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Comités de vigilance à Dan issa : Une recette contre l’insécurité et le banditisme !

Il y a environ deux ans, la commune rurale de Dan issa était en proie à une vague d’insécurité sans précédent. Cette insécurité était née des mesures drastiques mises en œuvre suite à l’ascension à la magistrature suprême du général Mouhamadou Buhari. Les Etats de Katsina et de Zanfara, voisins de la région de Maradi, ont été particulièrement actifs dans le cadre de cette lutte implacable contre le banditisme et la criminalité. Cela a eu pour conséquence de transporter l’insécurité au Niger. Se sentant traqués jusque dans leurs derniers retranchements, voleurs, trafiquants de drogue, coupeurs de route, bandits de grand chemins et malfrats de tout acabit s’étaient repliés dans les zones frontalières entre le Niger et le Nigéria. La forêt de Babban Rafi dans le département de Madarounfa a constitué une sorte de base avancée à partir de laquelle des vols à mains armées, des rapts souvent meurtriers étaient planifiés et mis en œuvre en direction notamment de la commune de Gabi. Des attaques très sanglantes, voire meurtrières étaient rondement menées contre des opérateurs économiques ou des éleveurs à qui des sommes d’argent ou du cheptel étaient pris sous la menace d’arme à feu.

C’est dans ce contexte que le Niger et le Nigéria, ont mis en place les unités de patrouilles transfrontalières mixtes et le système de partage d’informations entre les éléments des forces de défense et de sécurité des deux pays. Le Niger lui-même n’a pas lésiné sur les moyens pour sécuriser la population, avec des ratissages systématiques et une présence marquée des FDS dans les zones sensibles grâce à la patrouille départementale de Madarounfa.

Malgré ce dispositif de sécurité, des actions sporadiques étaient menées, avec souvent mort d’homme. Pour appuyer les efforts de l’Etat, la commune rurale de Dan Issa a mené une vaste campagne de sensibilisation au niveau des villages pour attirer l’attention de la population sur la nécessité d’une implication citoyenne dans la préservation de la paix et de la sécurité. C’est ainsi que la commune de Dan Issa mis en place des comités de vigilance dont le rôle préventif consiste à empêcher que le forfait soit commis. Ainsi, ces comités sont chargés de détecter toute présence suspecte et surtout d’alerter à temps les autorités pour que des mesures appropriées soient prises dans les plus brefs délais.

Après 15 mois de travail acharné, ces comités ont permis de réduire significativement l’insécurité résiduelle et le banditisme. Le maire, Hamza Garba, se félicite de ce que sa commune soit l’une des toutes premières, sinon la première à obtenir des résultats probants de la création de ces comités comprenant aujourd’hui plus de 160 bénévoles et dont l’action quotidienne a largement contribué à ramener la paix et la quiétude sociale à Dan Issa.

Hélas, conformément au principe de la guerre voulant qu’à une arme corresponde une riposte, les individus mal intentionnés ne manquent pas d’imagination. De plus en plus, ils optent pour la prise d’otage et la demande de rançon. Ainsi, ils ciblent des éleveurs ou de riches commerçants, les enlèvent pour ensuite exiger de leur le paiement d’une rançon. La superficie de la commune, l’inexistence d’infrastructure routière et la proximité du Nigéria constituent des facteurs handicapant l’action des forces de défense et de sécurité. Avec plus de 120 villages, hameaux et campements et aucune piste rurale, la traque des bandits relève véritablement d’un véritable parcours du combattant. C’est la raison pour laquelle le maire Hamza Garba estime indispensable la création de postes avancés et la construction de pistes rurales pour désenclaver les villages et faciliter l’intervention des forces de défense et de sécurité.

Garba Boureyma (Maradi)

10 octobre 2017
Source : La Nation

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