Tresse traditionnelle

Tresse traditionnelle au NigerLa tresse traditionnelle a longtemps été un des métiers les plus reconnus à la femme nigérienne. De nos jours, ce vieux métier tend à disparaitre, suite à l'avènement des salons de coiffures. En effet, les jeunes filles, particulièrement, ont tendance à préférer se faire tresser dans les salons de coiffure, pour des soins capillaires avec, très souvent, des produits chimiques importés au détriment des produits naturels.

La tresse traditionnelle a aussi des modèles de coiffure variés. On peut citer, entre autres, le " kamba-guiné", le " kamba-banda", le "manguaizé", le "porte-mentaux", le "cramasse". Les tresses sont souvent ornées de perles, de cauris, de boutons ou de pièces d’argent et d’or. Maimouna Dèmbelé, une mère de 5 enfants, âgée de 73 ans, était une tresseuse traditionnelle. Après une expérience de près de 23 ans, elle prit sa retraite en 2008. A son époque où la concurrence que posent les salons de coiffure n’était pas tellement rude, à Niamey, Maimouna tirait aisément son épingle du jeu. "J’arrivais à avoir jusqu'à trois clientes par jour. C'est à l'occasion des grands événements comme le Ramadan, la Tabaski ou la rentrée académique que je tressais jusqu'à 5 personnes", se souvient-elle. Selon elle, beaucoup étaient très attachées à la tresse traditionnelle, pendant que d'autres commencèrent à alterner avec la "mode" des salons de coiffure.

Maimouna tressait, au début, seulement des enfants. C'est progressivement qu'elle a appris à tresser les adultes, jusqu'à en faire un métier. A propos des difficultés récurrentes, elle dit que certaines clientes ne paient pas bien. Jusqu'aujourd'hui, elle estime que les valeurs de la tresse traditionnelle demeurent. Raison pour laquelle Maimouna invite les jeunes filles, déscolarisées en particulier, à porter de l'intérêt au métier qui contribue d'autre part à la conservation des valeurs culturelles.

Samira Ibrahim Mamane, jeune étudiante nigérienne âgée de 22 ans, était en classe de seconde quand elle avait commencé à tresser ses proches. Ses motivations viennent du fort attachement de sa famille à la tresse traditionnelle. Selon elle, à l'occasion des grands événements, certaines n'arrivaient guère à se faire tresser. Ainsi, elle a saisi l'opportunité et a commencé, tant bien que mal, par ses amies et sœurs. "Lors des fêtes, je peux tresser 5 à 6 enfants dans la journée et leur mettre des perles ; je ne fixe pas de prix aux clientes parce que le gain pour moi est la bénédiction de Dieu", a-t-elle dit.

Les tresseuses traditionnelles sont aussi, généralement, douées pour l'entretien des cheveux. Selon Ramatoulaye Sani, il s'agit d'abord du lavage des cheveux avec "Ganda-Foy", puis du rinçage avec l'eau tiède; et enfin d’un bain d'huile à base de beurre de karité réhydratant, de beurre à base de lait de vache (Haw-Gui), de l’huile de coco, l'huile d'olive (Zeitoun) ou l’huile de ricin. "Ce qui protège efficacement les cheveux tout en conservant l'éclat de la couleur", a-t-elle soutenu.

Rahama Siradja - Youhanatou Abdoulaye Mossi (stagiaires)

19 avri 2019
Source : http://www.lesahel.org/

Imprimer E-mail

Culture