SIM Aminchi 0range

Floraison de marchés privés à Niamey : des infrastructures commerciales adéquates, mais…

Une vue du marché Dubaï de Niamey Une vue du marché Dubaï de Niamey Les autorités nigériennes ont fait de la promotion du secteur privé, une des priorités du programme de développement national. Le but est de faire du secteur privé nigérien, un levier important pour le développement socioéconomique du pays. Beaucoup de compatriotes ont compris et saisi cette opportunité. C’est pourquoi, le pays enregistre de plus en plus la création et l’ouverture de nouvelles entreprises et sociétés. C’est le cas des marchés privés dans la ville de Niamey. Ces marchés sont dotés d’infrastructures modernes, adéquates et des dispositifs sécuritaires conformes aux normes et standards en la matière. Une belle et excellente opportunité offerte aux nigériens, que beaucoup n’ont pas hésité à saisir.

Mais après quelques années, ces marchés font face à de sérieux problèmes. Les gérants de certains marchés évoquent comme difficultés la non occupation des boutiques par les commerçants et le départ progressif d’autres commerçants qui vident le marché pour non-paiement des frais de location des boutiques.

Au Marché Assalam

Alkassoum Amadou gérant marché As SalamAlkassoum Amadou gérant marché As SalamCréé en 2010 par M. Ibrahim Adamou, le Marché Assalam a une capacité d’environ 500 boutiques. Aujourd’hui plus de 200 boutiques sont fermées, dont certaines depuis 2014, pour manque de locateurs. Depuis 2016, ce marché a été racheté par la ville de Niamey. Mais à cette date la gestion du marché reste toujours dans les mains de son promoteur car, la mairie n’a pas versé l’argent. « On attend que la Mairie verse l’argent et on lui livre le marché. Le processus est en cours. Nous avons reçu la visite de plusieurs responsables de la Mairie, mais jusqu’à présent, il n’y a aucun signe. Si aujourd’hui même on m’annonce le versement de cet argent je cède la gérance à celui que la Mairie aura désigné », a indiqué M. Alkassoum Amadou gérant dudit marché.

Il a indiqué que c’est un marché construit dans le respect de toutes les normes surtout de sécurité. Au début de son ouverture, le marché était bien animé. « Les commerçants se bousculaient même pour avoir des boutiques il n’y en avait pas. Parce que les frais de locations sont très abordables (3000 à 12000 FCFA selon la catégorie de boutiques)», a-t-il souligné.

La devanture du marché As Salam La devanture du marché As Salam Se prononçant sur la désertion du marché par les commerçants, M. Alkassoum Amadou dit ne pas comprendre cette attitude. Il n’y a aucune raison valable. Mais il a indiqué que selon sa compré- hension, les gens préfèrent aller s’installer aux abords des routes sur les territoires.

Aujourd’hui, dans le marché, il y a moins de 100 locataires dont la plupart sont des déguerpis de l’année dernière.

Mais à la question de savoir pourquoi avec même avec le déguerpissement, le marché compte encore des centaines de boutiques fermées, M. Alkassoum Amadou dit encore ne pas connaitre les raisons, alors que d’avance les autorités régionales ont demandé aux proprié- taires des marchés privés d’accorder des facilités d’hébergement à ces commerçants déguerpis, « chose que nous avons fait, mais c’est seulement quelques-uns qui ont accepté de venir », a-t-il précisé. M. Alkassoum Amadou n’a pas manqué de lancer un appel à tous ceux qui sont intéressés par le marché Assalam, de venir il y a des boutiques libres et abordables.

Rabani Syna commerçant au marché AssalamRabani Syna commerçant au marché AssalamSelon certains commerçants les raisons du non-retour des déguerpis sont autres. M. Rabani Syna, un des premiers habitants de ce marché depuis son ouverture, a précisé que les conditions qui ont été fixées ne permettront aux commerçants de venir s’installer dans ce marché. « On a appris qu’il leur a été demandé de payer les arriérés des anciens occupants avant de s’installer. Sur certaines boutiques ces arriérés s’élèvent à150 000 ; 200 000 FCFA voir plus. Et les gens ont renoncé, parce que ce n’est pas normal qu’on demande à quelqu’un de payer une dette qu’il n’a pas contractée », a-t-il dit.

Entre temps, M. Rabani Syna a indiqué qu’il y a des boutiques qui ont connu 5 à 10 locataires en l’espace de moins d’un an. Les raisons, souligne-t-il, sont liées au manque de la clientèle. « Depuis que les commerçants ont commencé à quitter le marché, certaines marchandises se font rares. Un client qui fait deux à trois tours dans un marché sans satisfaction ne reviendra pas pour une quatrième fois. Voilà la situation qui caractérise ce marché », dit M. Rabani Syna.

Il y a des commerçants qui font des semaines sans rien vendre parce qu’il n’y a pas de clients. « Nous, nous avons choisi de rester dans ce marché malgré le manque de clients, parce que nous savons que la place d’un commerçant se trouve dans un marché et non sur la route. Beaucoup de personnes sont venues me proposer des emplacements dans la ville, mais je savais que tôt ou tard, les commerçants qui occupent ces trottoirs seront déguerpis », souligne-t-il. Il a indiqué enfin qu’il y a des commerçants qui prennent des boutiques mais qui ne les occupent pas.

Moustapha Koka, déguerpi installé à As SalamMoustapha Koka, déguerpi installé à As SalamMoustapha Koka un des commerçants victimes du déguerpissement de l’année passée, se réjouit quant à lui de son emplacement dans ce marché Assalam, qu’il trouve impeccable et sécurisé. Lui aussi se plaint du manque de la clientèle, qui selon lui est dû au manque de certaines marchandises dans le marché. Il a lancé un appel au commerçants qui n’ont pas encore trouvé d’emplacement de venir au marché Assalam.

Marché Doubaï

Situé aux abords du grand marché de Niamey, le marché Doubaï a ouvert ses portes en avril 2015. Il a une capacité d’une cinquantaine de boutiques. Ce marché est géré par M. Hamadou Idé. Présentant la situation de son marché, le gérant a indiqué qu’il n’a pas de boutiques non occupées. « Mais, cela ne veut pas dire que nous n’avons pas de problèmes », dit-il.

La principale difficulté, a indiqué M. Hamadou Idé est liée au paiement des frais de location des boutiques. « Nous avons beaucoup de commerçants qui ont des impayés. Certains ont une dizaine de mois d’impayés. On ne peut pas les chasser parce que nous avons pris un engagement avec les autorités, mais aussi, même s’ils sont chassés ils n’ont pas là où aller», déplore M. Hamadou Idé. Il a souligné qu’avant les déguerpissements, le gouverneur de Niamey a réunis tous les promoteurs des marchés privés autour de lui et leur a demandé de trouver de la place pour les commerçants déguerpis. Tous les gérants ont répondu favorablement à cette demande du gouverneur et ont donné des possibilités à ces commerçants pour qu’ils s’installent. M. Hamadou Idé a souligné que si les gérants ne recouvrent pas les frais des locations des boutiques, ils ne seront pas aussi à mesure de payer les impôts et autres taxes à l’Etat. Pour le gérant cette situation, selon certains commerçants, est liée à la mévente ou au manque de clientèle, du fait de la cherté des produits, tributaire des taxes et frais d’exploitation. Face à cette situation, M. Hamadou Idé a lancé un appel à toutes les parties, Etat et commerçants, pour qu’une solution, durable soit trouvée afin de donner des possibilités à l’émergence des activités économiques et commerciales dans le pays.

Hamadou Idé gérant Marché DoubaHamadou Idé gérant du Marché DoubaïM. Hamadou Idé a indiqué que « même si pour des raisons sociales nous ne voulons pas faire partir ceux qui ne sont pas en règle, le promoteur est obligé de le faire et cela conduira à la fermeture du marché. Il n’est pas facile que nous continuons à payer des taxes que nous nous ne percevons pas ».

M. Hamadou Idé a indiqué aussi que ce problème de difficulté à régler les loyers est dû au fait que, certains commerçants ont pris des boutiques qui dépassent leur capacité. Aujourd’hui, ce marché va lui aussi connaitre l’abandon des boutiques.

Le marché Madina

Un nouveau marché qui n’est pas encore ouvert, et le gérant n’a pas voulu se prononcé sur la situation de son marché. Un tour dans le marché nous a permis de constater une forte disponibilité des boutiques mais fermés.

Ce reportage a permis de comprendre que, il y a encore des boutiques dans plusieurs marchés, publics et privés de la capitale. Par conséquent, beaucoup de commerçants et gérants des marchés, trouvent incompréhensible la présence encore des commerçants sur certains trottoirs et certains lieux non réglementaire.
Ali Maman
18 mars 2018
Source : http://lesahel.org/

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