Patrimoine immatériel de l’humanité en musique : L’Inzad, une vielle monocorde traditionnelle commune à préserver

Inzad-Agadez-Culture-Niger.jpgL'Inzad, élément culturel commun à plusieurs pays de la bande sahélienne, dont l’Algérie, le Mali ou le Niger, est une vielle monocorde traditionnelle de la musique Touareg et nomade du Sahara.

Cet ancien instrument traditionnel est un patrimoine immatériel de l’humanité, symbole de la culture des nomades. Sa sauvegarde s’impose comme une mission pour les générations présentes et futures afin de permettre à l’histoire des cultures de poursuivre son vaste chemin au Niger et dans tout le Sahara, où l’instrument tient son originalité. Ainsi, l’originalité du monde touareg apparaît à travers le rituel de l’exécution de cet instrument, puisque ce sont les femmes à qui échoient l’honneur de le jouer, généralement assises, pour accompagner en musique les chants et les poèmes que les hommes sont chargés de déclamer. Si l’instrument en lui-même fait partie intégrante du patrimoine matériel, il n’en demeure pas moins que c’est la face cachée de l’iceberg. C’est tout le patrimoine immatériel et notamment le matriarcat qui se dissimule derrière.

Symbole de l’hospitalité propre à sa terre de naissance, l’Inzad est l’âme de la culture touarègue et le socle de son identité. Il est le témoignage d’un savoir-faire artisanal et ancestral qui se transmet de mère en fille depuis des générations. Il est essentiellement joué assis, par les femmes. La musique de l’Inzad, accompagnée de chants poétiques joue un rôle important dans la consolidation de la communauté touarègue et assure plusieurs autres fonctions. Il est l’instrument de communication et d’éducation à travers ses poèmes qui véhiculent le courage, la sagesse ou encore la droiture. Le respect de la musique de l’Inzad est sacré. Á cet effet, le chercheur algérien, Nouredine Benabdellah, indique que « Le jeu de l’Inzad est un cérémonial sérieux, ce n’est pas un amusement ».

Compte tenu de son rôle inestimable, notamment au sein de la communauté touarègue, plusieurs organisations dont l’association Sauver l’Inzad, l’Association pour la Culture, la Liberté et l’Instruction et l’Association pour un Développement Durable et solidaire et des personnes ressources œuvrant dans le cadre de la préservation des traditions musicales se sont battus ardemment pour inscrire la vieille monocorde traditionnelle au Patrimoine universel de l’UNESCO.

Ainsi, des experts nigériens, algériens et maliens se sont maintes fois rencontrés pour le même projet et prouver à l’UNESCO, que l’Inzad est patrimoine culturel immatériel de l’humanité à sauvegarder en l’inscrivant dans son patrimoine.

Dans le cadre de la perpétuation et aussi en vu de la pérennisation de ce patrimoine immatériel, plusieurs colloques, rencontres internationales et des concerts sur l’Inzad ont été organisés à travers le monde. Ces rencontres visent à rallier la communauté internationale, à savoir les hommes politiques, les scientifiques et les artistes à soutenir la sauvegarde de cet instrument traditionnel symbole, pour combien important dans la richesse des instruments culturels africains.

Dans le même cadre, face à la menace de disparition qui pèse sur cet instrument, plusieurs organismes nationaux et internationaux se battent pour que l’Inzad continue encore à illuminer les cœurs de toute une communauté, voire toute la planète. C’est ainsi que plusieurs centres de formation ont vu le jour de par le monde. Au Niger, afin de permettre la promotion de l'Inzad auprès des jeunes filles, Abdallah ag Oumbadougou, avec son association Takrist n'Tada, a ouvert des centres de formation à Arlit et Agadez. Pour sa part, l'association Sauver l'Inzad, en plus des écoles, organise divers évènements et des rencontres scientifiques internationales autour de l’existence menacée de cet instrument. C’est dans ce même cadre que notre confrère d’Aïr-Info, Ibrahim Manzo Diallo, a révélé l’importance de cet instrument traditionnel dans l’affirmation de la culture touarègue, dans un ouvrage de 150 pages intitulé INZAD ou le destin de Ghaïsha, paru sous les presses de Afrique Lecture – Niger, en 2014 et préfacé par le Premier ministre du Niger, Brigi Rafini.

1er novembre  2018
Source : L'Evènement

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