| Naufrage démocratique et intervention militaire au Niger : quels perspectives pour l’avenir ? |
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| Idées & Opinions |
| Mardi 02 Mars 2010 18:22 |
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Avec les évènements du 18 Février 2010Le Niger revient de loinet doit tout mettre en œuvre pour trouver sa voie rapidement et de manière durable. Bien qu’elle soit en route depuis 1991, la démocratie n’est pas véritablement intériorisée par la classe politique contrairement au peuple. En clair, au Niger le peuple est en avance sur sa classe politique en ce qui a trait à l’absorption des idéaux démocratiques. Chaque fois qu’on espère rentrer dans le cercle des grandes nations,
une crise politique émerge et remet en cause les efforts démocratiques consentis par les populations. Et les causes de ces crises sont toujours liées aux comportements des acteurs, c'est-à-dire la classe politique. La provocation par les politiciens de ce que j’appelle le naufrage démocratique est aussitôt pris en charge par l’armée.Alors que ce n’est pas son rôle, cette institution est la seule sur qui le peuple peut compter en dernier recours pour sauver la République. C’est la troisième fois depuis l’adoption du système démocratique en 1991, que l’armée intervient pour prendre le pouvoir, en mettant fin à des crises politiques sans issue. C’est dommage, mais il est clair que ces coups trouvent leurs justifications dans la volonté de la classe politique de bloquer et de détruire les institutions de l’Etat à cause de leurs seuls intérêts égoïstes. Le premier coup d’Etat est intervenu en 1996, lorsque le président Mamane Ousmaneet le premier ministre Hama Amadou, se battaientpour le contrôle des directions générales des sociétés de l’Etat. Le deuxième coup est intervenu en 1999, lorsque Baré Maïnassara a usurpé le pouvoir au profit de sa famille et s’est mis à régner en maitre absolu. Autopsie d’un renversement de pouvoir annoncé Le dernier, qui date du 18Février2010, n’a pas été une surprise sur le plan national et international. Le Président Tandja a forcé l’histoire sans tenir compte des conséquences négatives pour lui-même et pour notre nation. Pire il a ignoré les leçons du passé. A l’approche de la fin de son deuxième et dernier mandat constitutionnel, Tandja décida de violer son serment, de dissoudre la Cour Constitutionnelle, de dissoudre l’Assemblée Nationale, d’organiser un référendum illégal et de s’octroyer trois années supplémentaires à la tête du pays ; phénomènes sans précédent dans l’histoire politique de notre pays. En favorisant l’exclusion, il s’est entouré d’individus arrivistes qui s’opposaient avec arrogance à tout compromis de sortie de crise. Malgré les condamnations de la communauté internationale, suivies de sanctions, les médiations de plusieurs chefs d’Etats et de chefs d’organisations internationales, l’effort de la CDEAO à travers la médiation du général Abdul Salami (ancien Président du Nigeria) et les avertissements de la société civile, des syndicats et de l’opposition, Tandja n’a pas voulu de la plus petite ouverture pour une solution à l’amiable. Il utilisait la corruption et l’intimidation avec une démagogie extraordinaire. Personne n’était plus en sécurité devant une telle dérive.Au-delà de Sa responsabilité dans l’intervention de l’armée, il est coupable de haute trahison. Il a trahi le peuple, il a trahi la nation, il a semé la haine dans le cœur des Nigériens. Cependant, si Tandja a pu agir ainsi, c’est parce que les autres acteurs politiques n’ont pas joué leurs rôles et ont leur part de responsabilité: les députés n’ont pas eu à cœur de représenter les intérêts des populations; l’opposition n’a pas joué son rôle de contre-pouvoir; les partis politiques n’ont pas joué leur rôle d’éducation, ; la chefferie traditionnelle n’a pas joué son rôle de garante de nos valeurs telles que le serment et la parole donnée, apportantau contraire tout son soutien à la dérive de Tandja. Tous ces acteurs ont, d’une façon ou d’une autre, contribué à cette histoire de refondation et de 6eRépublique. Ils sont tous responsables soit par leur complicité, soit par leur négligence. S’il y a quelqu’un qui se souciait de la démocratie au Niger, c’est le peuple à travers les structures de sa société civile, sa justice, son armée et ses travailleurs. Avant le referendum illégal du 4 aout 2010 on se souvient de la détermination de la société civile et des syndicats de la justice dans le combat contre la violation des lois et pour la restauration de la démocratie. Sans la société civile, les syndicats et la justice qui ont refusé de jouer le jeu du Tazarcé, le Niger n’aurait jamais été libérépar les politiciens. Toute cette farce ayant été entretenuepar la corruption, même certains universitaires, qu’on croyait capables d’une certaine cohérence intellectuelle, se sont lancés dans un psittacisme contraire à la connaissance scientifique. Je me demande s’ils sont encore dignes de la fac ! La refondation de la République a été la plus sombre histoire politique de notre pays. Elle a divisé les Nigériens et bafouél’autorité de l’Etat au point qu’il suffisait de crier « vive Tandja » pour se voir propulsé au plafond de la responsabilité Etatique. On se demandait si c’était ceux qui dirigeaient le pays avaient encore toute leur tête... Baliser l’avenir Si aujourd’hui l’armée essaie de sauver le pays à travers le putsch du 18 février, les autres acteurs doivent aussi comprendre que c’est la dernière chance pour nous de bâtir un Etat démocratique viable. La corruption, la délinquance économique et politique, le mensonge, l’affairisme, la mafia sont les virus générés par la 6e République et son mot d’ordre de refondation. La junte au pouvoir doit faire face à tout celaavant de penser à des élections. Les élections sont tout ce qui intéresse les politiciens sans foi ni loi qui ont baissé la garde lorsque le Tandjisme se mettait en place. C’est bien d’organiser des élections, mais il est plus important d’éradiquer le mal à l’origine. Un Etat ne se dirige pas avec des complots absurdes et des idioties enfantines. Comme le disait Freddy Eytan, être à la tête d’un Etat c’est prendre des décisions cruciales et douloureuses, avoir les capacités d’agir avec sang-froid, retenue, lucidité et fermeté; avoir le courage et l’intelligence d’obtenir un compromis rationnel et réaliste, loin des passions et du fanatisme et de ne rechercher que l’indispensable dans l’intérêt de son peuple . Je pense qu’en ce moment, le Niger a besoin d’un leader typique et d’une équipe compétente pour l’épauler dans cette difficile tâche. Lorsque dans un pays être ministre devient une carrière, l’état patrimonial de Médard se renforce et devient une entreprise familiale saturant l’espace démocratique invoqué. C’est ce que le Niger est devenu sous la 6e République : une entreprise familiale en faillite. Des politiciens avancés dans l’âge qui profitent de certaines traditions africaines réinventées (le respect absolu de l’ainé) pour s’accrocher à la tête des institutions de l’Etat qu’ils finissent par transformer en salon privé. Comment espérer le minimum d’éthique politique dans ces conditions? Aujourd’hui encore on parle de nouvelle Constitution, comme si le mal du Niger tient à ses textes. Il n’existe pas de textes parfaits, mais le respect strict des textes favorise un environnement quasi parfait. Ce n’est pas parce que deux ou trois articles dérangent deux ou trois personnes qu’il faut plonger le pays dans une crise politique. La Constitution de notre voisin le Benin date de 1990, pourtant elle n’est pas la plus parfaite de l’Afrique. S’il y a une magie dans cette démocratie béninoise, le secret se trouve simplement dans le respect des règles du jeu. C’est le cas pour le Ghana, le Mali, plus loin encore, l’Afrique du Sud qui a connu l’Apartheid. Nous pouvons aussi faire la même chose, respecter nos textes et nos institutions, puisque à maintes reprises l’histoire récente a démontré que la dictature n’est plus possible au Niger. J’aime citer cette phrase de Hanna Arendt : « rien ne caractérise mieux les mouvements totalitaires en général, et la gloire de leurs chefs en particulier, que la rapidité surprenante avec laquelle on les oublie et la facilité surprenante avec laquelle on les remplace ». Sans lire Hanna Arendt, tous ces politiciens, aussi irresponsables soient-ils, le savent. Ils savent que personne ne peut confisquer le pouvoir au Niger en remettant en cause la démocratie. Qui osera le faire aura le peuple en face de lui tel un barrage d’épines gardé effectivement par des hommes armés prêt à intervenir. Pour la petite histoire, Mamane Ousmane et Hama Amadou ont vécu l’expérience à leurs dépens, feu Baré a payé de sa vie sa tentative, aujourd’hui c’est Tandja qui tombe bienbas. Plus de 12milliards de nos francs ont été utilisés pour organiser des fausses élections, sans compter l’affairisme auquel sa famille s’était livrée. Cet argent dilapidé inutilement aurait puprendre en charge ceux qui meurent de faim dans nos villages. 12 milliards qui auraient pu être investis pour créer des puits ou construire des écoles ! Les militaires tombeurs de Tandja ont vite affirmé leur attachement aux idéaux démocratiques, en promettant le retour à une vie constitutionnelle. Soit. Mais avant tout, il faut que les uns et les autres rendent compte de leur forfaiture. La restauration de la démocratie doit absolument passer par la lutte contre la corruption, l’assainissement de l’administration publique, la réhabilitation de l’autorité de l’Etat, l’affirmation de la justice sociale et la lutte contre la délinquance économique. La junte doit comprendre aussi que beaucoup de leur camarades sont au fond dans la piscine. Ils ont d’une façon ou d’une autreparticipé à cette mascarade. Parmi eux il y ades corrompus et des corrupteurs, des détourneurs et des voleurs qui doivent absolument rendre compte. D’ailleurs tous ces générauxfabriqués de toute pièce, qui coutent cher à l’Etat et son militairement improductifs, doivent rendre le tablier. Les magistrats et avocats impliqués dans les histoires de pots de vin, de permis minier, de fraude etc. doivent également rendre compte. Cela est valable pour tous ceux qui ont gérer de prèsou de loin l’argent de l’Etat. C’est au prix de ces politiques que nous serons capables de déjouer tous les stratagèmes des saboteurs qui ne pensent qu’à leurs intérêts et engager notre pays, avec patriotisme, dans la voie de la construction nationale, du développement et de la démocratie. Garba Abdoul Azizou Science po, UCL-Belgique Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. Commentaires (2)...
je souhaite que le niger ce retablie et que il devient un pays très intérésent.je fait appel à tous les nigerien et nigerienne de ce motivées pour aide le niger.
je tiens à remercier tous le peuple nigerien et surtous les chefs de l'etat de bien gérer le niger qu'il devient un très bon pays et qu'il y a le calme dans le pays. mercie d'avantage. Ecrivez un commentaire |





















