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Agadez /agriculture : Les terres irriguées, une source de richesses et de moyens d’auto-suffisance alimentaire

Ibrahim Mahamadou 01L’agriculture irriguée constitue l’une des activités des populations de la région d’Agadez. Dans le cadre de l’Initiative 3N, l’Etat a apporté des appuis multiformes aux producteurs. Les principales cultures pratiquées sont l’oignon, la pomme de terre, le blé, le maïs, les épices et les agrumes etc.

L’évolution des superficies emblavées et des productions obtenues, atteste de la progression des cultures. Selon l’EPTIN, la région d'Agadez compte plus 276 sites de production de cultures irriguées répartis dans les 15 communes de la région avec plus de 13000 exploitants, indique le Directeur régional de l’Agriculture M. Ibrahim Mahamadou.

Le potentiel en superficie est estimé à près de 160.000 ha de terres irrigables et plus de 7000 ha des terres irriguées, dont une importante partie se trouve dans la plaine de l'Irhazer. Cette étude portant sur l'évaluation des potentiels en terre irriguée et irrigable est en cours et permettra de mettre à jour les données actuelles. En 2018, la région d’Agadez a produit 516 tonnes de céréales : mil et maïs.

L’enquête horticole 2017-2018 a relevé plus de 150 000 T pour plus de 20. 000 000 000 FCFA de chiffres d’affaires. Ces cultures se pratiquent sur l’ensemble des zones de l’Aïr, plus précisément les communes de Tchirozérine, Dabaga, Tabelot, Timia, Iférouane et dans la moindre mesure les commune de Gougaram, Dannet (Arlit) et dans l’Irhazer la commune de In’gall.

Au niveau de la zone de Bilma les cultures sont pratiquées autour des Oasis et dans la commune d’Aderbissanat c’est surtout au niveau des mares de Tchintaborak, Toumboulak, Marandet que les paysans s’adonnent à l’agriculture. Ces dernières années la production maraichère et céréalière est en baisse à cause de la préférence des producteurs pour les cultures de rentes.

En effet, depuis 2002, la production de l’oignon a pris le dessus sur les cultures céréalières où de 1000 tonnes elle est passée à plus de 47000 tonnes aujourd’hui, et cela va de pair avec l’augmentation des superficies mais également la maitrise des techniques d’intensification: 1.007 ha en 2011 et 3050 ha cette année. En 2011 le rendement à l’hectare était de 5.039Tonnes /ha contre plus de 31,06 T/Ha actuellement.

Grâce à la compétitivité de l’or violet de l’Aïr, la tendance est à l’exportation et vise les marchés des pays tels que : le Ghana, le Bénin, la Côte d’Ivoire etc. Par rapport à la plus-value à l’exportation, cela rapporte des revenus importants aux producteurs

Actuellement, la région est en plein programme de cultures irriguées avec les résultats probants suivants qui s’annoncent en perspective selon le Directeur régional de l’Agriculture M. Ibrahim. Il s’agit d’un taux de réalisation d’emblavure de 135,57% par rapport à la prévision 6803 hectares emblavés/5 018 hectares prévus) et une augmentation d’emblavures de 733,8 hectares par rapport aux emblavures du début de la même campagne (2017-2018) estimées à4.677,6 hectares ; une production attendue en équivalent céréalier de l’ordre de 15000 tonnes.

Au titre de l’année 2018, l’Etat et ses partenaires ont pu mettre à la disposition des producteurs d’Agadez plus de 2. 500 000 000 F CFA dans le secteur agricole .Ainsi dans le cadre du renforcement des capacités on note : l’affectation des cadres toutes catégories confondues et le redéploiement des agents ; la dotation en moyens roulants pour rendre effectif l’encadrement des producteurs (5 motos); les équipements et matériels informatiques et de bureaux ; le carburant de suivi de la campagne agricole d’hivernage (Crédit délégué); l’appui au dispositif local d’encadrement par les partenaires ; la formation de près de 3600 producteurs. Pour les appuis en intrants agricoles, des semences ont été mises à la disposition des producteurs dont 18 tonnes de pomme de terre ; 37tonnes de maïs pour 12 000 000 F CFA ; 567, 5 kg de semences potagères pour 45 400 000 F CFA.

Concernant le petit matériel 99. 917. 000 F CFA ont servi à fournir 2707 kits de petit matériel pour 94 745 000 F CFA et l’appui en petit matériel (100 brouettes, 386 pelles, 200 arrosoirs) pour 5. 172. 000 F CFA.

Pour les produits phytosanitaires et appareillage 62 400 000 F CFA ont permis à l’achat de 3734 litres de pesticides (Cypermethrine, Landercyhalone, Karaté 0,8 UL, Pacha 25EC, Capt 88EC, Titan 25 ec,Deltametrine 12,5 ec) pour un montant de 37 340 000 F CFA et pour les appareils et matériels de protection (185 appareils à pression, 25appareils motorisés, 500 tenues brigadiers, 500 masques, 500 paires de lunettes, 600 paires de gants et 540 bottes) pour 25 000 000 F CFA. D’autres financements ont été consacrés pour couvrir les volets Irrigation et mobilisation des eaux d’irrigation : 15 motopompes (kits féminins) pour 4 500 000 F CFA ; 168 motopompes pour 25 989 600 F CFA ; au périmètre irrigué féminin à Aouderas : 6 000000 F CF ; aménagement hydro agricole à Ingigrane(Superficie de 25 ha avec forage profond, réseau californien, clôture grillagée, …) : 540 615 408 F CFA ; la réhabilitation d’un site agricole à Boghel (superficie de 64 ha, 53 puits maraichers réhabilités, 2246 mlde réseau californien, et 10 motopompes placées pour 54 exploitants):52 900 000 F CFA ; la mobilisation des eaux : 558 955 930 F CFA pour la construction des seuils : 484 917 174 F CFA, la réhabilitation des seuils : 14 388 700 F CFA, la réhabilitation des seuil-radier : 13 299 800 F CFA ; l’aménagement des mares : 35 298 070 F CFA ; l’aménagement source : 11 052 186 F CFA ; l’équipements de stockage, de transformation et vente des produits agricoles : 550 122 140 F CFA ; les magasins de stockage (kits communaux2*1000 T et 2*500 T) : 387 472 140 F CFA en cours (marchés déjàsignés) ;3 boutiques d’intrants : 20 000 000 F CFA ;21 banques céréalières créées: 49 750 000 F CFA ;21 banques céréalières renforcées: 42. 900.000 F CFA ; autres équipements et activités d’appui au secteur rural (Désensablement, protection des berges, équipements solaires, …) : environ 50 000 000 F CFA.

La FAO est l’un des principaux partenaires intervenants dans la région et apporte un appui en intrants notamment des semences. La Direction régionale de l’Agriculture est également appuyée au niveau national par le GIZ qui a aidé les populations en intrants mais aussi PISA, PROMAP et le projet IRHAZER qui apportent un appui considérable dans la réalisation et l’encadrement des aménagements hydro agricoles dans la région. Ce dernier s’intéresse présentement aux AHA (Aménagements Hydro-agricoles ) de Agharous, Tiguirwit et Ingigrane qui viennent d’être réalisé dans le cadre du programme de la vulgarisation des cultures irriguées, ce qui ouvrira la porte aux importants aménagements prévus dans la vallée de l’Irhazer.

En ce qui concerne la projection au titre de l’année 2018, l’Etat et ses partenaires comptent dans le cadre du renforcement des capacités : recruter les diplômés des secteurs agricoles en vue d’assurer un encadrement de proximité beaucoup plus performant ; renforcer les capacités des producteurs à travers la formation des paysans mais aussi des encadreurs et leur équipement ; organiser les paysans et les structures coopératives, etc.

Pour les appuis en intrants agricoles, l’accent sera mis sur la mise à la disposition des producteurs des semences de qualité et à temps ; des petits matériels ; des produits phytosanitaires et appareillage.

Dans le cadre de l’irrigation et mobilisation des eaux il s’agira, selon M. Ibrahim Mahamadou, de poursuivre la réalisation d’aménagements hydro-agricoles et de réhabiliter les AHA de Tiguirwit et Agharouss ; de mener des études techniques sur les possibilités de la réalisation des barrages de Atamol et Imbakatane ; la réalisation des seuils de Taghmertet Tabelot ; l’aménagement des mares à travers le surcreusement, le fonçage des puits, la réalisation des clôtures, les réseaux californiens, et dans le domaine des équipements de stockage, de transformation et vente des produits agricoles plusieurs BC, BI et kits communaux, villageois et communaux seront réalisés.

Cependant, des contraintes ont été relevées par la Direction régional de l’agriculture : certains produits en provenance des pays voisins ne sont pas adaptés à la zone de production. A cela s’ajoutent des contraintes liées aux semences de pomme de terre dont une grande partie provient d’un Etat voisin sans contrôle conséquent à nos frontières.

Aujourd’hui avec l’adoption par l’Etat de la loi semencière qui va réglementer ce secteur toutes ces contraintes seront à maitriser et contrecarrer, estime M. Ibrahim qui fait état de la concurrence déloyale à laquelle l’or violet d’Agadez se trouve confronté. Malgré ces quelques difficultés les perspectives sont porteuses d’espoir dans la région, grâce à la volonté politique. Cependant la maitrise de l’eau demeure un impératif, mais surtout la promotion de nouveaux aménagements, la régénération des palmeraies dans la zone de Bilma.

Abdoulaye Harouna(onep)

14 février 2019
Source : http://www.lesahel.org/

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Agriculture