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samedi, 16 avril 2011 20:21

Histoire politique du Niger : de la période coloniale à nos jours

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Presidence_Niger_2Au lendemain de la seconde guerre mondiale, la conjugaison des facteurs internes et externes, ont entrainé, en une quinzaine d’années des bouleversements politiques dans les colonies de l’Afrique Occidentale Française (AOF) : la création des partis politiques et syndicats dans les colonies ; installation des parlement locaux et régionaux ; élection de députés
africains ; adoption de la Loi-cadre, adhésion à la Communauté Franco-africaine, Proclamation de la République et accession à l’indépendance. Comme tous les autres pays africains, le Niger n’échappera pas à ces bouleversements.

Le Niger a connu son premier collège électoral, au titre de la circonscription du Soudan-Niger, le 21 octobre 1945 pour élire les députés de la première Assemblée Nationale Constituante. Diori Hamani est le premier nigérien, qui a représenté le Niger dans cette Assemblée, suite au scrutin de 10 octobre 1946.

La constitution d’octobre 1946 a institué le Conseil Général, une sorte d’Assemblée locale, où les conseillers généraux vont débattre du budget du territoire du Niger. Ils donnent des avis sur la vie socio-économique du territoire et élisent en son sein les membres du Conseil de la République, de l’Assemblée de l’Union Française et du Grand Conseil de l’OIF.

Le 6 février 1952, la loi 52-130 fut adoptée, les parlements locaux prirent le nom de l’Assemblée Territoriale en lieu et place de Conseil Général. Ainsi, des élections ont été organisées et ont permis de mettre en place l’Assemblée territoriale du Niger le 30 mars 1952.

La Loi-cadre initiée par le ministre socialiste, Gaston Defferre, le 23 mars 1956 instituait le suffrage universel et le collège unique. Au Niger, il existait deux partis politiques : le Parti Progressiste Nigérien, Section du Rassemblement Démocratique Africain (PPN-RDA) animé par Boubou Hama, Diori Hamani, Diambala Yansambou Maiga, Dandobi Mahaman. Et le Mouvement Socialiste Africain (MSA-Sawaba), né de la fusion entre le Bloc Nigérien d’Action de Issoufou Seydou Djermakoye et de l’UDN de Djibo Bakary au lendemain des municipales de Niamey et Zinder en novembre 1956. L’Assemblée territoriale du Niger est mise en place le 31 mars 1957.

Le référendum constitutionnel du 28 septembre 1958 a divisé la classe politique nigérienne. Djibo Bakary, vice président du Conseil de Gouvernement appelait à voter Non, mais le PPN/RDA opte pour le Oui. Le Oui remporta avec 372 383 voix soit 78,43% contre le Non 102 395 voix soit 21,57%. Cette situation a crée la démission de 31 Conseillers Territoriaux. L’Assemblée Territoriale du Niger est dissoute. Le Général De Gaule convoqua le collège électoral pour organiser les élections anticipées le 14 décembre 1958. Le 18 décembre 1958, le Territoire du Niger est proclamé République du Niger.

En décembre 1958, le territoire du Niger connaitra une nouvelle Assemblée dénommée Assemblée Constituante du Niger. Le 25 février 1959, elle adopta la première Constitution de la République du Niger et promulguée par Diori Hamani en conseil des ministres. Elle instaura un régime politique de type parlementaire rationalisé et caractérisé par une forte prépondérance de l’exécutif. L’Assemblée Constituante s’érigea en Assemblée Législative.

L’accession du Niger à l’Indépendance le 3 août 1960 et l’adoption d’une nouvelle constitution le 8 novembre de la même année, ont permis au pays de se doter d’une nouvelle Assemblée Nationale de la 1ère législature de la première République, par la loi N°60- 043/AL du 29 juillet 1960. La constitution a été promulguée par le Décret N°60-148 daté du même jour. Ainsi, pendant une quinzaine d’années, le Niger connaitra une stabilité politique qui a permis au régime de Diori Hamani de briguer un deuxième mandat de 7 ans. La première République connaitra trois législatures de 1960 à 1974. Mais ce régime démocratique sera interrompu par un coup d’Etat militaire le 15 avril 1974. La première République fut brutalement interrompue. Le Niger se lance dans un régime d’exception qui durera 13 ans, jusqu’au décès du Général Seyni Kountché, le 10 novembre 1987. Mais la désignation du Colonel Ali Saibou comme nouveau chef de l’Etat a permis au Niger de s’acheminer vers une nouvelle ère démocratique.

Les luttes syndicales et les mouvements sociaux ont permis l’avènement de la deuxième République. La charte nationale est adoptée par le référendum, par 99,58% de Oui le 14 juin 1987. Les mouvements scolaires vont étouffer ce régime jusqu’à la convocation de la Conférence Nationale Souveraine en juillet 1991, qui va mettre en place des institutions pour une transition démocratique de 15 mois. La constitution de la troisième République fut adoptée le 26 décembre 1992. Les autorités de la Transition démocratique organisèrent les élections législatives et présidentielles qui ont permis l’avènement au pouvoir de l’Alliance des Forces du Changement (AFC) avec comme Président Mahamane Ousmane. Cette alliance ne tardera pas à s’effriter, avec la démission de Mahamadou Issoufou, Premier Ministre, chef du Gouvernement et Président du PNDS-Tarayya, parti allié de l’AFC.

Le Président de la République Mahamane Ousmane, n’ayant plus la majorité à l’Assemblée Nationale, signe le décret N°94-154/PRN le 17 octobre 1994 aux termes duquel « l’Assemblée Nationale est dissoute ». Il nomma Souley Abdoulaye premier Ministre, Chef du Gouvernement. Ainsi une deuxième législature sera mise en place à l’issue des élections législatives anticipées le 12 janvier 1995.

Un gouvernement de la cohabitation vit le jour. La cohabitation sera conflictuelle entre Mahamane Ousmane, Président de la République et Hama Amadou Premier Ministre, chef du Gouvernement de la nouvelle majorité à l’Assemblée Nationale. Le Niger était dans un imbroglio politico-juridique. Le pays fut plongé dans une grave crise institutionnelle, politique, sociale avec des conséquences très désastreuses.

Le 27 janvier 1996, les Forces Armées Nigériennes, (FAN) à leur tête, le Colonel Ibrahim Baré Mainassara met fin à la 3ème République. Le référendum du 12 mai 1996 approuve la constitution de la 4ème République et des élections législatives et présidentielles furent organisées les 7 et 8 juillet 1996. Ibrahim Baré Mainassara organise un hold up et s’auto proclame gagnant des élections et devient Président de la 4ème République.

Les partis politiques regroupés au sein du Front pour la Restauration et la Défense de la Démocratie (FRDD) vont mener une lutte acharnée contre ce régime, jusqu’au coup d’Etat du 9 avril 1999, qui a coûté la vie au Président Ibrahim Baré Mainassara à l’Aéroport Diori Hamani de Niamey, par sa garde. Le Chef d’Escadron Daouada Malam Wanké devient Chef de l’Etat et conduira la transition militaire de 9 mois. Le Niger adopta la constitution de la Vème République le 4 août 1999. Les élections présidentielles et législatives furent organisées, ayant abouti à l’avènement au pouvoir du Président Mamadou Tandja soutenu par l’Alliance des Forces Démocratiques (AFD). Cette alliance prendra le nom de l’AFD pour la République (AFD/R) en 2004. Ce qui a permis a Mahamadou Tandja, candidat de MNSD-Nassara de briguer un deuxième et dernier mandat.

En 2009, on s’achemine vers la fin du deuxième mandat de Mamadou Tandja. Celui-ci voulut avoir un bonus de trois (3) ans. A cet effet, une requête fut déposée par un groupe de députés auprès de la Cour Constitutionnelle. Cette dernière déclara illégale la révision de l’article 36 de la constitution de la 5ème République. Alors, le Président Mamadou Tandja dissout l’Assemblée Nationale et la Cour constitutionnelle. Il met en application l’article 53 de cette constitution, qui octroie au Président de la République le recours au pouvoir exceptionnel. Il organisa le référendum en juillet 2009, la constitution de la 6ème République fut adoptée et promulguée le 4 août 2009.

Certains partis politiques, organisations de la société civile et syndicats regroupés au sein de la Coordination des Forces Démocratiques pour la République (CFDR) ont engagé une lutte contre ce projet de la 6ème République. Cette situation d’impasse, malgré la médiation de la CEDEAO qui n’a pas pu aboutir, a amené les forces armées et les forces de défense et de sécurité à prendre le pouvoir le 18 février 2010.

Le Conseil Suprême pour la Réconciliation Nationale (CSRD) dirigé par le Chef de l’Etat Djibo Salou a pris l’engagement de restaurer la démocratie, assainir et réconcilier les Nigériens. L’organisation du référendum a permis l’adoption de la constitution de la 7ème République. Les élections locales, législatives et présidentielles ont permis au Niger de s’acheminer vers un Etat démocratique.

Les scrutins se sont déroulés en toute transparence. La crédibilité et la régularité du scrutin expliquent l’esprit de tolérance et de la sagesse du peuple du Nigersalué par tous les partis politiques -. L’élection présidentielle deuxième tour a permis à Mahamadou Issoufou d’être élu premier Président de la 7ème République. Ainsi, cela pourrait être une chance pour le Niger pour rompre définitivement avec les coups d’Etat militaires récurrents.

Source : archives Z Souley

16 avril 2011
publié le 14 avril 2011
Source : http://lactualite-niger.com/

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