lundi, 29 août 2016 03:43

Le Japon accélère ses investissements en Afrique

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Japon Afrique NigerLe gouvernement japonais a promis 30 milliards de dollars d’investissements en trois ans pour aider au développement du continent, lors de la Conférence internationale de Tokyo pour le développement de l’Afrique.

En compétition avec la Chine, le Japon veut promouvoir la qualité de ses prestations.

Pour la première fois en six éditions, la Conférence internationale de Tokyo pour le développement de l’Afrique (Ticad) s’est tenue sur le sol africain, à Nairobi (Kenya) et non au Japon comme c’est le cas depuis la première édition en 1993. Un geste d’ouverture pas anodin au vu des ambitions affichées cette année par le gouvernement nippon.

En ouverture de la conférence, samedi 27 août, le Japon a ainsi promis 30 milliards de dollars (27 milliards d’euros) d’investissements en Afrique de 2016 à 2018. « Il s’agit d’un investissement qui a confiance dans le futur de l’Afrique », a déclaré le premier ministre japonais Shinzo Abe. Une trentaine de chefs d’État participent à cette conférence, notamment pour superviser la signature de plus de 70 protocoles divers et accords commerciaux entre le Japon et l’Afrique.

 

Économie, santé et stabilité

Dans le détail, sur les 27 milliards d’euros promis par le Japon, 19 milliards sont réellement liés à de nouveaux engagements. Les 8 milliards restants proviennent de la précédente vague d’investissements engagés en 2013, lors de la dernière conférence. À l’époque, le Japon avait promis 28 milliards d’euros sur 5 ans. Fin 2015, il restait encore 8 milliards à investir, inclus donc dans le plan pour 2016-2018.

Les investissements, publics et privés, viseront notamment à mettre en œuvre les trois principaux objectifs choisis pour cette conférence : l’industrialisation et la diversification de l’économie africaine, l’amélioration des soins de santé d’un continent régulièrement touché par des épidémies et la stabilisation de l’Afrique, minée par de nombreuses crises. Un tiers des 27 milliards d’euros promis sera consacré à la construction et l’amélioration des infrastructures africaines.

 

Rivaliser avec la Chine

Pour le Japon, l’objectif de la conférence est de se démarquer de la concurrence chinoise. Les deux pays asiatiques investissent depuis longtemps en Afrique, mais la Chine a pris plusieurs longueurs d’avance. En 2015, les échanges commerciaux entre le Japon et l’Afrique s’élevaient à 24 milliards de dollars en 2015, bien loin des 179 milliards de dollars d’échanges du continent avec le géant chinois.

Pourtant, Shinzo Abe reste confiant dans la capacité de son pays à rivaliser avec la Chine. « Nous avons le sentiment profond que le Japon peut croître vigoureusement en Afrique, où les possibilités abondent », a soutenu le premier ministre nippon, en insistant lourdement sur la « qualité » des services proposés par le Japon. Une critique à peine voilée des projets de la Chine, certes de plus grande ampleur et réalisés plus rapidement, mais jugés par les acteurs africains comme étant de moins bonne facture.

Le Japon veut donc miser sur l’expansion et la rénovation de routes et de ports, l’accès à l’électricité, l’assainissement des eaux ou le développement d’une couverture santé universelle, pour aider au développement de l’Afrique, pour trouver ses propres débouchés et en faire bénéficier son économie apathique.

29 août 2016
Source : http://www.la-croix.com/

Last modified on lundi, 29 août 2016 04:55