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Gestion des communes : L’heure des comptes

Hotel de ville NiameyLa révocation du Maire central de Niamey, Assane Seydou pour laxisme et fautes de gestion relance le débat sur la décentralisation, notamment les problèmes qui assaillent les collectivités décentralisées. Faut-il laisser les conseils municipaux aux affaires ou bien s’en débarrasser ?

Les prochains jours seront difficiles pour les maires encore en fonction. Bien plus pour les conseils municipaux dont les destins sont désormais accrochés au projet de décret modifiant et complétant le décret n°2012-582/PRN/MISPD/AR du 28 décembre 2012 adopté en Conseil des Ministres le 20 juillet dernier. Ira-t-on tout de suite vers la dissolution de tous les conseils municipaux ou bien les choses se feront par vagues ? L’un dans l’autre, une chose est sûre, les jours des conseils municipaux sont comptés. « C’est le déclenchement du compte à rebours », susurre-t-on un peu partout. Selon plusieurs sources, des rapports d’inspections déposés au Ministère de l’Intérieur accableraient la gestion de l’écrasante majorité des conseils municipaux. Détournements des ressources des collectivités, endettement, favoritisme, népotisme, etc. sont, entre autres griefs relevés. Des manquements et insuffisances relevés dans les conclusions du dernier rapport de la Cour des Comptes transmis aux plus hautes autorités.

De leur mise en place à aujourd’hui, plusieurs dizaines de conseils municipaux ont été secoués par des crises internes manifestées à travers plusieurs motions de défiance. Que faut-il faire pour améliorer la gestion des collectivités territoriales qui s’est révélée désastreuse à l’épreuve du temps ? Est-ce un problème de la qualité des hommes et des femmes ou celui des textes régissant lesdites collectivités ? D’après un expert en décentralisation, il y a les deux à la fois et ils sont intimement liés. D’où l’impérieuse nécessité pour le législateur de revoir le ‘’précieux’’ code des collectivités territoriales afin d’en extraire les incohérences et d’introduire des dispositions pertinentes. On se souvient qu’au lendemain de la révocation du prédécesseur du Maire central récemment mis à la porte, des recommandations ont été formulées par l’Assemblée nationale dans ce sens.

Pour de nombreux observateurs, la prolongation des mandats des conseils municipaux n’est pas étrangère au laxisme constaté dans la gestion des collectivités territoriales. Dès lors qu’ils sont hors mandat, ils ne sont plus assujettis à l’obligation de résultats, le contrat étant rompu avec les électeurs qui les ont choisis pour conduire la destinée de leurs entités.

Oumarou Kané

28 juillet 2017
Source : La Nation

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