Travaux de la voie express Diori Hamani-centre-ville de Niamey : Le Niger n’aurait pas rempli les conditionnalités liées au décaissement des fonds

Image d'illustrationImage d'illustrationAnnoncé en grandes pompes, le projet de réalisation d’une voix express devant relier l’aéroport Diori Hamani au centre-ville de Niamey, tarde encore à prendre corps. Pourtant, le Président Issoufou a officiellement donné le coup d’envoi des travaux depuis le vendredi 18 mai 2018 pour une durée de 12 mois. À ce jour, soit plus de deux mois après le lancement officiel des travaux, rien ne montre un début d’exécution des travaux . Même l’entreprise tchadienne que l’on dit adjudicataire du démantèlement des rails sur les 9 kilomètres de route concernés n’a pas démarré ses activités. Les rails sont toujours là et le retard est déjà immense. Pour un projet censé être terminé au plus tard en juin 2019, un mois avant le 33e sommet de l’Union africaine, il est pratiquement impossible de rattraper le retard accusé. Les marchés octroyés, généreuse ment, sans appels d’offres, à la SATOM et à l’entreprise tchadienne sont pourtant très intéressants pour qu’elles négligent de remplir leurs cahiers des charges. Pour démanteler les 9 petits kilomètres de rails, de l’aéroport au blue-zone, terminal supposé du chemin de fer, le gouvernement nigérien aurait déposé sur la table quelques trois milliards. Quant à la SATOM, grande gagnante des marchés acquis de gré à gré et abusivement surfacturés, elle tirera plus de 20 milliards de francs CFA de la réalisation des 9 misérables petits kilomètres d’autoroute. Une affaire qui a fait grincer des dents au Niger et qui confirme les pratiques corruptrices de la société française. Car, la même SATOM, ne rate-t-on pas l’occasion de le relever, a construit en 2004 les139 kilomètres de route NiameyDosso, avec tout ce que cela repré- sente comme aspérités, à 11 milliards de francs CFA. La différence, énorme soit-elle, est que la réalisation de la route Niamey-Dosso a été financée par l’Union européenne tandis que la voie express est financée par le gouvernement actuel du Niger. Sur prêt !

Qu’est-ce qui bloque, donc, le dé- marrage des travaux ? Mathématiquement, si la réalisation de la voix express est inscrite dans le cadre de la 33e conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, prévue en juillet 2019 à Niamey, Mahamadou Issoufou peut déjà faire une croix sur ce projet, le retard accusé devant nécessairement s’accroître avec l’étape incontournabledu démantè- lement des rails.

Pour le moment, c’est le statuquo et les Nigériens commencent à s’interroger.

Le Président Issoufou aurait-il été douché par les réformes de l’Union africaine qui ont vidé son projet de son essence ? Il y a plus que cela. Outre qu’il a été littéralement «foudroyé» par la décision de ne plus faire les sommets tels qu’ils se faisaient, Mahamadou Issoufou est bloqué dans la réalisation de son projet pour cause de non-respect des conditionnalités liées au décaissement du prêt contracté auprès des banques concernées. Cofinancé en grande partie par la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), le Fonds pour le développement international (OFID), le projet peine à se réaliser parce que, selon des sources dignes de foi, le gouvernement nigérien n’aurait pas encore rempli les conditionnalités liées à la mise à disposition des fonds.

Laboukoye  

05 août 2018
Source : Le Courrier

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