le Ministère des Finances compte lutter contre l’inflation qui est un indicateur d’appréciation au niveau de l’UEMOA. Une opération qui a débuté depuis mars et qui concerne sept programmes. Elle porte sur 71.000 tonnes de céréales jusqu’en fin septembre et il y a eu 2.600 tonnes de sucre qui sont déjà en train d’être placées au niveau des communes.

Le président de la Chambre de Commerce, M. Sidi Mohamed, a soutenu cette initiative qui vise à soulager la souffrance des populations. Tout en  expliquant que des séances de sensibilisation sont organisées dans le même cadre pour booster cette initiative. « Depuis peu, nous avions mis en place un mécanisme pour continuer en notre sein ces séances de travail avec les associations des opérateurs économiques, des représentants de la direction consulaire de Niamey, les importateurs économiques, les représentants du bureau national des commerçants pour prendre à leur tour la question de relais. Ils doivent aller sur le terrain  et relayer les informations au niveau des marchés. Nous constatons depuis l’avènement de ces concertations, une certaine accalmie au niveau de la flambée des prix qui s’observe généralement chez les petits distributeurs. Il faut aller sur le terrain voir si les engagements qui ont été pris ont été respectés. Nous allons certainement durant tout le mois de Ramadan conduire des séances de sensibilisation à tous les niveaux », a dit le président de la Chambre de Commerce.

Même son de cloche au niveau des commerçants et des défenseurs des droits des consommateurs

Les interventions des délégués des commerçants ont assuré le ministre de la disponibilité, de l’accessibilité de ces produits de première nécessité sur les différents marchés de la capitale. « C’est vrai que nous sommes là pour que les fidèles musulmans accomplissent dans les meilleures conditions le mois de Ramadan ; les légumes sont là en abondance et sous peu il y aura la rareté de certains produits et nous serons obligés de nous tourner vers certains pays. Mais il faut que l’Etat revoie à son tour certaines barrières ; il y a des petits problèmes qu’il faut rapidement prendre en charge», a laissé entendre le représentant des commerçants des légumes.

Les associations des défenseurs des Droits de consommateurs par la voix de Maman Nouri a eu des mots de remerciements à l’endroit des autorités en charge de ce secteur pour toutes les actions salvatrices qu’elles ne cessent de mener à l’endroit des consommateurs. Il les  a remerciés pour la célérité avec laquelle elles veulent prendre en charge cette question. « La flambée des prix est une question qui préoccupe l’ensemble de la population et pour cela, il faut que des mesures urgentes soient prises pour mettre fin à cette pratique malsaine. Cela est inapproprié en cette période de ramadan », a-t-il précisé. Le président de l’Association de Défense des Droits des Consommateurs (ADDC Wadatta), M. Maman Nouri, a souligné la nécessité de rendre accessible l’eau, cette denrée si vitale pour rompre le jeun.

Une belle occasion pour les représentants des associations de défense des consommateurs de formuler des demandes et des recommandations ; ils se sont attardés sur la prise en charge des questions des décharges des camions, souhaitant si possible la revue des heures d’entrées et de sorties en cette période.

Aïssa Abdoulaye Alfary (ONEP)

03 mai 2019
Source : http://lesahel.org/

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