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"Les gens ne lisent plus au Niger"

Jeunesse NigerLe constat est amer. Les gens ne lisent plus au Niger. Et là où le bât blesse est que même les scolaires ont perdu cette habitude. Qu’ils soient lycéens ou Universitaires, il suffit de faire un tour dans les centres culturels pour se rendre compte, que les livres sortent à compte-goutte. Rien d’étonnant que les jeunes scolarisés s’expriment très mal en français.

Dans une enquête récente, il nous a été rapporté que dans les centres de lecture, ce sont les journaux en premier, notamment les périodiques étrangers, qui recueillent la faveur du public. Puis viennent, en ce qui concerne des lecteurs plus jeunes, les bandes dessinées. Quant aux universitaires, y compris ceux qui font de la recherche, ils se contentent souvent de photocopier des pages utiles.

Nous avons découvert avec stupeur qu’ils sont peu nombreux les Etudiants inscrits en lettres modernes qui, au cours des trois années de bachelor ou licence, ne lisent pas plus de deux livres en entier ! Les enseignants sont si conscients de cette lacune qu’ils se chargent de leur distribuer des polycopiés, extraits de livres.

Notre enquête sur le terrain a mis en exergue quelques obstacles majeurs qui expliquent cette incurie. :

LA PASSION DE LA VIDEO ET DES TELEVISIONS A PEAGE

Il faut voir la vitesse incroyable avec laquelle les bouquets télévisuels se sont répandus au Niger ; invasion qui se conjugue avec une baisse drastique des coûts d’installation et d’abonnement, pour se rendre compte qu’un public de plus en plus nombreux, constitué en majorité de jeunes consacrent un temps fou à s’asseoir devant le petit écran, et cela au détriment d’autres loisirs comme la lecture. Si encore les émissions culturelles qui peuvent être en l’occurrence un dérivatif, étaient les plus prisées ! Au contraire, les téléspectateurs sont en grande majorité friands surtout des télénovelas ou des productions de séries de qualité discutables made in Nigeria.

Il faut dire qu’en raison de leur coût bas, ces productions de qualité médiocres culturellement aliénant ont envahi les networks au détriment des productions africaines en nombre très insuffisant.

Sans que cela soit un phénomène très répandu, l’attrait pour des spectacles licencieux (films ou vidéos à caractère pornographique) sont très regardés par certaines personnes de générations différentes. Une passion au détriment de la lecture qui moins abrutissante.

LES MORDUS D’INTERNET

C’est vrai que le taux de pénétration des nouvelles technologies de l’information et de la communication dans les pays africains est impressionnant. . Mais peu d’études sont consacrées à la valeur ajoutée de ce taux de cette pénétration. En d’autres termes, est ce que ce phénomène contribue au développement de notre pays en permettant l’accès à des connaissances émulatrices ?

LES ABONNES DES FADAS

Une habitude propre à beaucoup de pays africains dont le nôtre et qui est la propension des jeunes à se réunir entre des heures durant pour s’adonner à des causeries interminables ou des jeux de société comme la belote quand tout simplement, à côté du thé que l’on boit à profusion on ne fume pas du narguilé !

Ces fadas qui, traditionnellement étaient conçues comme des sphères de sociabilité et de solidarité, sont devenues, des centres de perdition pour certains jeunes. Quoiqu’il en soit, quand on veille jusqu’à des heures indues pour s’adonner à d’interminables causeries, il est évident que l’on ne peut consacrer du temps à la lecture.

COMMENT INCITER A LA LECTURE ?

Bien entendu, il ne suffit pas de constater que les gens lisent moins. Il faut songer à corriger de choses. Sans être exhaustifs, plusieurs solutions sautent aux yeux

  1. Multiplier les centres de lecture

En mettant notamment à contribution les différentes maisons de jeunes qu’il faut réhabiliter et équiper en conséquence. Pour inciter leur fréquentation il faut organiser des activités incitatrices comme des concours de lecture ou de contes etc…

  1. Revaloriser le théâtre et le conte

En effet, le théâtre est un bon moyen d’incitation à la lecture car il repose sur des textes écrits d’auteurs souvent connus. La génération actuelle ignore la richesse des anciens contes qui maintenaient les enfants éveillés devant le feu de bois et qui éveillait leur curiosité à la lecture.

  1. Mettre dans le curricula des étudiants en lettres modernes la lecture d’ouvrages de base.

C’est tout de même inadmissible que des professeurs de lettres de lycée n’aient pas lu entièrement des ouvrages de base de la littérature africaine. Pour inciter leurs élèves à la lecture il faudrait qu’eux mêmes aient un bagage intellectuel suffisant de lecture !

D’autres recettes existent. Peut-être qu’en organisant une table-ronde ou un séminaire sur le sujet, on pourrait faire avancer les choses de manière significative.

Ibricheick

 28 juillet 2017
Source : La Nation

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