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Fermeture des comptes des entités publiques dans les banques commerciales : Une mesure inopportune et propice à un plus grand désastre financier

Dans Une correspondance datée du 27 juin 2017, le ministre de l’Etat a signifié à ses collè- gues ministres que leurs départements ministériels doivent procéder à la fermeture de leurs comptes à soldes créditeurs ou nuls auprès des banques commerciales, au plus tard le 31 juillet 2017 et ne pourront plus disposer de comptes de cette nature, conformément à la règlementation en vigueur. Il s’agirait, paraît-il de tous les comptes ouverts par les ministères, les institutions de la Ré- publique et les organismes publics dans les banques commerciales. Le projet, décrié déjà de toutes parts, s’inscrirait dans le cadre du Compte unique du Trésor (CUT), tel que convenu entre l’Etat du Niger et la Bceao, dans le cadre d’une convention signée en décembre 2016. Mais le Hic, c’est que la mesure intervient dans un contexte financier très critique pour l’Etat du Niger qui peine, depuis des mois, à faire face à ses charges de souveraineté. La mise en œuvre d’une telle mesure accentuerait forcément la morosité financière ambiante et créerait nécessairement des disfonctionnements internes au circuit financier qui manquerait inévitablement de fluidité.

La mainmise de l’Etat central sur l’ensemble des comptes des ministères, des institutions de la République et des organismes publicsparaît pour beaucoup d’observateurs comme une manœuvre visant à puiser dans les comptes des sociétés (déjà mal en point) et projets rattachés aux ministères sectoriels. En outre, la mesure aurait, selon un financier, de graves ré- percussions sur le réseau financier national, les banques commerciales pouvant être durablement affectées par une perte directe de fonds importants. D’ores et déjà, certains ministères ont commencé à appliquer la directive. Quant aux projets financés par des organismes internationaux tel que le Pnud, on attend de voir s’ils accepteraient cette mesure de Hassoumi Massoudou,un homme public dont ils ont connaissance des actes au sommet de l’Etat, notamment dans le cadre de l’uraniumgate et de l’achat de l’avion présidentiel. Pour le moment, on attend de connaître la réaction des organismes internationaux qui connaissent, mieux que quiconque, la situation financière désastreuse de l’Etat du Niger. Et puis, entre nous, la directive de la Bceao à propos du compte unique concerne-t-elle vraiment les projets et sociétés ou plutôt la multiplicité des comptes créés pour le compte de l’Etat central ?

Bouba Alfari

20 juillet 2017
Source : Le Courrier

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Economie