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Au bord du fleuve à Tillabéri : Un carrefour d’activités commerciales et de prestation de services divers

Tillabéri, «la capitale du fleuve», chef de lieu de région du même nom est à un peu plus de 110 km à l’Ouest Niamey. C’est l’une des régions touchées par l’insécurité dans sa zone nord, alors que l’autre partie des populations s’adonne courageusement aux activités qui sont les siennes. Le marché de la commune est un véritable point de rencontres entre divers groupes socioprofessionnels. Les nomades de la zone nord, les pêcheurs Sorko et les agriculteurs de la zone du fleuve, les commerçants issus de différentes régions du pays et même ceux venus de pays voisins s’y retrouvent deux fois par semaine, même si le dimanche est le principal jour du marché. Au bord du fleuve où les pirogues déchargent personnes et marchandises, tout comme dans le marché proprement dit, on a à voir et à découvrir. Dans les campagnes, les paysans labourent leurs champs avec l’espoir d’une bonne saison.

Tillabéri est l’une des régions du Niger qui est traversée par le fleuve Niger. D’où cette appellation de «capitale du fleuve» qu’on colle à la ville de Tillaberi. Ce fleuve, certainement la plus grande ressource en eau du Niger joue un rôle éminemment important aussi bien pour les besoins en eau des populations que pour la production et la commercialisation du poisson. Les différentes gares de la traversée du fleuve sont extrêmement animées, devenant ainsi une sorte de plateforme d’échanges. Bref, ce sont des carrefours ou se développent plusieurs activités commerciales et des petites prestations de services liées à l’écaillage du poisson; le décorticage du riz et la traversée du fleuve qui est accomplie par des piroguiers visiblement rompus à la tâche. Le service d’écaillage de poissons est exécuté par des femmes. Non loin d’elle un jeune homme, Salifou Halidou sous son hangar de fortune est en train de monter une pirogue commandée par quelqu’un.

Il est 9h 25 mn ce samedi 1er juillet 2017 au bord du fleuve à Tillabéry. Nous sommes précisément au point de la traversée du fleuve pour aller à Gariye, un petit village insulaire à quelques coups de pagaies de Tillabéry. Les premières femmes revendeuses de poisson qui se rendent quotidiennement dans les villages insulaires pour acheter du poisson auprès des pécheurs (appelés en langue Zarma « les Sorkos » arrivent au compte-goutte à bord de petites pirogues. Quand aux femmes qui s’occupent du tamisage pour séparer le son des grains du riz, elles sont déjà en pleine activité dans les espaces qui leur sont réservés. Le décorticage est effectué au moyen d’un moulin à grain installé sur place, et ce travail occupe les femmes toute la journée. L’ambiance est tout simplement agréable au bord du fleuve en cette matinée du 1er juillet.

Assise sur son tabouret, Mme Idrissa Zara est une vendeuse de poisson. Elle exerce cette activité depuis belle lurette. Parmi les activités génératrices de revenus des femmes de la capitale du fleuve, la filière vente de poisson occupe une place prépondérante. Cette filière est d’ailleurs devenue au fil des années un véritable pôle d’attraction. Selon Mme Idrissa Zara, chaque vendeuse trouve son compte parce qu’il y a une forte demande de poisson sur le marché. Cependant, avec la saison des pluies, les prises de poissons ne sont pas importantes. « Nous partons le matin de bonne heure, précisément vers 6h 30mn dans les iles environnantes de Tillabéry telles que Neni ; Yalwani ; Kotcho-koira etc. pour acheter du poisson et revenir le revendre. Nous arrivons à écouler les 30 à 40 kg de poisson que nous collectons chez les pêcheurs. La vente se fait par kilogramme et le prix dépend du type de poisson. À travers cette activité, nous parvenons tant bien que mal à subvenir à nos besoins personnels et à ceux des autres membres de la famille. Nous n’avons aucun problème avec les services de l’environnement parce que nous respectons à la lettre les règles en la matière. Nous nous acquittons régulièrement de la patente», a expliqué Mme Idrissa Zara.

Quant à Mme Issoufou Zeinabou, elle s’occupe exclusivement de la prestation de services liés à l’écaillage de poisson pour les clients qui viennent acheter du poisson. Ce jour là, le business de Zeinabou semble bien marcher comme en témoigne le sourire à ses lèvres. « Vraiment aujourd’hui le poisson a mordu au hameçon parce que j’ai empoché 5000 francs CFA en l’espace de 3 heures de temps. Plus les vendeuses de poisson écoulent leur produit, plus nos prestations de service marchent. Le prix de cette prestation varie en fonction du nombre de kilogramme de poissons à écailler. Au-delà de 5 kg de poissons, la prestation de service est fixée entre 750 et 1000F.

Non loin des vendeuses de poisson, on aperçoit un groupe de femmes en pleine activité. Munies de leur calebasse, elles séparent les grains de riz et du son après le décorticage. Ce dernier est fait à l’aide d’un moulin à grain. L’activité est visiblement pénible car elle demande à ces femmes d’être souvent debout et tantôt accroupies. Mme Adouwaye Nainori exerce le décorticage et la confection des nattes à base des feuilles de palmier doum depuis qu’elle était jeune. Malgré le poids de l’âge, elle est rapide dans la confection de natte. « Cette rapidité est acquise avec l’expérience. À l’époque où je me sentais en forme, trois ou quatre jours suffisent pour confectionner une natte. Maintenant, la vieillesse a freiné mon élan. Je vends la natte à 1.250F. L’essentiel pour moi, c’est d’avoir de quoi acheter de la cola et quelque chose pour mes petits fils au retour », dit Mme Nainori.

Le montage ou confection d’une pirogue simple

Pour ceux qui vivent dans les villages insulaires, la valeur d’une pirogue équivaut à celle d’un âne ou un chameau en zone nomade. La raison est toute simple. Dans une ile, la pirogue est le premier moyen de déplacement. Une pirogue est faite à base des planches rouges et des pointes pour assurer la liaison. La matière première est importée du Nigeria, mais le montage est fait localement. M. Salifou Halidou a appris la confection de pirogue depuis sa tendre enfance à côté de son père. Agé de 35 ans, il est aujourd’hui fier de cet héritage que son père lui a légué. « Nous sommes au nombre de 11 enfants, seuls trois parmi nous savent monter une pirogue. Le montage peut se faire par une seule personne, tout comme on peut être aidé par deux ou trois personnes. Trois ou quatre jours suffisent pour finir le montage à condition que tout le matériel soit disponible. La pirogue que je suis en train de monter appartient à un de mes patrons qui me confie régulièrement le boulot. Le montage est une application de la géométrie. J’ai abandonné l’école au niveau primaire. Mais le peu de connaissances que j’ai acquises m’aide à prendre les mesures. C’est dans ce travail que j’arrive à nourrir ma famille. Le montage d’une pirogue simple coûte 7000F, tandis que la pirogue à moteur est réalisée sur la base d’un contrat pour un montant de 150.000F. Il revient au propriétaire de fournir un monteur et tout le matériel nécessaire », a expliqué le jeune "technicien" en montage de pirogue.

l Hassane Daouda,
Envoyé Spécial(onep)

25 juillet 2017
Source : http://lesahel.org/

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