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Situation de la campagne agro-hydro-météorologique à la 3ème décade du mois de juillet 2018 Précipitations modérées à fortes dans la zone agricole du pays

Niger-Kassan-ManomaSelon le Bulletin agro-hydro-météorologique décadaire N°6, réalisé par le Groupe de travail pluridisciplinaire (GTP-Niger), la troisième décade du mois de Juillet 2018 a été marquée par des précipitations modérées à fortes sur la bande sud du pays à l’exception de la partie Nord des régions de Tillabéry et Tahoua où le cumul décadaire reste inférieur à 20 mm.« Néanmoins, des pluies journalières de plus de 85 mm ont été enregistrées dans les régions de Zinder et particulièrement Dosso. Le cumul pluviométrique décadaire varie entre 28 et 171 mm dans les zones les plus arrosées. Le cumul pluviométrique saisonnier au 31 Juillet 2018 oscille entre 80 et 523 mm. Ce cumul au 31 Juillet 2018 comparé à l’année passée et à la moyenne établie sur la période 1981-2010 est respectivement excédentaire au niveau de 39 et 43% des postes suivis », souligne le bulletin.

Stade avancé de grenaison du mil dans le département de Gaya

Comme l’indique le Bulletin, la situation agricole à la période indiquée, est marquée, au niveau phénologique, par le stade avancé de grenaison du mil observé dans le département de Gaya. En effet, note-t-on, les précipitations enregistrées au cours de la troisième décade de juillet ont varié de modérées à fortes par endroits. Certaines localités ont même connu des inondations. Ces précipitations continuent de favoriser le bon développement végétatif des cultures. Au cours de cette période de forte humidité l’apparition de plusieurs ravageurs a été signalée. Quant aux prix des produits, les tendances sont à la baisse globalement sur les périodes analysées.

Sur le plan agro-météorologique, il ressort du bulletin que les conditions hydriques enregistrées au cours de cette 3ème décade du mois de juillet ont permis la satisfaction des besoins en eau des cultures sur la majeure partie de la bande agricole. En effet l’indice décadaire de satisfaction des besoins en eau des cultures et l’indice cumulé indiquant la satisfaction des besoins en eau de ces cultures depuis leur installation ont varié globalement entre 80 et 100% sur la majeure partie de la zone agricole. «Quant à l’humidité du sol, il apparait des taux d’humidité du sol qui vont au-delà de 70 % pour le mois de juillet 2017, ce qui confirme le manque de stress hydrique des cultures. Les stocks d’eau du sol en fin de décade ont varié entre 30 et 40 mm sur la majeure partie de la zone agricole», souligne le bulletin.

12.328 villages ont effectué de semis sur les 12464 villages agricoles suivis, soit 99 %

Aussi, la situation des cultures révèle que sur les 12464 villages agricoles suivis, 12328 villages ont effectué des semis au 30 juillet soit 99%. « Les 136 villages n’ayant pas encore effectué ou perdu les semis sont repartis comme suit : Région d’Agadez 113 villages, Région de Diffa 15 villages (N’guigmi 15 villages), 4 villages de Tassara dans la région de Tahoua et enfin 4 villages à Belbédji (région de Zinder) », précise la même source. Sur le plan phénologique, les stades les moins avancés pour le mil et le sorgho demeurent la levée. Les stades dominants sont le tallage pour le mil avec 36% et la levée avancée pour le sorgho avec 47%. Le stade le plus avancé est la grenaison pour le mil, observée dans le département de Gaya (région de Dosso). Le stade le plus avancé pour le sorgho est la nouaison-épiaison observée dans le département de Malbaza (région de Tahoua). Sur le plan alimentaire, la situation des prix sur les marchés céréaliers nationaux se caractérise par une poursuite de la stabilité des prix de toutes les céréales (mil, sorgo, maïs et riz importé), du fait de l’équilibre observé entre l’offre et la demande de ces produits sur les marchés suivis.

Quant à la situation hydrologique, elle est dominée par les écoulements importants dans l’ensemble du pays suite aux fortes précipitations enregistrées dans la majeure partie du pays, notamment au niveau du fleuve Niger et de ses affluents de la rive droite à savoir le Gorouol, le Dargol et la Sirba. « Dans le bassin du fleuve Niger, les écoulements se sont améliorés au cours de cette décade. Les débits sont passés de 1105 m3/s côte à l’échelle 445 cm en début de décade à 774 m3/s côte à l’échelle 385 cm en fin de décade avec une onde de crue de 998 m3/s, correspondant à une hauteur d’eau de 427 cm, observée le 26 juillet suite aux importantes pluies tombées dans le bassin. L’hydrogramme des débits au cours de la deuxième décade du mois de juillet 2018 reste globalement au-dessus de celui de la moyenne décennale et de l’année humide 2012 pour la même période. Dans le bassin du Lac Tchad, la montée des eaux se poursuit normalement au niveau de la KomadougouYobé », souligne le bulletin.

Apparition des insectes floricoles sur le mil en épiaison

Sur le plan phytosanitaire, la situation a été marquée par l’apparition des insectes floricoles sur le mil en épiaison dans les départements de Dosso, Gaya ; Aguié, Tibiri Maradi, Kantché et Gouré; la persistance des attaques de sauteriaux sur les cultures dans les départements de Mayahi, Madaoua, et Gouré ; la persistance des attaques de cicadelles sur le mil dans les départements d’Aguié, Mayahi, Tessaoua, Magaria et Dungass ; l’apparition des pucerons et punaises sur le niébé dans le département de Gazaoua, ainsi que de chenilles poilues sur niébé dans la Commune Rurale de Dakoussa, département de Takiéta, et la persistance des attaques des iules sur le niébé et sur l’arachide dans le département de Tessaoua.

Les perspectives phytosanitaires annoncent de nouvelles éclosions de sautériaux et des infestations de cicadelles pourraient être enregistrées du fait des conditions écologiques de plus en plus favorables ; d’autres insectes des légumineuses pourraient apparaître notamment sur le niébé et l’arachide; les attaques d’insectes floricoles pourraient s’étendre sur le mil aux stades nouaison début épiaison en occurrence dans le sud des régions de Dosso, Maradi et Zinder; la surveillance et les traitements des foyers d’infestation se poursuivront activement.

Disponibilité du pâturage herbacé dans presque toutes les régions du pays

Pour ce qui est de la situation pastorale, elle est marquée par la disponibilité progressive du pâturage herbacé dans presque toutes les régions du pays aussi bien en zone agricole qu’en zone pastorale. « Les stades dominants selon les régions varient de la levée avancée au tallage voire la montaison pour les graminées et de la levée avancée à la ramification pour les légumineuses sauf dans les zones précitées à pluviométrie timide ou les herbacées sont au stade de jeunes pousses », souligne le bulletin. De même, la contribution très appréciable du pâturage aérien et des espèces pérennes pour l’alimentation du bétail est importante. Pour l’abreuvement des animaux, il s’effectue sans grande difficulté à partir des points d’eau de surface qui sont bien reconstitués.

Les mouvements des animaux, dans la zone pastorale, est interne et la plupart des éleveurs ont regagné leurs terroirs d’attache. « Ainsi, des fortes concentrations d’animaux sont observées dans plusieurs départements de la zone pastorale. En zone agricole, les animaux sont restés concentrés au niveau des terroirs d’attaches, enclaves (aire de pâturage de Yaani), et forets (forêt de Babbanraffi, Dogon Farou et Dan Kada, de Takiéta"".), les jachères et les massifs forestiers, les bordures du fleuve et des mares et dans les bas-fonds pour profiter des jeunes pousses aux stades de levée et levée avancées et des ligneux à valeur fourragère pastorale en régénération », nous apprend la même source. Il est reluisant de constater que la situation sanitaire du bétail est calme dans l’ensemble, aucune maladie à déclaration obligatoire n'ayant été signalée. Cependant, il a été signalé quelques cas de suspicions de foyers de Charbon B, Clavelée, Pasteurellose à Bermo, Tassara, Dakoro, Dannet et Tchiro

Au chapitre des phénomènes exceptionnels ayant marqué la décade, il y a les phénomènes de sécheresses et d’inondations. «Les séquences sèches ont touché 10 villages de N’guigmi, de vent de sable encore à Abalak et Bagaroua (Tahoua) et dans les communes de Droum et Dogo avec respectivement 10 et 14 villages concernés. Par contre, les fortes pluies ont effondré des maisons à Kabléwa (N’guigmi) ; 10 ha de cultures sont touchés à Tama (Bouza) et 3,5 ha de mil, sorgho et niébé dans le département de Tanout », conclut le bulletin.

ASSANE SOUMANA (ONEP)

10 août 2018
Source : http://lesahel.org/

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