Lancement du Projet de l’ITC sur les mesures non-tarifaires au Niger : Soutenir le Niger dans ses efforts de renforcement de la compétitivité commerciale

Le Ministère du Commerce et de la Promotion du Secteur Privé a initié, en partenariat avec le gouvernement danois, un projet sur les mesures non-tarifaires au Niger, porté par le Centre International de Commerce (CIT). Le lancement dudit projet a été effectué, hier 7 mars, à Niamey. C’était en présence des ministres du Commerce et de la Promotion du Secteur Privé M. Sadou Seydou, celui de l’Industrie M. Zaneidou Malam Amirou, du ministre du Tourisme et de l’Artisanat M. Ahmed Boto, ainsi que plusieurs cadres desdits Ministères. Des exposés, des échanges, des enquêtes, des propositions, conduits par les experts du CIT à Genève, à savoir, MM Vianney Lesaffre, Analyste des marchés et Yared Befecadu, Analyste adjoint des marchés seront au menu dudit projet, qui s’étalera sur deux ans et placé sous le thème : ‘‘Surmonter les barrières invisibles au commerce’’.

En procédant au lancement du projet, le ministre en charge du commerce, M. Sadou Seydou a indiqué que l’Axe 3 relatif à l’accélération de la croissance économique du Programme de la Renaissance du Niger, Acte II, du Président de la République SEM Issoufou Mahamadou, fait du secteur privé, le moteur du développement de notre pays. ‘‘Dès lors, il s’agit pour nous, de créer les conditions optimales d’épanouissement de l’exercice des activités économiques et commerciales au Niger. C’est dans cette optique que des réformes pertinentes ont été initiées dans tous les domaines de la vie économique nationale. Des progrès ont ainsi été réalisés par le Niger, en matière d’amélioration du climat des affaires’’, a estimé le ministre Seydou. Selon lui, le Projet sur les mesures non-tarifaires, s’inscrit dans ce processus de facilitation du commerce dans notre pays. ‘‘Ce projet rentre également dans le processus de préparation du Niger, à la mise en œuvre des dispositions de la zone de libre-échange continentale (ZLECAF). A ce sujet, je salue le rôle majeur et déterminant que joue le président de la République, SEM Issoufou Mahamadou, dans le cadre de la mise en place de cette zone de libre-échange, par et pour les Africains’’. Selon lui, ce projet du CIT mettra à la disposition du Niger, son expertise en matière de mesures non tarifaires et travaillera avec les structures impliquées. ‘‘Le projet conjoint du Niger et du CIT vise à identifier les réglementations et procédures commerciales, les plus contraignantes, rencontrées par les petites et moyennes entreprises.

Il permettra aussi d’identifier les procédures nationales relatives au commerce, qui doivent être renforcées. Et aussi prendre les mesures concrètes pour surmonter les obstacles commerciaux existants et réduire les coûts qui y sont liés. Il vise aussi à renforcer l’interaction entre les secteurs publics et privés concernant les réglementations, les procédures et les obstacles commerciaux’’, a décliné M. Sadou Seydou. Quant à l’Analyste des marchés du Centre du commerce international (CIT), M. Vianney Lesaffre, il a indiqué que c’est afin de soutenir les efforts déployés par le Niger pour améliorer sa compétitivité commerciale, que le CIT propose son expertise dans le domaine des mesures non tarifaires pour accroître la transparence et la compréhension des MNT (Mesures Non Tarifaires) et des procédures connexes et réduire ainsi efficacement les coûts commerciaux qui y sont liés. Pour cela, selon M. Lesaffre, une enquête MNT sera menée auprès des entreprises (biens et services), pour identifier les réglementations et procédures commerciales les plus difficiles auxquelles les entreprises du Niger se sont confrontées. ‘‘Suivra une consultation des parties prenantes, ceci pour définir des mesures concrètes pour surmonter les obstacles commerciaux existants. Le projet comporte aussi le renforcement des capacités sur les MNT, afin de développer les capacités des décideurs, des institutions d'appui au commerce, des petites et moyennes entreprises (PME) ainsi que des universités sur les MNT. Tout cela, selon lui, permettra d’améliorer la transparence des informations sur les réglementations et les procédures au Niger, avec la présentation du Mécanisme d’alerte aux obstacles au commerce (MAOC) qui permet aux opérateurs commerciaux de signaler aux autorités compétentes les difficultés liées aux procédures et règlements commerciaux auxquels ils sont confrontés’’, a précisé l’expert. Illustrant ses propos par un exemple concret, Vianney Lesaffre, explique que, par exemple, le bijoutier qui produit et vend son produit au marché de l’artisanat, doit savoir quoi faire pour dire que ces croix qu’il a confectionné sont d’Agadez, il doit aussi savoir comment avoir un certificat de qualité, pour montrer que ses produits sont authentiques du terroir nigérien, ce qui lui permettra de gagner non seulement sur le marché local mais aussi sur le marché international. Cette reconnaissance doit s’élargir aussi au niveau procédural. Il faut que l’artisan sache comment envoyer ses produits au niveau sous-régional, comment vendre, comment avoir accès au marché européen, par exemple. En fait, ‘‘réduire le coût des activités commerciales, liés aux mesures non-tarifaires, qui sont des coûts des mesures à l’exportation et à l’importation, des biens, des services. Et pour réduire ce coût, il est nécessaire de travailler sur ces MNT, qui doivent être bien connues auparavant ainsi que l’étendue de leurs impacts’’, c’est ce qu’il faut retenir d’essentiel dans ce projet, a conclu l’expert. L'ITC est l’agence conjointe de l’Organisation mondiale du commerce et des Nations Unies. L'ITC aide les petites et moyennes entreprises dans les pays en développement et les économies de transition à devenir plus compétitives sur les marchés mondiaux, contribuant ainsi à un développement économique durable dans le cadre du programme Aide pour le commerce et les Objectifs de développement durable. Le programme ITC MNT est constitué de quatre piliers : L’enquête MNT auprès des entreprises, les consultations des parties prenantes, le renforcement des capacités en matière de MNT et l’amélioration de la transparence des règles et procédures.

Mahamadou Diallo (ONEP)

08 mars 2019
Source : http://www.lesahel.org/

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Economie