Elevage à Agadez : Des actions pour préserver la santé animale

La région d’Agadez est une zone d’élevage par excellence avec un potentiel animal riche et varié estimé à environ 1.888.000 têtes d’animaux toute espèce confondue, et un potentiel pastoral estimé à 4.356.364 hectares de superficie exclusivement pastorale. En ce qui concerne l’alimentation du bétail, le bilan de la campagne agro sylvo pastorale 2019 fait ressortir un déficit fourrager au niveau de la région ; il est de 514.996 tonnes de matière sèche. Ce déficit correspond à 302.703 UBT qui sont en insécurité alimentaire. Cela veut dire que l’année 2019 a été déficitaire sur le plan alimentaire. Cette situation n’a pas laissé les autorités indifférentes. En effet, l’Etat avec l’appui des partenaires entreprend des activités de développement de l’élevage dans la région. Ce faisant, comme l’a indiqué le directeur régional de l’élevage d’Agadez, M. Boubacar Hamani, à travers le programme de la Renaissance II du Président de la République, il a été investit au titre de l’année 2019, un montant global équivalent à 1.188.596.809 FCFA par le billet d’actions phares : la distribution des kits petits ruminants composée de 2096 têtes au profit des éleveurs vulnérables ; la vente à prix modéré de 2.707 tonnes d’aliments pour bétail aux éleveurs vulnérables ; la vaccination gratuite du cheptel contre les principales épizooties avec en toile de fond 340.213 bovins soit 97,20% contre la péripneumonie contagieuse bovine ; la vaccination de 1.041.596 petits ruminants soit un taux de réalisation de 86,79% contre la peste des petits ruminants ; et également la vaccination de 80.157camelins soit environ 80,15% de réalisation contre la pasteurolose des camélidés. Entre autres actions, il ya eu la construction de quatre marchés à bétail, appelés marchés « demi-gros », dont celui d’Abalama, de Tchintaborak et d’Ingall. Ces marchés de bétail permettent aux communes concernées d’engranger beaucoup de recettes.

« Nous avons présentement au niveau de deux départements qui constituent la zone pastorale de la région d’Agadez, Ingall et Aderbissinat, 800 tonnes d’aliments pour bétail qui sont prédisposés dans le cadre de la vente à prix modéré, à raison de 4000Fcfa par sac pour le son de blé, et 5000FCFA le sac de tourteaux de grain de coton. Cela permet de bien démarrer la période de soudure. A partir du mois d’avril, mai, juin et juillet, nous allons ouvrir la vente à ces éleveurs vulnérables afin de mieux sécuriser les animaux et espérer un niveau de production décent chez toutes les espèces notamment les vaches allaitantes, et les vielles vaches » a souligné le directeur régional de l’élevage d’Agadez.

En ce qui concerne la couverture en points d’eau pastoraux dans la région d’Agadez, il a indiqué que le maillage est assez important. « Nous avons un partenaire de taille qui est le PRAPS, qui est en train de poursuivre la réalisation de cinq(5) stations de pompage pastorales, ce qui va permettre davantage d’améliorer le maillage en points d’eau pastoraux. Ces stations de pompage sont localisées dans les départements de Ingall, Tchirozérine et Aderbissinat qui constituent le cœur de la zone pastorale où les animaux effectuent des déplacements. A chaque 15 à 20 km, on est sensé trouver un point d’eau pour permettre aux animaux de s’abreuver » a dit M. Boubacar Hamani. Dans la zone d’Aderbissinat et d’Ingall, c’est un élevage exclusivement pastoral. La caractéristique principale de ces zones est qu’il existe des parcours pastoraux qui peuvent accueillir même des animaux transhumant venant de Zinder ou de Tahoua. Cette zone pastorale accueille des animaux de tout bord ; ce qui fait qu’en période de cure salée les animaux viennent profiter de la richesse de ses parcours pastoraux. Parlant du projet Irhazer, il a souligné qu’il fait la promotion de l’alimentation pour bétail à travers la culture fourragère de la luserne. « Ce projet a des coopératives qu’il appuie dans le cadre de la production de cette luserne. L’Etat achète cette luserne auprès des producteurs à raison de 250F le kilogramme pour revendre à prix modéré pendant la période de soudure, aux éleveurs vulnérables à raison de 125F le kilogramme. Ce projet Irhazer est d’une importance capitale pour le secteur de l’élevage car il contribue à résorber le déficit fourrager annuel » a ajouté le directeur régional de l’élevage d’Agadez. Nonobstant la promotion de la culture fourragère, le projet Irhazer appuie le secteur de l’élevage dans le domaine de la santé animale notamment à travers sa contribution à la Cure salée dans le cadre de la caravane zoosanitaire. « Vous savez que la Cure salée est une fête qui permet aux services techniques de l’élevage de mener des actions de santé animale, et de productions animales » a conclu M. Boubacar Hamani.

10 avril 2020
Source : http://www.lesahel.org/

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Agriculture