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Alerte vigilance : Le Niger ciblé par une arnaque internationale !

Africard Arnaque NigerDes voyous se tapent copieusement le Niger dans une quasi indifférence. Des voyous d’un nouveau genre, constitués d’entreprises et d’entrepreneurs provenant pour la plupart de pays « riches ». Leur morale commune ? Faire de l’argent sur le dos d’un pays « faible », en jouant sur les artifices juridiques, la naïveté et le manque de patriotisme de ses élites …
Les journaux nigériens et étrangers ont rapporté abondamment, ces derniers temps, que le pays de Mahamadou Issoufou et Hama Amadou perdait des procès à l’international face à des entreprises étrangères. L’une d’entre elles (Africard) a d’ores et déjà réussi à saisir ses biens immobiliers en France et aux états unis et a « immobilisé » une somme de 67.5 millions d’euros qu’AREVA devrait lui verser. Tout cela arrive à un moment où 3 millions de nigériens sont déclarés en « insécurité alimentaire ».

Eldorado pour voyous internationaux

Depuis que ce pays sahélien est déclaré « producteur d’or, de pétrole et d’uranium », il fallait déjà s’attendre à ce qu’il attire des « investisseurs », pas seulement parmi les plus scrupuleux. Le Niger du fait de sa faible ingénierie en matière de transactions commerciales et économiques, attire particulièrement les entreprises et entrepreneurs internationaux les plus indélicats. Les faits le démontrent aisément, tous n’ont pas hésité à abuser de sa confiance.

Leur stratagème est simple. Ils débarquent dans le pays avec des projets mirobolants et flatteurs pour les princes, soudoient des fonctionnaires et autres « conseillers » véreux et se font introduire dans la canopée nationale, d’où ils décrochent des marchés, des permis, voire même des parrainages, sous un maquillage juridique, tout prévu à leur avantage. Après signature du contrat, une seule année suffit pour comprendre leur jeu. Le taux d’exécution du contrat est quasi nul.

Quand en ce moment, le pays constate qu’il est en train d’être arnaqué et qu’il résilie le contrat ou retire le permis, ces « voyous internationaux » qui n’attendent que ce « faux pas », mettent en branle des machines judiciaires nationales et internationales complices et les nigériens, y compris leurs dirigeants, ne peuvent que constater les dégâts… Voici quelques cas d’arnaque parmi les plus emblématiques !

L’Affaire Africard évoquée ci-haut, n’est en réalité que la partie visible de l’iceberg. Le Niger est victime d’une vaste campagne d’escroquerie internationale. Ces entreprises et entrepreneurs voyous ne se contentent pas de dépouiller ce pays pauvre, mais poussent l’outrecuidance jusqu’à l’humilier sur la scène internationale en le trainant de tribunal en tribunal et en opérant des saisies record qui, de loin, dépassent le montant objet du contentieux. Ce qui du reste va impacter violemment son développement et le mieux être de ses populations.

Autre cas d’arnaque flagrant, tout récemment, il y a eu une autre affaire révélée par la presse, de moindre envergure certes, mais assez révélatrice du climat général. Il s’agit de l’affaire Ecofinances relative à l’organisation le 14 janvier dernier, d’un « gala des 100 entreprises du Niger », par le « cabinet Ecofinances » basé à Dakar. Un jeune sénégalais, profitant de « la naïveté » des nigériens, a monté un évènement qui devrait promouvoir les entreprises locales en une seule soirée, moyennant une participation de 20 à 25 millions. Malgré les avertissements de la presse sur ce « mystérieux cabinet », beaucoup d’entreprises, en particulier des entreprises publiques, sont tombées dans l’escarcelle du jeunot…

Cette affaire a éclaté au moment où le Président Issoufou Mahamadou recevait « le Prix Thomas Sankara pour la Renaissance Africaine » par « Le centre Biya pour la paix ». « Une arnaque de trop !» titre Tamtaminfo, un journal nigérien en ligne. Selon ce même journal qui a enquêté autour de cette distinction, « Il n’y a pas de ’Prix Thomas Sankara pour la Renaissance Africaine » et le fameux ’Centre Biya pour la paix’’ est une création sordide d’un journaliste free lance camerounais, un certain Wilson, pour se faire un peu de sous sur le dos des Etats pas très regardant sur la qualité de ceux qui donnent la distinction ».

Avant toutes ces affaires, il y a eu l’Affaire Wallgates. « Un projet réfléchi pour escroquer les Nigériens », note Le Courrier un autre journal nigérien très porté vers l’investigation. Ici ce sont quelques 4 800 millions de CFA que l’état du Niger a déboursé à cette société opérant dans la régulation et la facturation téléphonique à la suite d’un contentieux judiciaire autour duquel les nigériens ne comprennent toujours rien. Dans la même affaire, « Un Libanais drible la SONITEL : plus de 1,7 milliard de manque à gagner » titre Le Témoin N° 542 du 11 septembre 2015. L’état nigérien condamné par une juridiction ouest africaine, devrait accepter qu’un libanais actionnaire de Wallgates se fasse directement servir dans les redevances dues à la SONITEL par AIRTEL….

Auparavant, ce pays martyrisé a été victime de plusieurs saignées encore plus dévastatrices dont certaines ont laissé des traces indélébiles sur son environnement. C’est le cas notamment de l’affaire de la construction du Barrage de Kandadji confiée à la société russe zarubezhvodstroy (ZVS). Une société qui a corrompu une partie de la junte militaire au pouvoir en 2011, pour décrocher le marché et mettre le grappin sur une avance de démarrage disponible de 14 milliards 956 millions de CFA. Après deux ans de travaux, ZVS n’était qu’à 6% de l’exécution du contrat et l’entreprise russe donnait tous les signes de son incapacité à poursuivre les travaux. L’audit diligenté par le gouvernement nigérien en 2013 a prouvé que, en tout et pour tout, ZVS n’a investi que 4 578 millions. Ici, la société russe s’en est tirée avec 10 milliards de CFA et brisé le rêve de tout un peuple.

Areva, Bolloré, CNPC, …

Et que dire d’Areva, de Bolloré, CNPC et de plein d’autres entreprises venues faire fortune dans le pays le plus pauvre du monde !

S’agissant d’AREVA, outre les exonérations de plusieurs milliards qu’elle a imposé au Niger, outre les fraudes sur les quantités d’uranium exploitées dans ce pays pendant 40 ans, AREVA vient de se signaler récemment dans une salle opération de « trading » où l’honneur du Niger a été versé sur la place publique, en l’associant dans une affaire de 200 milliards versés dans un compte de la Société du Patrimoine Minier (SOPAMIN) logé à … Dubaï !?!? Du reste, les principaux protagonistes de cette rocambolesque affaire sont tous des voyous, dont ce libanais (encore un !) Georges Hawa, promoteur de la société OPTIMA ENERGY recherché par les polices de beaucoup de pays. Dans cette affaire apprend-on de l’aveu même du ministre des finances Hassoumi Massaoudou, le Niger s’en est tiré simplement avec 800 millions soit 0.5% de la transaction, en lieu et place de 10% comme admis dans les transactions frauduleuses.

Un autre « voyou » français est dans le sillage d’AREVA. Il s’agit du glouton Bolloré. Celui-ci, après plusieurs gymnastiques corruptives, est parvenu vendre son projet de « boucle ferroviaire » à trois pays (Bénin, Niger, Burkina), mais c’était en réalité un stratagème pour mettre la main sur les secteurs les plus prometteurs de leurs économies (Gestion portuaire, transport ferroviaire, Transit et gestion des magasins sous douanes). Les béninois beaucoup plus alertes, ont réussi à contrer les plans de l’envahissant Bolloré. Le segment nigérien de son plan, par contre, marche à merveille, car il a réussi à faire main basse sur la gestion des magasins sous douanes du Niger, pour avoir construit une petite ligne de chemin de fer entre Dosso et Niamey qu’aucun train n’empruntera à brèves échéances.

Pour dire la vérité, le Niger est une passoire et tout le monde se sert le mieux qu’il peut. Les chinois partisans du « gagnant-gagnant » ne sont pas en reste. Depuis que EXIMBANK a ouvert ses guichets aux responsables nigériens, les sociétés chinoises ont littéralement investit le marché nigérien, en particulier celui des BTP et des routes. Leur spécialité, c’est la surfacturation. Quasiment tous les marchés chinois sont surfacturés. C’était le cas avec la raffinerie de Zinder, mais c’est également le cas avec les échangeurs de Niamey et les infrastructures de Maradi Kolliya. Aujourd’hui, c’est autour d’un autre « géant chinois », HUAWEI, d’emménager dans le pays le plus pauvre du monde….

Main basse sur le Niger ?

Devant l’apathie des nigériens, leur révoltante naïveté et leur absence de patriotisme, l’arnaque prend aujourd’hui une tournure plus dramatique. L’installation des bases militaires des pays les plus riches (USA, France, Allemagne et bientôt Belgique et Espagne) du monde sur le sol du pays le plus pauvre de la planète, est la preuve que les nigériens ne sont pas encore conscients de ce qui se passe chez eux. En principe, si ce n’est que pour la sécurité du Niger, un seul pays, en coordination avec une armée nigérienne reconnue très aguerrie, pourrait faire le job sans coup férir.

Mais dans le cas présent, où les soldats nigériens sont tués chaque jour comme des poulets alors que les plus grandes puissances sont là pour les protéger, pour de nombreux observateurs nigériens et africains, l’on est ici bel et bien en face d’un scénario où une meute d’hyènes se propose de « sécuriser » un troupeau de chèvres. Car, le Sahel et le sous sol nigérien en particulier, c’est connu des occidentaux, regorgent des ressources « minières stratégiques » parmi les plus importantes au monde. Outre l’or et l’argent que les orpailleurs récoltent à ciel ouvert, il s’agit notamment du gallium, du dysprosium, du niobium ou encore du zirconium. L’avenir économique et technologique du monde va se jouer dans cette partie du monde longtemps restée « cachée ».

Ainsi, pour une large partie des nigériens, les différentes attaques dont leur pays est victime autour de ses frontières, ne sont rien d’autre qu’une opération de harcèlement destinée à faire accepter « objectivement » l’installation des bases étrangères sur leur territoire. Les déguerpissements des sites d’orpaillage dans le nord du pays, dans la foulée de l’installation des bases militaires étrangères, ont quant eux fini par les convaincre qu’une opération de main basse sur les ressources minières de leur pays, est belle et bien en vigueur. Les sites déguerpis correspondent parfaitement aux endroits « convoités » par les français et les américains pour installer leurs « bases logistiques ». D’ores et déjà, plusieurs sources anonymes signalent l’exploitation de l’or nigérien et d’autres métaux précieux, par les soldats français de la base Barkhane stationnés autour de la « passe d’Orida » dans le Djado… Le plus scandaleux dans tout ça, c’est que ces pays se sont installés au Niger sans qu’officiellement, ils l’aient dédommagé.

Combien le Niger a-t-il perdu et va-t-il perdre dans cette vague d’escroquerie le concernant ? Des centaines de milliards, peut-être même, des milliers de milliards de CFA. Des ressources qui auraient permis de financer son système éducatif en pleine convulsion, d’équiper son armée décimée par des « terroristes » et de faire face aux conséquences de la sécheresse qui frappe durement le pays cette année.

Il est bien évident que toute cette vague d’arnaque et d’escroquerie a été mise en place avec des nigériens, souvent bien placés. Des nigériens complices qu’on peut classer en trois catégories : Ceux qui ne comprennent rien et qui ne font que faire des affaires ; ceux qui sont conscients de leur complicité et qui s’en foutent ; ceux qui comprennent ce qui se passe et se taisent… bruyamment !

El Kaougé Mahamane Lawaly

12 mars 2017
Source : Le Souffle Maradi.

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