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jeudi, 25 septembre 2014 13:03

A la découverte du canton de Kirtachi : Histoire, Culture et Développement d'un Canton

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Kirtachi NigerEntretienavec le chef de canton de Kirtachi : HONORABLE AMIROU ISSOUFOU MOUMOUNI

Situé dans le département de Kollo, la ville de Kirtachi chef lieu dudit canton est Situé à environ 70 Km de Niamey.

Malgré Sa position géographique idéale dans la zone soudano-sahélienne très proche du Burkina Faso et du Benin, en dépit de ses immenses potentialités économiques et touristiques, le Niger et le Benin, le canton de Karachi est très peu connu des nigériens. Le canton compte vingt-huit (28) villages administratifs et trente hameaux. Au niveau des services administratifs outre la mairie, il existe un santé intégré (C.S.I), un secteur pédagogique, un Collège d’Enseignement Général(C.E.G), et les service les services d’élevage, d’agriculture et d’environnement. C’est entouré de ses notables que l’honorable chef de canton a accepté de s’entrenuira avec une équipe du journal Seeda qui a fait le déplacement pour découvrir et partager avec nos lecteurs, l’histoire et l’évolution socio- économique et culturel de ce canton.

AMIROU ISSOUFOU MOUMOUNISEEDA : Honorable Amirou merci d’avoir accepté de nous recevoir dans ton palais à Kirtachi. Avant d’aborder l’histoire des population pouvez-vous nous dire depuis quand avez-vous été élu chef de canton de Kirtachi ?

AMIROU KIRTACHI : Cette année (2014) cela fait 37 ans ; c’est-à-dire depuis 1977 à l’époque du président Seyni Kountché.

 

SEEDA: Lorsqu’on parle de Kirtachi, il est difficile de ne pas évoquer une des principales attractions des commerçants de Niamey : les marché quels sont les principaux marchés du canton ?

AMIROU KIRTACHI Notre principal marché est celui de Guéimé qui a une grande renommée nationale et internationale. Des pays voisins comme le Burkina –Faso, le Bénin et le Nigéria viennent l’animer et l’alimenter en divers produits. Ce marché est approvisionné par de grandes pirogues chargées surtout en céréales en (mil, maïs, riz…) et en gros bétail et petits ruminants. En plus de tout cela, il faut aussi noter l’approvisionnement en poisson frais et fumé de toutes espèces. Le marché de Guémé constitue de ce fait une attraction pour les touristes.

 

SEEDA : Que signifie le mot Kirtachci utilisé pour désignerez le village et le canton ?

AMIROU KIRTACHI : Kirtachi signifie Curo (les pintades, les oiseaux) Tasi (la terre ou le sable) c’est à dire la « Terre des oiseaux » ; l’endroit où vivent les oiseaux , devenu avec le temps Kirtachi.

 

SEEDA : A quand remonte la création de la chefferie et quels sont les différents chefs qui se sont succédé ?

AMIROU KIRTACHI : Notre communauté coutumière remonte vers 1799. Le village a été crée par un certain AFODA KALLAM. Il a régné durant 33 ans. Son fils Boubacar AFODA le succéda et régna 40ans. Après son frère Boureima AFODA le succéda et ne régna que durant 14 ans. Son fils Dioffo BOUREIMA le succéda et a fait 25 ans de règne. Hamma DIOFFO succéda son père et ne régna que durant 04 ans. Son frère chaibou DIOFFO le succéda et régna durant 37 ans. Moumouni DIOFFO le succéda et a fait 12 ans au trône. Son fils Abdoulaye le succéda et a régné 06 ans. J’ai succédé Abdoulaye et actuellement j’ai 37 ans de règne.

 

SEEDA : Quelle est l’origine des populations qui ont fondé Kirtachi et quelles furent leurs différentes vagues de migrations ?

AMIROU KIRTACHI : Nos ancêtres sont originaires de la ville de Dosso des Zarma - Kalley du quartier Oudounkoukou de Dosso. Suite à des dissensions de chefferie nos ancêtres avaient quitté Dosso pour N’guidey leur hameau de culture. De là, commença la vague de migration. Ainsi de N’guidey nos ancêtres ont séjourné à Ira avant de continuer sur Kara. De celui-ci ils vont s’installer à Tondi- Fou puis continuer leur chemin à N’dounga. Quelles années plus tard, nos ancêtres vont quitter N’dounga pour revenir à Tondi-Fou pour un deuxième séjour. A Tondi –gou Kallam, le chef de nos ancêtres étudia le Coran et est devenu marabout célèbre. Il décida alors avec ses compagnons d’aller au pèlerinage à la Mecque. Chemin faisant, il arrivé à Bangna-Bangou (village situé à l’est de Kirtachi), Kallam fut assassiné par un fou au moment où il faisait sa prière quand il priait. C’st en ce moment que ses compagnons revinrent pour fonder Kirtachi Zeno devenu actuel Kirtachi.

 

SEEDA : Vous dites que l’ancêtre des Zarma de Kirtachi a émigré de Dosso (Oudounkopukou) à Kirtachi dès le 18è siècle ; pourquoi les chef de Kirtachi se font nommer de nos jours Amirou et nom Zarmakoye comme à Dosso dans le Zigui, à Harkanassou dans le Boboye ou à Damana dans le Tondikandia ?

AMIROU KIRTACHI Il faut préciser que Kirtachi a joué un rôle important au moment du jihad d’Ousmane Dan Fodio. Je rappelle que c’est ’AFODA et son ami KOYGOUROU IZE ont fondé Kirtachi Zeno. Au moment du Jihad et El hadj Ousmane DAN FODIO les associa à sa campagne militaire et ils ont fait front commun pour aller dans le Gourma pour prêcher l’islam et convertir les populations du Gourma à islam. De retour de cette guerre sainte que Ousmane DAN FODIO lui donna le titre d’Amir al Moumounine c’est-à-dire le commandeur des Croyants. Auparavant les chefs désignaient un Zarmakoye de Kirtachi ; C’est depuis lors qu’on a laissé le titre de Djermakoye pour celui de Amirou Kirtachi.

 

SEEDA : Quels sont les grands évènements qui ont marqué votre canton ?

AMIROU KIRTACHI : Nous avons connu des guerres comme des famines qui ont beaucoup affecté nos populations. Nous avons encore en mémoire la bataille de Boumba où les gens de Djaladjo étaient nos alliés. Nous avons connu aussi la période des razzias de Sayo. On a également connu des famines comme celles de Ganda- beeri (poitrine large 1913-1914), d’Adda (coupe-coupe 1931-32), de Gari (1954) et celle de 1973 et 1984.(sous le président Kountché. Nous avons encore en mémoire l’inondation de l’année passée qui a détruit nos rizières, nos iles et beaucoup de villages et mêmes le marché de Guéimé a été touché.

 

SEEDA : Quelles sont les grandes difficultés auxquelles vos populations font face ?

AMIROU KIRTACHI : La principale difficulté est le problème d’autosuffisance alimentaire ; chaque année on enregistre un déficit car les sols sont lessivés. En plus, sur le fleuve, il n’ya pas un canton qui n’ait son propre aménagement hydro-agricole à part le nôtre. Voilà bientôt cinq (5) ans que l’Etat du Niger par l’intermédiaire d’un entrepreneur a démarré les travaux de ce dit aménagement pour un délai de six(6) mois mais jusque-là rien n’est fait. Nous demandons aux autorités compétentes d’intervenir. Nous avons bon espoirs dans le cadre du programme de la reconnaissance du Président de la République et plus particulièrement l’initiative 3N. nous ne serons pas oublié car le canton renferme d’immenses potentialités rizicoles susceptibles d nourrir tous le département de Kollo et d’approrvionner, la capitale Niamey régulièrement Niamey en céréales et autres produits de première nécessité comme le maïs. Le marché de Guemmé est un trait d’union entre le Niger, le Benin, le Nigéria et le Burkina Faso. Nous avons aussi des potentialités a touristiques grâce au fleuve.

Notre deuxième plus gros problème est le le problème d’électricité car si j’ai bonne mémoire tous les chefs de cantons de notre entourage sont électrifiés. Kirtachi est un des rares canton à ne pa être électrifié. A ce manque d’électrification est lié le problème d’eau potable.

SEEDA : Quels sont les projets et ONG qui interviennent dans votre canton ?

AMIROU KIRTACHI : Présentement il n’y a très peu d e projet et ONG intervenant présents à Kirtachi. Il y avait les Peace corps qui ont séjourné dans le village de Kirtachi durant quinze (15) ans. Ils sensibilisaient la population sur biens de sujets comme les techniques de jardinage, formation des puisatiers… Il y avait aussi l’Agence des Musulmans d’Afrique(AMA) et Qatar Charity qui ont intervenu durant les crises alimentaires passées en nous construisant des banques céréalières. D’une manière générale, le département de Kollo n’a pas de grands projets comme à l’image de autres départements de la région de Tillabéry Vous me donnez une opportunité o pour lancer un appel à l’endroit des projets et ONG vu les potentialités de notre canton. Si par le passé le problème de la route était un obstacle ce n’est plus le cas aujourd’hui. Contrairement à ce que certains pensent les conditions climatiques sont favorable mais comme il n’y a pas de mise en valeurs des ressource locales, nous avons aussi des population très vulnérable. ue ces projets et ONG viennent intervenir chez nous car il ya aussi des vulnérables. Kirtachi est une zone de transit par l’intermédiaire du fleuve et le marché de Guéimé. mais les potentialité ne sont pas exploité.

 

SEEDA : Quels sont les grands changements intervenus dans votre canton durant les dernières décennies ?

AMIROU KIRTACHI Parmi les grands changements on peut noter la latérite reliant Kollo à Kirtachi, le taux de scolarisation élevé car les villages et mêmes certains hameaux sont dotés d’écoles ; il y a le rehaussement de la couverture sanitaire car nous avons trois(3) centres de santé intégrés (Kirtachi, Korogoungou et Dossado) et plusieurs cases de santé. Du côté de la religion on note beaucoup de progrès en faveur de d’Islam car tous les villages ont des mosquées et certains ont mêmes des mosquées de vendredi alors que avant il n’y avait celle de Kirtachi. Nous notons aussi, il faut le signaler, la déforestation abusive avec l’avènement de la vente du bois de chauffe. Présentement les gens coupent le bois vert sans respect de normes préalables sous prétexte d’autorisation fournie par le servie compétent. J’ai plusieurs fois averti mais sans suite.

 

SEEDA Pour conclure quel est votre message Amirou ?

AMIROU KIRTACHI Comme nous l’avez constaté, le canton dispose beaucoup de ressource naturelles inexploitées (la forêt, le fleuve pour la riziculture et la pisciculture, des terres riches). Nous disposons d’un marché international très approvisionné qui est un carrefour. Jusqu’ici notre appel n’a pas attiré les projets et les ONG mais nous gardon espoir notamment dans le cadre de l’initiative 3N où notre canton peut servir d’exemple où les ressources sont là, elles ne demandent qu’à être exploitées pour l’atteinte de l’autosuffisance de notre pays.

 


 

 

 


Boubou Hama NigerLa version de Boubou Hama sur l'origine de la chefferie de Kirtachi
Selon Boubou Hama dans son ouvrage " Histoire traditionnelle d'un peuple : les Zarma Songahy "c'est suite à la mort du Zarmakoye Djiribani qu'une dispute éclata au sein du quartier Oudounkoukou où le Yérima devait être intronisé Zarmakoye selon un système d'alternance du pouvoir entre les quartiers fondateur des descendant de Boukar la dynastie régnante. Le contentieux a opposé deux princes : Abdou résidant à Dosso et Farakoye du quartier Oudounkounkou mais résidant à N guidé (un hameau de culture).. Abdou ayant pris le pouvoir à Dosso, Farakoye et ses partisans de N'guidé prient le chemin de l'exil vers le Dallol Bosso. Ils s'installèrent d'abord à Ire Yira ils où créèrent un village et fortifié qui résistât aux attaques ennemies. Quelques année plus tard Farakoye et ses partisans atteignirent  N'Dounga au bord du fleuve en pays Kogori. Après la mort de Farakoye Kallam lui succéda. Suite à une mésentente avec N'Dounga, il alla s'installer à Todigou où il fut fut victime de l'attaque d'un fou. A sa mort Salka lui succéda. La version rapportée par par Boubé Gado dan son livre le Zarmataray n'est pas très différente de celle de Boubou Hama. A la place de Fartakoye ancêtre des zarma de Kirtachi Boubé Gado donne le nom de Sandi Surgou qui fut en conflit avec le Zarmakoye Abdou Oudounkoukou avant de s'exiler à N'Dounga où il fut accueilli par les Zarma Kogori. Zarmakoye Abdou Oudounkoukou aurait entrepris une expédition punitive contre le prince zaram refugié à NDunga.

 

 

 


 

 

 

Abdou Moumouni Pr L’enfant du pays, Professeur Abdou Moumouni : un homme, une carrière

Il est difficile de parler de Kirtachi sans évoquer la mémoire du Professeur Abdou Moumouni Dioffo. Le professeur Abdou Moumouni Dioffo a commencé sa carrière au lycée VAN HOLLEHOVEN de Dakar(Sénégal). Ce fut l’une des sommités africaine dont les oeuvres scientifiques et littéraires fait encore autorité partout en Afrique et dans le reste du monde. Son savoir et sa longue expérience dans le domaine de l’enseignement et de la recherche scientifique sont d’une grande utilité pour les jeunes étudiants. Ses plus grandes contributions littéraires et scientifiques ont été réalisées avant qu’il ne rejoigne son pays natal suite à un long séjour à l’étranger ( Sénégal, France , en Guinée aux côté de Sékou Touré puis au Mali Ce furent pour ne choisir 2 exemples la publication d’un ouvrage célèbre : l’éducation en Afrique et la création pour la première fois en Afrique occidentale d’un centre d’Energie solaire au Mali. Au Niger, après avoir été recteur de l’université de Niamey (de 1979 à 1982) le directeur de l ’ O N E R S O L (office de l’énergie solaire) de 1969 à 1985. Pour les jeunes qui veulent suivre ses traces rappelons que le Pr Abdou Moumouni fut : agrégé es-science physique, spécialiste de l’énergie, Docteur d’Etat es-science physique, Officier de l’Ordre des palmes académiques de la République du Niger, Commandeur de l’Ordre national de la République du Niger, Médaille d’Or de l’organisation mondiale de la propriété intellectuelle, Auteur du trois brevet d’invention qui viennent couronner une prestigieuse carrière d’enseignant chercheur, …


 


Services techniques et développement à Kirtachi : état des lieu

 

Le canton Kirtachi est resté pendant longtemps enclavé en raison du mauvais état de la route le reliant à son chef lieu de département, Kollo. Pendant longtemps, les autorités coutumières et les ressortissants ont déploré cette situation. Les choses ont-elles changé. Notre équipe a rencontré les responsables des différents services techniques qui nous brossent un état des lieux.

 


 

1. La santé : des ressources humaines insuffisantes.

Le Dr Moussa Barrage Yacouba, CSI de Kirtachi.

Le CSI de Kirtachi a été créé en 1960 et réhabilité en 1980. Il comporte trois blocs : celui de la maternité, celui des soins curatifs et enfin celui des soins préventifs. Du point de vue du personnel, il n’est composé que d’un un médecin, un infirmier, une sage femme, un manoeuvre et un percepteur communautaire. Les activités menées sont essentiellement d’ordre préventif. La fréquentation du CSI est assez élevée, puisque nous pouvons avoir 40 patients par jour en moyenne sinon, plus puisque nous avons un marché hebdomadaire. Exceptionnellement, le jour du marché on peut avoir une fréquentation de 80 à 100 patients. Les pathologies les plus rencontrées ici sont le paludisme, les infections dermatologiques, les affections obstétricales ça veut dire les femmes qui viennent accoucher avec des problèmes.

Les problèmes sont de trois ordres: le manque d’électricité, le problème en eau potable et l’insuffisance du personnel pour gérer le CSI. Selon les normes, un médecin ne doit travailler qu’avec au moins deux infirmiers, deux sages femmes et un infirmier certifié. Avec la forte fréquentation que nous avons, la qualité des soins reste à désirer si le personnel est insuffisant. C’est l’une de nos préoccupations pour laquelle jusqu’à présent on n’a vraiment pas encore eu de solution. Par ailleurs le CSI n’est pas à la merci des animaux et autres individus mal intentionnés qui peuvent à tout moment en abuser. Dieu merci, nous avons une ambulance qui nous a été offerte par le Ministère de la Santé Publique, l’année passée. Ce qui a contribué à soulager la population. Mais, il faut dire que nous rencontrons beaucoup des problèmes obstétricaux car il y a de plus en plus de femmes qui doivent être nécessairement césarisées. On peut le faire mais à condition que nous ayons un minimum de matériel, très malheureusement jusqu’à présent là aussi, on attend toujours.

 


 

2.La production animale : problème de délimitation des aires de pâturage .

Mr Issiaka Boubacar, chef de service communal de l’élevage

Le secteur de l’élevage de Kirtachi compte 22 730 Bovins, 15 450 ovins et 18 600 caprins. Concernant la volaille, nous n’avons pas tellement de statistiques. Il s’agit pour l’essentiel des pintades, des canards, des poules. Les activités menées concernent la clinique, la vaccination, l’inspection de viandes après abatage. Il y a trois marchés à bétail dont le marché hebdomadaire de Guéimé qui est le plus important. Entre autres problèmes que nous rencontrons, il y a l’absence de local, la délimitation des aires de pâturage qui entrainent les conflits entre éleveurs et agriculteurs, un manque de chaine de froid pour conserver nos produits tels que les vaccins. Ce qui nous oblige à faire de la courbette au niveau du CSI. Il y a très peu d’ONG qui interviennent ici. On peut citer, pour le moment le PPAO. Le seul parc de vaccination que nous disposons est un don de l’AREN qui, malheureusement n’y intervenait plus. Avec ce seul parc, nous arrivons tant bien que mal à vacciner annuellement entre 15 000 à 25 000 têtes de bovins. Intitule de dire que nous avons besoin de la construction de parcs de vaccinaion.

Cette année (en 2014), nous avons vacciné plus de 14000 têtes, parce que nous n’avons pas été appuyés par l’Etat. Le service dispose d’une moto dans le cadre de la grippe aviaire.

Nous avons aussi besoin de la réhabilitation de ces couloirs de passage et des aires du pâturage qui doivent être respectivement délimités et en les balisées. Cela nous éviterait les conflits entre agriculteurs et éleveurs.

 


 

3. L’éducation : un taux brut de scolarisation très faible

Sanda Younoussa chef du secteur pédagogique de Kirtachi.

Le secteur de Kirtachi a été créé en 2005. Il dispose de 33 écoles traditionnelles avec 95 classes dont 65 sont en paillote. Sur un effectif de 98 enseignants, les 84 sont des contractuels. Notre activité principale est l’encadrement pédagogique à travers les COGES. Nous avons un taux brut de scolarisation qui est malheureusement très faible : 27% contre 74% au niveau départemenvaccinatal quand on prend, par exemple l’IEB de Kollo. Cela s’explique de notre point de vue à l’enclavement. Le taux de fréquentation est également très mauvais. Grâce à une moto de service, on ne ménage aucun effort pour sensibiliser les parents ainsi que les enseignants à qui nous rappelons la mission qui leur est dévouée, notamment pendant les CAPED. Il faut dire que les difficultés ne manquent pas. Le mauvais état des pistes auquel vient s’ajouter le problème récurant de carburant pour assurer nos courses.

En ce qui concerne le Franco arabe, il ya 3 écoles, un jardin d’enfants et un CEG, mais qui ne sont pas sous ma coupe.

Par rapport aux difficultés liées à la mauvaise fréquentation, nous souhaitons la création de cantines scolaires, surtout dans la partie sud-est. Quand vous prenez tout au long du fleuve, ce sont des petits hameaux ou des campements de pêcheurs et ces cantines scolaires contribueraient à motiver les parents à fin de donner la chance à tous.

Entre autres problèmes qui nous préoccupent, c’est surtout la gestion et la maîtrise du personnel enseignant qui, pour la plupart sont des contractuels. Puisque souvent, il y en a certains qui, quand ils admettent à des concours, quittent sans nous informer. Il y en a d’autres qu’on affecte ou qui abandonnent en pleine année scolaire. Tous ces facteurs combinés ne manquent pas de préjudices néfastes à l’acquisition du savoir. Nous n’avons pas de projets qui interviennent au niveau du secteur de l’éducation. En dehors de la JICA qui appuie les COGES, nous n’avons pas d’ONG, encore moins de projets qui interviennent à Kirtachi.

 

 


 

 

4.L’environnement : à Kirtachi nous sommes en plein milieu forestier.

Mabey Badi, chef de service communal de l’environnement de Kirtachi

Le poste forestier a été créé en 1997. En matière de personnel, je suis seul en dehors des brigadiers villageois. C’est une grande difficulté. Je ne vais pas insister sur le personnel, parce que c’est un problème national. En termes de potentialités environnementales, le fleuve traverse la commune de Kirtachi sur 105 km de Toungan Bawchi à Gambo. Nous sommes dans la réserve de Dosso qui commence de Kirtachi Kouara Zeyno jusqu’à Gaya. Dans le canton de Kirtachi, nous sommes en plein milieu forestier. Mieux encore, nous avons beaucoup de potentialités en matière de faune et flore.

 

Quand on prend au niveau de la flore, nous avons vraiment un couvert végétal qui est pour le moment stable, mais ça commence à être menacé à cause des migrations des populations et l’action de l’homme (défrichements abusifs et exploitation de bois abusive).

 

Reconnaissons l’effort louable de l’Etat à travers la dotation d’une une moto DT/125 et une pirogue à moteur. Mais, le problème en personnel est criard, car imaginez un seul agent pour une commune qui fait 20832 km². Le contrôle est difficile. Nous avons certes, 5 brigadiers villageois qui nous appuient. Ces derniers étaient pris en charge par le projet ECOPAS qui intervient au niveau du Parc de W et la périphérie, mais maintenant ils ne le sont pas : ils nous appuient en tant que volontaires.

 

En matière de faune, Dieu merci, il y a les hippopotames, il y a les lamantins, il y a la pêche aussi qui se pratique et qui génère de revenus substantiels à certains. Quant à la chasse, ce sont surtout les gens de Niamey qui la pratiquent, munis d’un permis.

 

Au niveau des partenaires, nous avons la JICA qui nous a appuyés matériellement pour la pêche et l’aquaculture communale, dans le cadre de l’initiative 3N. Par rapport à la récupération des terres, nous n’avons pas beaucoup de partenaires. Il y a l’Etat au niveau de la Cellule Crise Alimentaire (CCA). L’épineux problème réside au niveau du calendrier d’appointement des populations. Les interventions n’arrivent malheureusement pas au moment où les populations en ont besoin.

 Un reportage de Idé Maïguizo et Mounkaïla Abdou

Source : Seeda, Mensuel nigérien d’informations générales

 

 

 

Dernière modification le jeudi, 25 septembre 2014 14:03