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Production agricole : quel soutien de l’Etat aux grands producteurs ?

 Production agricole : quel soutien de l’Etat aux grands producteurs ?Depuis quelques années, certaines régions de notre pays connaissent l’émergence d’une nouvelle catégorie de producteurs agricoles qui investissement conséquemment dans ce domaine et dont les résultats continuent au fil des ans de créer l’espoir pour l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire tant claironnée au Niger. C’est le cas de la région de la région de Dosso, qui constitue la zone la plus arrosée de notre pays, et qui enregistre de plus en plus de grands producteurs. Il s’agit de certains élus, de chefs coutumiers, de hauts cadres de l’administration et d’opérateurs économiques qui se sont appropriés corps et âme ce domaine agricole. Parmi eux, le chef de canton de l’AREWA, réputé au niveau régional pour ses prouesses agricoles qui le classent au premier rang des plus grands de notre production agricole. Après une belle moisson de 10.000 bottes de mil en 2017, l’honorable Amadou Sabo, qui exploite plus de 400 ha de terre et qui a battu son propre record cette année en récoltant 11.000 bottes, plus 7,5 tonnes de niébé et environ 40 tonnes de souchet.

Il faut aussi souligner qu’en dehors de ses propres champs, il appui les moyens et petits producteurs du département par un système qu’il appelle les multiplicateurs. Après les appuis en semence et en engrais, il met aussi à leur disposition des tracteurs pour le labour. Une initiative très salutaire pour les bénéficiaires dont beaucoup sont aujourd’hui comptés parmi les grands producteurs. Des résultats tangibles qui méritent une attention particulière des autorités en charge de l’agriculture. Au niveau de la commune urbaine de Dosso, il est inadmissible de parler production agricole sans évoquer le nom de l’honorable député KoubouHassane. Agent du domaine, le député Koubou a toujours fait ses preuves dans le domaine du travail de la terre bien longtemps avant d’être un élu. Il dispose d’un champ d’environ 70 ha qu’il exploite à moitié mil et l’autre moitié consacrée aux travaux de petites irrigations. Après une moisson de 3.500 bottes de mil en 2017, il a récolté cette année 3.329 bottes.

Une petite régression qui s’explique selon lui du fait des retards des pluies dans la zone. Mais selon toujours lui, la principale difficulté que rencontre tous les grands producteurs, réside dans l’écoulement du produit. En effet, il est connu de tous que les variétés de cé- réales utilisées par ces derniers sont des semences améliorées obtenues suite à de grandes recherches. Des semences triées et travaillées qui s’adaptent au climat et dont la précocité constitue une meilleure opportunité pour les masses rurales. C’est ainsi que depuis quelques années, l’Etat du Niger et ses partenaires tentent de vulgariser ces semences dont l’accessibilité reste un défi pour l’écrasante majorité de nos paysans. Mais grâce à des efforts consentis ayant abouti à la création d’entreprises semencières, ces semences sont de en plus ancrées dans nos mœurs agricoles.

Et pour revenir à l’écoulement de ces semences, l’Etat du Niger et ses partenaires qui débloquent d’importantes sommes d’argent pour en vue de les mettre à la disposition des paysans, ne font pas les choses comme elles se doivent. Ainsi en lieu et place de donner les commandes aux vrais investisseurs du domaine, ce marché est souvent octroyé à des commerçants qui n’ont rien avoir avec le domaine et qui n’hésitent pas à recourir au mil ordinaire qu’ils paient à vil prix sur le marché au détriment des vrais professionnels du domaine. Victime de cette pratique, certains producteurs qui sont contournés par ces commerçants, se voient obligés d’entasser leur mil en magasin durant des années, et au risque de les avarier, ils se retrouvent devant l’obligation de les brader au prix ordinaire du marché alors que sur les papiers, l’offre reste nettement inférieure à la demande.

Devant cette situation qui relève d’une concurrence déloyale, il est grand temps que les autorités en charge se penchent sur la question en vue de donner l’exclusivité de toutes les commandes de semence aux professionnels qui sont en étroite collaboration avec tous les grands producteurs. D’autre part, pour atteindre l’un de ses nobles objectifs c'est-à-dire l’autosuffisance alimentaire, l’Etat a le devoir d’être aux côtés de ces producteurs qu’il doit appuyer matériellement et moralement afin de motiver toutes les couches à s’approprier ce domaine.

Zada Hassane Badjé  

13 novembre 2018
Source :Toubal Info

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