Campagne agricole 2019 / Saison des pluies : faut-il céder au pessimisme ?

Image d'illustration Image d'illustration  Nous sommes dans la dernière moitié du mois de juin, et alors que les écoles ferment, la saison pluvieuse, paresseuse cette année,traine les pas, tarde à s’installer dans plusieurs coins du pays. A Niamey, l’on n’a reçu aucune pluie d’importance qui puisse permettre aux agriculteurs de semer : nous sommes dans l’expectative, et peut-être même dans le désarroi quand on considère le moment que nous traversons et dans lequel, en temps normal, les cultures auraient connu déjà un développement considérable rassurant. Le service de la météorologie nationale a quand même prévu cette situation d’un début de campagne hivernale difficile avec des pluies qui tarderont à tomber. Sauf que là nous sommes en fin juin ! Alors que les cartésiens y voient les signes et les conséquences des dérèglements climatiques qui ne peuvent permettre de situer temporellement les saisons de l’année, ni même prévoir la constance et la réalité des caractéristiques climatiques qui les distinguent, d’autres, les fatalistes et dans bien de cas des dogmatiques aussi, estiment pour leur part, que ce n’est que le prix du parjure, les conséquences de nos inconduites, et de nos attitudes pécheresses où hypocritement, nous professons notre foi, dans la crainte des hommes qui jugent, et dans le mépris de la sentence du Créateur Patient, serein à attendre qu’il rappelle à lui ses créatures, car rassuréd’avoirforcément toujours, le dernier mot. Dans d’autres parties du pays, les paysans attendent leur première pluie pour semer, tandis que dans certains cas où ils l’ont fait déjà, ils attendent une autre pour semer parce que la sécheresse qui a suivi la première n’aura pas permis aux cultures de résister.

Si ailleurs, notamment à Gaya, où, comme chaque année, l’on a déjà enregistré plus de 400mm, l’on est plutôt confiant, ailleurs, et en de nombreux endroits du pays, l’on commence à s’effrayer de la situation de la nouvelle campagne agricole surtout quand on sait que la périphérie de Niamey fait partie des zones du pays où il pleut relativement et moyennement bien.

La persistance de la situation ne peut permettre aux hommes de croire à des justifications scientifiques au retard de l’installation de la saison pluvieuse et pour ceux-là, l’homme a sa responsabilité dans ce qui lui arrive ici-bas. Dans un pays où la vérité est en panne pour ne plus avoir sa valeur, dans un pays où les valeurs morales sont dévoyées, dans un pays où la justice est rendue à la tête du client, dans un pays où la méchanceté domine les coeurs, dans un pays où la vie publique est faite de règlements de compte, dans un pays où les haines sont cultivées et recyclées, dans un pays où les hommes ont perdu les valeurs du pardon, dans un pays où les passedroits rythment la vie politique de la nation, que peut-on avoir sinon qu’une vie frappée du sceau de la malédiction ?

Et personne ne peut s’en inquiéter : les gouvernants cernés par les nombreux défis qui se posent à eux sans qu’ils n’entrevoient d’issue possible, avancent dans l’incertitude, peu confiants en leur avenir, sourds et aveugles pour ne rien entendre et pour ne rien voir, et les opposants, ne pouvant harmoniser leurs positions pour parler d’une seule voix en face d’un pouvoir qui les méprise, angoissés par les complexités de leur combat, se terrent, manquant de voix pour sortir et faire entendre leur cri de guerre pour mériter leur place dans la démocratie domestiquées par des socialistes qui n’y croient pas. Aucun ne voit ce qui arrive et n’entend les cris de détresse d’un peuple gagné par le doute. C’est à croire que ce pays est devenu tellement infréquentable que Dieu l’aurait aussi déserté, pour lui refuser sa clémence et sa bénédiction de bonnes pluies qui sauvent et redonnent espoir à des paysans oubliés des politiques publiques et ce quand les greniers se vident désespérément dans les campagnes désolées.

Les jours passent et il ne pleut pas. Et la situation de désespoir dans laquelle plongent nos valeureux paysans abandonnés par un socialisme contrefait qui ne sait pas aimer l’Homme, ne peut interpeller personne à aller vers Dieu, comme on le fait tous les ans, pour quérir, par des prières publiques, la bénédiction de l’Être Suprême afin qu’il descende sa miséricorde sur le pays. Par les immenses problèmes qui nous tracassent, sommes-nous arrivés à oublier déjà Dieu ?

Mais comment peut-on se repentir et s’en remettre à Dieu pour louer sa Grandeur et quérir son incommensurable bonté, et souhaiter le meilleur pour sa société, quand on peut avoir le courage obscène de s’attaquer à la religion des enfants de son pays ? Peut-on vivre sans croire ? La philosophie, libertine, peut sans doute répondre par oui…

Dans un tel pays, Dieu Tout-Puissant, peut-il descendre sa clémence ? Les cartésiens n’y croient pas. Tant mieux !

Waz-Za.

1er juillet 2019
Publié le 24 juin 2019
Source : L'Actualité

 

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