Feuilleton ASUSU S.A : Rebondissement dans l’affaire ASUSU

Rebondissement dans l affaire ASUSU 1Sa mission était de redresser ASUSU, confrontée à des difficultés exogènes et endogènes. Six mois après son installation dans les fonctions d’administrateur provisoire, Amadou Bachir est pratiquement au point de départ, s’il n’a pas fait pire. Nommé par le ministre des Finances, officiellement pour redresser l’institution de microfinance, Amadou Bachir est complètement passé à côté en entreprenant tout autre chose qui était attendu de lui. Sans repères et sans aucun plan de travail, l’homme a passé son temps à naviguer à vue, bourrant les actionnaires et les partenaires extérieurs de promesses jamais tenues. Sa mission tire à sa fin le 3 novembre 2018. Pourtant, Bachir a été, à ce jour, incapable de soumettre au ministre des Finances un plan de redressement. Ne sachant quoi faire exactement pour remplir sa mission, l’administrateur provisoire d’ASUSU s’est trouvé une tâche qui l’a passionné et occupé. Il a passé le plus clair de son temps à chercher des poux sur un crâne rasé, fouillant et retournant tout, sens dessous, dessus, pour trouver un moyen quelconque de justifier un détournement de la part de l’ancienne directrice générale. Il n’a trouvé qu’un misérable montant de…101 370 FCFA qu’il a demandé à madame Yacoubou Réki de justifier. Mais là aussi, il a été bloqué, car incapable d’adresser à l’intéressée le rapport d’audit qui met en exergue ces 101 370 FCFA. Comme le veut le principe et les règles, l’audit se fait à charge et à décharge. Interpellé pour mettre le rapport d’audit à la disposition de l’ancienne directrice générale, Amadou Bachir est resté dans un silence révélateur de son trouble. Un trouble qu’il étalera tout au long de ces six mois de purgatoire pour les personnels d’ASUSU. Les bons agents démissionnent en cascade. Ceux qui ont choisi de rester malgré tout sont mis au garage. Des compétences avérées, car ayant fait leurs preuves, sont ainsi nommés chargés de mission. Un poste auquel Amadou Bachir est seul à pouvoir donner un sens.

Le pilotage à vue d’Amadou Bachir exacerbe au plus haut pointactionnaires et partenaires financiers

Le pilotage à vue d’Amadou Bachir a provoqué, dès les premiers pas, dans les rangs des actionnaires et partenaires extérieurs, un sentiment d’inquiétude qui s’est accru progressivement pour devenir, en fin de compte, une angoisse morbide. Ils vont d’ailleurs, selon une source interne à ASUSU, interpeller à maintes reprises l’administrateur provisoire pour lui rappeler ses engagements de leur faire régulièrement le point de l’évolution de sa mission à travers des rencontres. De fait de rencontre, il y en aura pas une seule en six mois. Ce qui a davantage accentué leurs inquiétudes. Que fait, donc, Amadou Bachir à la tête d’ASUSU ? En désespoir de cause, ils vont s’entendre pour saisir le médiateur de la République. Les actionnaires auraient rapporté au médiateur de la République les tâtonnements et le mépris, sinon l’ignorance des principes élémentaires de la gestion financière, dont s’est rendu coupable Amadou Bachir avant de solliciter son intervention dans ce conflit qui les oppose à l’administrateur provisoire. Mais que peut faire maître Ali Sirfi face à un soldat disposant un permis à tout faire ? Il n’y a pas que les actionnaires qui s’inquiètent de ce kamé-kamé d’Amadou Bachir. Des partenaires financiers, et pas des moindres, soucieux de préserver cet outil de lutte contre la pauvreté, ont joint leurs voix à celles des membres du conseil d’administration.

De tout ce qu’il a à faire, Amadou Bachir n’a été capable de faire quoi que ce soit. Même pas le plan de redressement.

Selon notre source, les partenaires financiers sont d’avis avec ces derniers sur toute la ligne. Non seulement ils demanderaient que la période d’administration provisoire ne soit pas prolongée, mais ils sont également d’accord qu’il faudra demander des comptes à l’administrateur provisoire qui se comporte comme un soldat en territoire conquis par les armes. Leur préoccupation reste et demeure, a appris Le Courrier, l’intérêt des épargnants, notamment les petits portefeuilles. Ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui, Amadou Bachir ayant bouclé le délai qui lui était imparti sans le moindre acquis. Toujours selon notre source, un consultant a d’ailleurs séjourné à Niamey en vue d’apprécier, pratiquement à la fin de la mission d’Amadou Bachir, le travail réalisé par celuici en ce qui concerne les chantiers de fiabilisation. Il est reparti, totalement déçu et inquiet de constater que rien n’a été réalisé. Absolument rien !

Ces fortes accusations d’incapacité d’Amadou Bachir à remplir sa mission interviennent à un moment où l’administrateur provisoire a mis en vente l’ensemble des biens d’ASUSU. Véhicules, terrains, immeubles, etc. ont été proposées à des acquisitions privées, interloquant ceux qui ont pensé et soutenu que l’homme a pour mission de redresser l’institution de microfinance. Autant dire qu’Amadou Bachir se trouve désormais dans la nasse des actionnaires et partenaires financiers.

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Laboukoye.

03 novembre  2018
Source : Le Courrier

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